Départementales : dans les départements, le FN rame face aux dérapages

Départementales : dans les départements, le FN rame face aux dérapages Certains candidats du Front national pour les départementales se sont fait remarquer ces dernières semaines. Mais les instances du parti de Marine le Pen veillent.

[Mis à jour le 22 mars 2015 à 15h29] Halte aux débordements et à toute déclaration polémique ou consternante : c'est le mot d'ordre des instances du Front national, déterminé à ne pas laisser des candidats déraper dans la campagne des élections départementales 2015. Force est de constater que le FN réagit très vite lorsque cela se produit : quand une candidate dans les Pyrénées Atlantiques déclare en début d'année sur son compte Facebook qu'il faut mettre "les arabes sur un bateau et qu'on le fasse couler", le parti lui retire son investiture. En Gironde, le candidat Guillaume Jambard, qui avait osé ce tweet : "Twittez si vous partagez ma devise 'Travail Famille Patrie'" n'est plus dans la course aux départementales 2015

A plusieurs reprises, le FN, via notamment sa patronne Marine Le Pen, a fermement condamné ces dérapages. Seul le président d'honneur Jean-Marie Le Pen, dans un entretien à France Inter, s'est contenté de condamner mollement les débordements, affirmant que "chaque cas était différent" et qu'il ne fallait pas mettre dans le même panier tous les candidats qui ont dérapé. Des dérapages qu'il d'ailleurs qualifiés "d'esthétiques" et "pas politiques".

Si tous les incidents n'ont pas la même ampleur, Marine Le Pen a fait passer le message : le FN doit gagner en respectabilité pour apparaître crédible aux yeux des Français. Alors que le parti frontiste est si haut dans les sondages d'intention de votes, une nouvelle affaire Leclère, du nom de cette candidate aux municipales condamnée pour avoir comparé Christiane Taubira à un singe, était perçue comme une nouvelle épreuve à éviter pour le parti qui tente laborieusement de se dédiaboliser aux yeux des Français. Les candidats, engagés lors d'un recrutement éclair pour couvrir les 2000 cantons français, en ont décidé autrement.

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Le FN peut minimiser les dérapages, arguant qu'ils ne concernent que 0,1 % de leurs candidats. Reste que la vague de dérapages racistes et homophobes a été telle que les instances du parti n'ont pu réagir dans la totalité des cas. Le FN est logiquement pointé pour ces candidats qui, après un dérapage, sont toujours en lice, la flamme bleu-blanc-rouge lepéniste imprimée sur leurs affiches. Le FN avait pourtant mis en place un dispositif inédit pour éviter les polémiques qui avaient eu lieu lors des élections l'année dernière. Une cellule était chargée, au siège, de scruter les réseaux sociaux et les comptes Facebook des candidats fraichement recrutés. Une note interne, révélée par la presse avait aussi été diffusée dans les fédérations, pour "présenter des candidats sérieux et implantés".

Force est de constater que des candidats et de mots malvenus sont passés entre les mailles des filets... Ils ont été répertoriés par un site Internet pendant toute la campagne, baptisé "l'Entente", qui s'était donné comme objectif "d'observer le FN d'une manière nouvelle, en présentant l'ensemble des informations connues sur le parti", et ont été relayés par dizaine dans les médias listes et cartes de France à l'appui. L'Express, sans doute moqueur, aura même osé une carte des départements où le FN "n'a pas" dérapé... Las. A quelques jours de la fin de la campagne, le Scan du Figaro sortait une nouvelle salve comptant des dizaines de nouveaux dérapage.

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