Le résultat de la motion de censure : moins évident qu'il n'y parait ?

Le résultat de la motion de censure : moins évident qu'il n'y parait ? La motion de censure contre le gouvernement de Manuel Valls sera votée dans l'après-midi. Le résultat du vote devrait tourner à l'avantage du Premier ministre. Mais après ?

En dégainant l'article 49-3 de la Constitution pour faire passer la loi Macron, sans débat et sans vote en première lecture à l'Assemblée, Manuel Valls savait à quoi il s'exposait. Une motion de censure, qui invite tous les députés à censurer le gouvernement, et mènerait donc à un remaniement si elle était adoptée, a été déposée par les élus de droite hier dans la journée, comme la Constitution le permet en cas d'usage du désormais célèbre article. Celle-ci sera votée entre 16h et 18h ce jeudi. Mais le résultat de cette motion de censure semble déjà écrit : le gouvernement, qui a engagé sa responsabilité, devrait s'en tirer sans trop de bobos dans l'Hémicycle. Une façon pour Manuel Valls de rétablir son autorité, comme il l'avait sans doute prévu avant de se lancer dans cette aventure.  

Le Front de gauche a annoncé qu'il voterait la motion de censure déposée par l'UMP et par l'UDI, provoquant quelques tensions et une gêne palpable dans le parti. Des députés se sont ainsi sentis obligés de publier une mention de censure virtuelle, pour affirmer que le vote pouvait aussi être "de gauche". Mais même avec les voix des communistes, et celles des deux élus FN, la motion de censure ne devrait pas dépasser les 240 voix, là où il lui en faudrait 289 pour renverser le gouvernement. Car si les Verts et les "frondeurs" du PS s'apprêtaient à voter contre la loi Macron, il semble impensable qu'ils votent une motion de censure plus générale, qui provoquerait uns séisme politique à gauche.

Reste une incertitude sur la suite de ce vote. Bien que renforcé, Manuel Valls pourrait, dans l'opinion, être discrédité par ce passage en force. Le dernier Premier ministre à avoir utilisé le 49-3 s'appelait Dominique de Villepin. Nous étions en 2006 et il s'agissait de faire passer le Contrat première embauche (CPE) créant un contrat de travail pour les jeunes. La loi était passée et avait même été publiée au journal officiel le 2 avril 2006. Mais devant la fronde d'une partie de la population et notamment des étudiants (fronde d'une ampleur certes très supérieure à celle que subit la loi Macron), Villepin avait été contraint de retirer le dispositif, perdant par la même occasion tout crédit pour la présidentielle de 2007.

EN VIDÉO - A quelques heures du vote de la motion de censure à l'Assemblée nationale, suite à l'application mardi de l'article 49-3 sur la loi Macron, le gouvernement s'est dit "serein" et "déterminé".

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