Olivier Faure attaque la politique des transports d'Hidalgo : "On est chez les fous"

Olivier Faure attaque la politique des transports d'Hidalgo : "On est chez les fous" Le député de Seine-et-Marne, porte-parole du Parti socialiste, était l'invité de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France ce mardi 3 mars.

Spécialiste des questions de transports, Olivier Faure a un avis tranché sur la politique menée par Anne Hidalgo dans la capitale. "Paris ne peut pas décider pour toute l'Île-de-France", prévient le député de Seine-et-Marne, qui interpelle la maire de Paris ce matin. "Il faut que tout le monde soit autour de la table", lui demande-t-il, pour discuter du plan en préparation contre la pollution.

Olivier Faure attaque Anne Hidalgo sur les transports en Ile-de-France

Le député socialiste a même écrit à Anne Hidalgo une lettre cosignée par 6 autres élus pour qu'elle prenne la mesure de ses revendications. "L'Etat a incité à acheter un diesel il y a quelques années et maintenant on dit 'stop', qu'il ne vaut plus rien !" regrette-t-il, tout en mettant en avant sa solution : obliger les particuliers à équiper leurs véhicules de filtres à particules.

"Le vrai sujet aujourd'hui de mixité, il est dans les transports"

"Quand on a des mesures d'interdiction qui vont frapper toute la petite et la grande couronne, pour des gens qui n'ont aucun transport alternatif, je me dis qu'on est chez les fous !" enchaine Olivier Faure sur la politique menée par Anne Hidalgo. La politique des transports de la ville de Paris aura-t-elle des conséquences sur le vote FN ? "En 2020 vouloir interdire tous les diesels et les véhicules de plus de 10 ans... On est dans un système réellement punitif et qui va créer de la ségrégation spatiale", répond-il. Et d'ajouter, plus loin : "Toutes les communes qui sont liées à une ligne de RER ont un vote du FN plus faible. Plus vous vous éloignez de ces réseaux de mobilité, plus vous vous sentez exclu", estime-t-il.

Départementales : "Nous sommes des challengers aujourd'hui"

"Les électeurs doivent réussir l'union au premier tour, là où les états-majors ont échoué", explique aujourd'hui le porte-parole du PS à moins de trois semaines des élections départementales 2015. Comprendre : si le Parti socialiste, EELV, le PCF et le Parti de gauche ne sont pas parvenus à se mettre d'accord pour s'allier avant le premier tour, les électeurs doivent, eux, voter "utile". Et de reconnaitre que le scénario le plus probable est celui de la défaite : "Nous sommes des challengers aujourd'hui", "il y a des centaines de cantons ou le risque, c'est l'effacement de la gauche dès le premier tour".

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Les socialistes auront l'esprit à la préparation du congrès de juin dès la page des départementales 2015 tournée. Et après l'épisode du 49-3 utilisé sur le texte de la loi Macron, les risques de dissension sont sérieux. "Il faut travailler à cette unité qui est notre talisman", juge Olivier Faure, qui tacle à demi-mots Harlem Désir : "Le changement de gouvernance, pour ne pas dire de Premier secrétaire, a permis de remettre en marche la machine". Et de croire encore aujourd'hui à l'utilité de l'appareil du PS: "C'est un parti moderne, même si parfois il y a des gens qui le sont moins en son sein".

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Réforme de l'islam : "Le CFCM n'est pas aujourd'hui en capacité"

"L'intérêt de la communauté musulmane aujourd'hui, c'est de faire la transparence sur ceux qui ont vocation à prêcher dans les mosquées" répond le porte-parole du PS lorsqu'on lui demande jusqu'où peut aller l'Etat afin d'accompagner la réforme de l'islam. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils intervenir sans sortir du cadre strict de la laïcité ? "Il faut que ce soient les musulmans eux-mêmes qui prennent en charge cette formation, cette organisation" estime l'élu. "Le problème, c'est que de l'avis général, le CFCM n'est pas aujourd'hui en capacité".

REPLAY - L'intégralité de l'émission

Olivier Faure dans #DirectPolitique

A trois semaines des départementales et à trois mois du congrès de Poitiers, le PS semble plongé dans une de ces tempêtes qui secouent le parti à intervalles réguliers depuis le congrès de Metz. L'épisode du 49-3, imposant à des députés hésitants de réaffirmer leur confiance dans le gouvernement de Manuel Valls, a semble-t-il laissé des traces. Un bureau politique, organisé le mardi 24 février, n'a fait que mettre en lumière cette fébrilité palpable chez les élus socialistes. En est sorti une résolution, obligeant les parlementaires à "respecter la règle de l'unité de vote de leur groupe" et ce "en toutes circonstances". Point de sanction en revanche contre les "frondeurs" qui ont mis à mal la loi Macron et démontré que le gouvernement n'avait plus de réelle majorité.

Le PS est-il scindé en deux camps (voire plus) à l'approche du congrès du mois de juin ? La ligne de Manuel Valls, qui avait recueilli 5,63 % des suffrages aux primaires de 2011, est-elle majoritaire au sein du parti ? Quel sera l'impact des tensions internes au PS, mais aussi externes avec les Verts notamment, sur les résultats des départementales 2015 ? Derrière les frondeurs, peut-on soupçonner Martine Aubry de vouloir reprendre en main la machine socialiste avant la présidentielle de 2017 ? Et surtout : y a-t-il encore une ligne politique claire dans la majorité pour cette fin de quinquennat ? Olivier Faure, député de Seine-et-Marne et porte-parole du Parti socialiste, était l'invité de invité de #DirectPolitique, l'émission politique de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France ce mardi 3 mars à 8h30.

Olivier Faure

Entré en politique comme conseiller parlementaire du député Gérard Gouzes puis comme collaborateur de Martine Aubry au ministère du Travail dans les années 1990, Olivier Faure se rapproche de François Hollande en 2000 au sein du Parti socialiste, puis de Jean-Marc Ayrault en 2007, en devenant secrétaire général du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Après avoir été le "Monsieur opinion" de François Hollande pendant la campagne présidentielle, il rejoint de nouveau Ayrault, à Matignon cette fois, avec la fonction de conseiller spécial du Premier ministre. Olivier Faure devient dans le même temps député de Seine-et-Marne et gravit les échelons, à l'Assemblée (vice-président du groupe socialiste, spécialiste des transports), mais aussi au PS où il devient secrétaire national à la communication. Le remaniement de 2014 le prive d'une relation privilégiée avec Matignon, mais il devient, à la mi-avril, porte-parole du parti.

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d'actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

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