Bernard Sananès (CSA) : "50 élus" et "peut-être un département" FN dimanche

Bernard Sananès (CSA) : "50 élus" et "peut-être un département" FN dimanche Au lendemain du premier tour des départementales, le président de l'institut de sondages CSA était sur le plateau de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France.

Bernard Sananès a livré son analyse des résultats du premier tour des départementales et donné quelques indications sur le second tour. Il pronostique "entre 40 et 50 élus FN" dimanche prochain et peut-être un département qui a une chance de basculer : "le FN peut emporter le département du Vaucluse", indique le sondeur.

Voir aussi :
"La meilleure chance du FN, c'est le Vaucluse"
"Corrèze, Nord, Bouches-du-Rhône, Aisne... Tour de France des enjeux"

"Le sondage n'est pas une prédiction"

Bernard Sananès a par ailleurs défendu les sondages, critiqués depuis dimanche pour avoir largement surestimé le poids du Front national. "Le sondage n'est pas une prédiction", se défend le président du CSA, qui estime que "ce n'est pas aux sondages d'afficher les résultats quatre jours avant".

Voir aussi : 
Pourquoi ces écarts ? "Le sursaut de mobilisation défavorable au FN"

Estimations à 20 heures : "Notre choix correspondait à la réalité électorale"

Les estimations données à 20 heures dimanche par les instituts ont elles aussi été critiquées car donnant des résultats très différents selon les chaînes de télévision. Le président de CSA défend sa méthodologie qui, notamment, ne reprennait pas le terme "divers gauche". "Nous avons choisi "FG et alliés". Pour le ministère de l’Intérieur, c’est "Divers gauche", je trouve que ce n’est tout à fait correspondre à la réalité", indique Bernard Sananès. CSA a ainsi mesuré plus finement les voix obtenues par le Front de gauche quand d'autres données associaient ces résultats au bloc "PS-Union de la gauche-Divers gauche". Selon son patron, le Front de gauche a d'ailleurs raison de revendiquer 9 % des suffrages et non 6 % comme l'indiquent les résultats officiels.

Voir aussi : 
Estimations - "Nous les réalisons sur une centaine de bureaux"

"Non, le FN n'est pas le premier parti de France"

Selon Bernard Sananès, l'agglomération des résultats ("PS-PRG-UG" d'un côté et "UMP-UDI-UD" de l'autre) n'a pas masqué le score du FN qui n'avait pas d'alliés et qui arrive en tête si l'on tient compte des résultats des partis pris individuellement. "Si l’UMP ne s’était pas présentée avec l’UDI, elle aurait présenté des candidats dans tous les cantons […] la couverture de l’UMP aurait été dans toute la France", affirme ainsi le sondeur qui estime que "l’UMP (seule) aurait sans doute fait le même nombre de voix que le FN". Il juge cependant que "le FN sort victorieux de ce premier tour".

Voir aussi : 
"Le Front national sort victorieux de ce premier tour"

"Le FN a encore des marges de progression chez les retraités"

Le FN, qui atteint 25 % des suffrages, a-t-il réellement progressé, en nombre de voix, en comparaison des précédentes élections ? Surtout, a-t-il encore des marges de progression dans certains segments de la population ? Pour Bernard Sananès, le parti de Marine Le Pen peut encore évoluer en séduisant les retraités.

Voir aussi : 
"Le FN fait la synthèse de la France exaspérée et la France désespérée"

"Nicolas Sarkozy est redevenu le leader de l’opposition"

Nous avons interrogé Bernard Sananès sur le match que se sont livré Marine Le Pen, Manuel Valls et Nicolas Sarkozy avant ce premier tour. Qui sort réellement gagnant de cette confrontation à trois ? Pour Bernard Sananès, "la progression du FN ne se retrouve pas dans une cote de popularité de Marine Le Pen", "Valls sort moins affaibli" que Jean-Marc Ayrault lors des municipales il y a un an et surtout, "Nicolas Sarkozy est redevenu le leader de l’opposition".

"Un Français sur deux dit qu'il est contre les consignes"

Alors que le second tour se profile, quelles sont les indications des sondages sur les consignes de vote qui sont données par les grands partis ? Pour Bernard Sananès, "on voit que dans un cas de duel FN-UMP, les électeurs de gauche sont plus nombreux que les électeurs de droite à voter contre le FN" dans le cas d'un duel FN-PS. "Certains électeurs de l’UMP votent aussi pour le FN au second tour", indique le président de l'institut CSA qui affirme que la moitié des Français ne suit pas les consignes de vote.

Voir aussi :
"Nicolas Sarkozy fait le pari d'une 'victoire sans tache'. Mais..."
Régionales - "Le FN peut gagner une ou deux régions"

L'intégralité de l'émission

C'est l'un des derniers sondages portant sur les départementales avant le premier tour. Dans une enquête de l'institut CSA pour BFMTV, en date du 19 mars 2015, le Front national était donné en tête du premier tour des élections départementales avec 28 % des voix. L'alliance UMP-UDI talonnait le parti de Marine Le Pen avec 27 % des intentions de vote. Le Parti socialiste arrivait loin derrière, avec 20 % des suffrages. Le scrutin devait en outre être marqué par une abstention record, atteignant les 56 %. Sauf que le FN n'est pas arrivé premier, a atteint "seulement" 25 %, et l'alliance UMP-UDI l'a largement dépassé ce dimanche. Comment expliquer un tel écart entre les sondages et les résultats ? Les sondages et les estimations livrées à 20 heures par les instituts, elles aussi critiquées, sont-ils toujours fiables ?

Si oui, que pourra-t-on attendre du second tour des départementales ce dimanche ? Quels départements seront les plus susceptibles de basculer à droite ? Combien la gauche perdra-t-elle de conseils généraux ? Des fiefs historiques sont-ils proches de tomber ? Combien d'élus le FN pourrait-il avoir et est-il vraiment en mesure de diriger un département ? Enfin, dans la sociologie électorale, qui se détourne le plus de la gauche et quels sont les segments qui permettent au Front national de progresser voire de s'ancrer localement ? Dans un entre-deux tours qui s'annonce politiquement très chaud, Bernard Sananès, président de l'institut de sondage CSA, était l'invité exceptionnel de #DirectPolitique, l'émission politique de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France, ce mardi 24 mars 2015. Il a répondu aux questions des rédactions et des internautes en direct.

Bernard Sananès

Des débuts de journaliste, un passage par la communication politique, mais aussi pour de grands groupes français, des années à jouer les spin-doctors pour plusieurs ministres... Bernard Sananès a une connaissance complète du monde politique et de ses rouages. Devenu président-directeur général de l’institut CSA en 2010, il renforce l'offre de la société, à la fois dans les domaines des études (notamment en ligne) et de l'exploitation de panel, mais aussi en la dotant de nouveaux pôles de compétences dans le planning stratégique et la communication. Spécialiste de la géographie électorale, il a déjà décrypté sur son blog plusieurs pans entiers de ces départementales, dont notamment les départements où la gauche a le plus reculé entre le premier tour de la présidentielle 2012 et les européennes 2014, ceux qui pourraient basculer et les grands enjeux qui président à cette élection.

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d'actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

 Abonnez-vous à nos alertes #DirectPolitique

Retrouvez #DirectPolitique dans 20 Minutes

Annonces Google