Karine Berger relance les débats sur la réforme fiscale et le travail le dimanche

Karine Berger relance les débats sur la réforme fiscale et le travail le dimanche La députée socialiste des Hautes-Alpes, leader de la motion D en vue du congrès du PS, était l'invitée de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France ce mardi matin.

Sur le plateau de #DirectPolitique, Karine Berger a pris appui sur l'ensemble des motions déposées pour le congrès du Parti socialiste en juin pour réclamer une réforme fiscale avant le quinquennat, mais aussi un retour aux fondamentaux socialistes sur le travail le dimanche. Celle qui avait déjà bataillé avec le ministre de l'Economie sur le sujet en janvier 2015 estime qu'il y a "un vrai sujet avec la loi Macron". Pour la députée des Hautes-Alpes, "toutes [les motions] disent qu’il ne faut pas augmenter les possibilités de travailler le dimanche. La motion A [soutenue par le gouvernement - NDLR] notamment l'écrit". "J'imagine qu'en deuxième lecture, suite au congrès de Poitiers, il y aura un amendement qui permettra de revenir à la position du PS depuis toujours", conclue-t-elle. "J'insiste, c'est la parole de l'ensemble des militants mais aussi du gouvernement socialiste qui est engagée sur cette question".

Une réforme fiscale "menée avant la fin du quinquennat"

Karine Berger use du même raisonnement au sujet de la grande réforme fiscale, promise par le candidat Hollande en 2012 mais abandonnée depuis. "Je suis heureuse de voir que cette proposition est dans toutes les motions en vue du congrès de Poitiers, je déduis donc qu'elle sera menée avant la fin du quinquennat", indique Karine Berger qui insiste : "La motion A, cosignée par le Premier ministre et plusieurs ministres du gouvernement, annonce cette réforme. Qu'est ce qui empêchera, dès la sortie du congrès, quelle que soit la position des uns et des autres, de la mettre en place ?"

Egalité professionnelle : Rebsamen "un peu trop sensible à ce que demande le Medef"

Des associations féministes ont sonné l'alerte contre le projet de loi "dialogue social" de François Rebsamen, qui, selon elles, supprimera du code du travail les outils d'égalité professionnelle. La députée socialiste regrette que le ministre du Travail ait été "un peu trop sensible à ce que demande le Medef". Est-ce à dire que c'est à cause du mouvement patronal que ces dispositions assurant l'égalité professionnelle ont disparu ? "Tout ce qui est mécanisme de régulation et de dialogue à l'intérieur de l'entreprise qui plaide pour un certain nombre de respect de la progression professionnelle est combattu par le Medef", indique l'élue qui ajoute qu'une lutte doit être menée contre la misogynie au sein même du Medef. "Je pense que dans le cas des positions du Medef, il peut y avoir une forme de misogynie".

Le nucléaire, grand oublié de la motion D ?

Comme la motion B de Christian Paul, qui fait l'impasse sur la question du nucléaire malgré un chapitre entier consacré à "l'écosocialisme", on ne trouve nulle mention de l'atome dans la motion D de Karine Berger alors que la "social écologie" est sa prioprité. Le PS a-t-il encore un problème sur le nucléaire ? "La question du nucléaire est largement traitée par la grande loi de Ségolène Royal qui acte qu'on va bien réduire la part du nucléaire dans la production d'énergie", indique la députée des Hautes-Alpes, qui ajoute qu'en revanche "elle ne règle pas la question du pollueur-payeur". Quid de Fessenheim, de l'EPR ? "Des questions comme celles-là, ce n’est pas oui ou non", préfère répondre Karine Berger, malgré l'engagement de François Hollande en 2012. "Je suis fascinée de voir qu'il y a des gens qui ont des convictions très arrêtées sur 'faut-il arrêter Fessenheim ou non ?'. Je ne suis pas suffisamment spécialiste de la situation de vétusté ou pas de la structure de Fessenheim pour avoir une position", admet-elle, tout en assurant que "le PS doit avoir un avis extrêmement clair sur ces questions".

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"Nous, nous nous intéressons au Parti socialiste"

Quel est le sens de la motion D "La Fabrique" pour le congrès du Parti socialiste quand deux motions opposent déjà pro et anti gouvernement ? "La motion A [soutenue par Manuel Valls] donne une idée de ce que peut être le gouvernement fin juin 2015. On voit que beaucoup de gens sont venus pour envisager un siège au gouvernement", indique Karine Berger qui nie quant à elle toute démarche visant à obtenir un poste ministériel après le congrès. "Certains, même au sein de la motion B [des frondeurs - NDLR] envisagent cette négociation après le congrès. Nous c’est pas du tout ça", ajoute-t-elle. "Nous, nous nous intéressons au Parti socialiste, la plateforme présidentielle, à la place des militants. [...] Nous sommes dans un Congrès de parti. Nous ne sommes pas en train d'imaginer ce que sera le gouvernement sur le perron de Matignon fin juin."

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Hollande : "Sa candidature est naturelle parce que le chômage baissera avant 2017"

Karine Berger et les socialistes de la motion D soutiennent une candidature de François Hollande en 2017. Mais si celle-ci est "naturelle", elle ne pourra pas se passer pour autant de primaires selon la députée des Hautes-Alpes. "Nous pensons que pour rassembler la gauche autour de François Hollande en 2016 et 2017, il faut des primaires", explique-t-elle. "Les primaires c’est la seule solution pour s’assurer que nous n’aurons pas de candidatures alternatives à gauche." Et Karine Berger de se montrer confiante quant à la promesse du chef de l'Etat de ne s'engager que s'il obtient des résultats sur le front du chômage : "Sa candidature est naturelle parce que le chômage baissera avant 2017".

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L'intégralité de l'émission

Il n'y aura pas, dans les prochaines semaines, un affrontement exclusif entre les "pro" et les "anti" gouvernement. En plus de la motion A de Jean-Christophe Cambadélis, favorable à l'exécutif, et de la motion B des "frondeurs", menée par Christian Paul, une motion D, baptisée "la Fabrique", a été déposée en vue du congrès du Parti socialiste en juin. Les signataires de cette motion, qui comme les autres, entend définir la ligne du PS pour ces prochaines années, refusent de s'inscrire en soutiens ou en détracteurs de la politique de Manuel Valls, avec une crainte et une stratégie. La crainte : "que les divergences au sein du PS ne conduisent à des déchirements trop profonds." La stratégie : être des "éclaireurs", donner au PS "sa propre voix" sans tomber dans l'opposition systématique au gouvernement, et surtout, rassembler les socialistes sur "une plateforme d’idées et de propositions pour 2017". Oui mais quelles idées ? Quelle orientation pour le parti, et au-delà pour le gouvernement, d'ici la fin du quinquennat et dans les années à venir ? Quelle doit être la conception d'un socialisme moderne ? La social-démocratie, ou ce que d'aucuns appellent à gauche avec dédain le "social-libéralisme", ont-ils eu raison d'un socialisme plus à gauche ? Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes, première signataire de la motion D, était l'invitée de #DirectPolitique, l'émission politique de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France ce mardi 12 mai à 8h30, pour livrer les grandes lignes et quelques exemples des 86 propositions de "La Fabrique".

Karine Berger

Dilplomée de polytechnique, Karine Berger débute sa carrière professionnelle à l'Insee en même temps qu'elle étudie à SciencesPo. Spécialiste des questions liées à l'économie (elle a par ailleurs un DESS de droit public en économie), elle se charge à partir de 2000 des projections des indicateurs économiques et des grands indicateurs de conjoncture pour la France, alternant les responsabilités à l'Insee, à Bercy et un passage dans le privé en 2008. Dirigeante de la fédération socialiste des Hautes-Alpes (dont elle est originaire) depuis 2005, elle est candidate au siège de député dans ce département en 2007 puis en 2012, après avoir participé à l'élaboration du programme économique de François Hollande. Elle fut chargée notamment des questions liées à la dette publique, pour lesquelles elle tentera de rassurer les créanciers avant l'élection. En juillet 2012, elle devient secrétaire nationale du Parti socialiste à l'Économie. A l'Assemblée, elle est membre de la Commission des finances. Au début du quinquennat, elle a été rapporteure du projet de loi de séparation des activités bancaires.

Dans son parcours Karine Berger s'est investie pour la VIe République, contre la synthèse lors du congrès du Mans, contre le Traité constitutionnel européen de 2005. Elle est favorable à une politique néo-keynésienne en matière économique.

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d'actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

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