Jean-Claude Mailly dénonce "l'image autoritaire" du gouvernement

Jean-Claude Mailly dénonce "l'image autoritaire" du gouvernement Loi Macron, 49-3, dialogue social, retraites complémentaires... Le secrétaire général de Force ouvrière était l'invité de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France ce mardi 16 juin 2015.

Dans l'émission #DirectPolitique, Jean-Claude Mailly a réagi à l'utilisation du 49-3 par le gouvernement sur la loi Macron. Selon lui, il y a "un refus du débat" et une volonté de la part du gouvernement de donner une "image autoritaire" malvenue. "La démocratie, c'est aussi le débat", estime le leader syndical, affirmant que ce passage en force sur la loi Macron "donne une image du Parlement qui n’est pas très bonne". Alors que plusieurs mesures pour les PME et les TPE ont été ajoutées au dernier moment dans le texte, Jean-Claude Mailly soupçonne par ailleurs le gouvernement de se servir de cette loi et du 49-3 comme véhicules de mesures "antisociales".

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Un recours sur le plafonnement des indemnités aux Prud'hommes ?

Parmi ces mesures annoncées par Manuel Valls la semaine dernière pour les PME et TPE et intégrées à la loi Macron, on trouve aussi le plafonnement des indemnités versées à un salarié aux Prud'hommes en cas de licenciement abusif. FO a menacé la mesure d'un "recours juridique", estimant qu'elle était contraire à la fois à la constitution, en empêchant la réparation intégrale du préjudice, à plusieurs textes européens et à une convention internationale du travail, "la convention 158", comme l'a rappelé Jean-Claude Mailly. Le syndicaliste confirme que sa centrale est "en train de creuser" pour évaluer les possibilités. Mais il temporise : "Pour faire un recours, il faut que la loi soit votée."

Le dialogue social "n'existe pas réellement"

Selon Jean-Claude Mailly, la négociation des syndicats et du patronat, préalable à la loi Rebsamen sur le dialogue social, "n’aurait pas dû avoir lieu". Alors que le texte arrive au Sénat le 22 juin, le secrétaire général de FO estime que les discutions sur ce sujet avaient déjà duré "trois ans" et avaient abouti sur un désaccord. Un échec de la négociation était donc prévisible selon lui et l'Etat aurait pu éviter de reprendre la main sur le sujet. "Le gouvernement est trop interventionniste sur le dialogue social", estime plus globalement le leader syndical, qui affirme que le dialogue social "n'existe pas réellement" en France, entre "un Medef très dur aujourd’hui" et "des socialistes – ou ceux qui se pensent socialistes - qui disent qu’ils connaissent mieux le sujet que les syndicats".

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Retraites complémentaires : "J’espère qu’on finira par trouver un terrain d’entente"

Les partenaires sociaux sont autour de la table depuis février pour sauver le régime de retraite complémentaire déficitaire (1,985 milliard pour l'Agirc et 1,153 milliard pour l'Arco l'année dernière) et se sont quittés sur un désaccord la semaine passée. Alors que les négociations devraient reprendre le 22 juin, Jean-Claude Mailly ne désespère pas de trouver un accord avec le patronat. "J’espère qu’on finira par trouver un terrain d’entente", estime le dirigeant de FO, qui n'est pas prêt à accepter un accord "à n'importe quelle condition". "Dans cette affaire, le patronat fait un peu de politique politicienne", regrette le dirigeant de FO alors que le Medef a durci ses positions, réclamant un abattement (ou une décote) pour inciter les bénéficiaires à partir plus tard à la retraite.

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Vallourec : "Nous n'excluons pas de faire un droit d'alerte"

Sur le terrain social, Jean-Claude Mailly a tour à tour commenté les tensions sociales à l'APHP, le conflit désormais juridique entre Air France et son syndicat de pilotes et la situation chez Vallourec, entreprise en difficulté dans laquelle FO n'exclut pas d'émettre un "droit d’alerte" après des négociations.

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"Dans une période de crise, c'est compliqué de se mobiliser"

Aux internautes qui lui demandent si une journée d'action interprofessionnelle sera organisée pour protester contre les mesures du gouvernement et contre "l'austérité", Jean-Claude Mailly répond qu'il "ne suffit pas d’en avoir envie. Ça ne se décrète pas". "Dans une période de crise, c’est compliqué de se mobiliser", ajoute le leader syndical. "Ça ne veut pas dire qu’il faut rien faire. Le 9 avril, on a fait une journée de mobilisation que je considère réussie".

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Jean-Claude Mailly invité de #DirectPolitique

En annonçant de nouvelles mesures de souplesse pour les PME et les TPE, Manuel Valls a semble-t-il de nouveau braqué sa gauche début juin. La possibilité de reconduire deux fois les CDD et le plafonnement des indemnités pour licenciement abusif aux Prud'hommes, parmi d'autres mesures, ont été salués par le patronnat, mais ont choqué une partie de la classe politique, déjà échaudée par l'escapade du Premier ministre à Berlin pour assister à la finale de la Ligue des Champions. Du côté des syndicats, les réactions sont aussi très mitigées. Pour Jean-Claude Mailly notamment, "le gouvernement est atteint de Medef mania". Dans les Echos et sur RFI, le secrétaire général de Force ouvrière a même indiqué qu'il n'excluait pas "un recours juridique" contre cette mesure qui ne serait pas, selon lui, conforme au droit.

Sur le front de l'emploi, du droit du travail et de la vie en entreprise, de nombreux autres dossiers pourraient rendre le calendrier social explosif ces prochaines semaines : en plus des annonces récentes pour les petites entreprises, la loi Macron, avec ses mesures sur le travail le dimanche, est de retour en seconde lecture à l'Assemblée et devrait de nouveau être imposée aux députés par le 49.3, comme en février. La loi sur le dialogue social en entreprise, décriée elle aussi, arrive au Sénat le 22 juin. Enfin, Marylise Lebranchu, ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, devrait annoncer en Conseil des ministres une loi à venir sur les "droits et obligations des fonctionnaires"... Pour évoquer l'ensemble de ces dossiers, Jean-Claude Mailly était l'invité de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France ce mardi 16 juin 2015 à 8h30 pour répondre aux questions des rédactions mais aussi à celle des internautes.

Jean-Claude Mailly

Ancien chargé d'études au sein de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), Jean-Claude Mailly adhère à Force ouvrière dès les années 1970. Une centrale dans laquelle ce fils et petit-fils de militants syndicaux gravira les échelons. Son visage devient familier des journalistes en 2000, quand il prend le poste de secrétaire confédéral en charge de la presse. Mais FO sera dirigée encore pendant quatre ans par son dirigeant emblématique (et controversé), Marc Blondel. En 2004, Jean-Claude Mailly prend ainsi la succession de Blondel. Son premier grand combat sera celui contre le CPE, en 2006. La loi, instaurant un contrat première embauche spécifique et plus souple pour les jeunes, sera emportée, en même temps que Dominique de Villepin, son instigateur. Jean-Claude Mailly sera réélu successivement  en juin 2007, 2011 et tout récemment, en 2015, lors du congrès de Tours.

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d'actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

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