Qui pour remplacer Rebsamen au gouvernement ?

Qui pour remplacer Rebsamen au gouvernement ? François Rebsamen devrait être candidat à la mairie de Dijon, suite au décès d’Alain Millot. Alors qu'il retrouvera sa ville, l’actuel ministre du Travail devra être remplacé au sein du gouvernement.

[Mis à jour le 10 août 2015 à 17h32] C’est l’Elysée qui l’affirme, François Rebsamen sera remplacé. Suite au décès d’Alain Millot, le ministre du Travail a annoncé qu’il sera candidat à la mairie de Dijon, ville qu’il a déjà dirigée de 2001 à 2014. Il espérait ainsi cumuler deux fonctions, mais il n’en est rien pour l’exécutif. A quelques mois des élections régionales, un remaniement s'annonce. "Il y a des principes qui s’appliquent et François Rebsamen le sait parfaitement", a affirmé Manuel Valls en marge d’un déplacement en Picardie. Alors si le ministre remporte l’élection municipale, qui est déjà sur la liste pour le remplacer ?

EN VIDEO - Les noms évoqués pour succéder à François Rebsamen

Laurent Grandguillaume pourrait être appelé au ministère du Travail, selon Le Monde, grâce à son rapport apprécié sur l’auto-entreprenariat remis en décembre 2013. Député socialiste de Côte-d’Or, il est proche de François Rebsamen dont il a été adjoint à la mairie de Dijon. Parmi les points en sa défaveur, son jeune âge, 37 ans, et son manque d’expérience. Alors pourquoi pas Karine Berger ? Au sein du Parti socialiste, la députée des Hautes-Alpes a été désignée secrétaire nationale à l’Economie. Elle a d’ailleurs déjà travaillé au ministère de l’Economie et des Finances puis à la Direction du Budget. Politiquement, Karine Berger pourrait aussi être un choix judicieux pour François Hollande. Lors du congrès de Poitiers, elle a porté la motion D, à mi-chemin entre loyaux du gouvernement et frondeurs. Pour l’élection du premier secrétaire du parti, elle s’est ralliée à Jean-Christophe Cambadélis. Elle propose donc une alternative, mais sans trop faire de vagues.

On pourrait également imaginer un jeu de chaises musicales. Alain Vidalies pourrait être nommé au ministère du Travail, laissant son poste de secrétaire d’Etat aux Transports vide. Une hypothèse plausible : il était auparavant avocat du travail et a aujourd’hui acquis une expérience importante. De plus, les rumeurs disent qu’il ne s’entend pas bien avec Ségolène Royal, sa ministre de tutelle.

Pour trouver un successeur à François Rebsamen, on peut aussi se pencher sur les spécialistes du secteur. L’adoption de la loi Macron a été l’une des mesures fortes du quinquennat, Richard Ferrand, son rapporteur, pourrait être appelé au gouvernement. Aujourd’hui député du Finistère, il a été directeur général des Mutuelles de Bretagne durant 20 ans. A l’Assemblée, il a notamment travaillé sur l’écotaxe et le dossier des professions réglementées.

D’autres noms de "ministrables" circulent. On peut par exemple citer Jean-Marc Germain, député des Hauts-de-Seine. Proche de Martine Aubry et "frondeur", il s’était dit "prêt" en mars dernier à entrer au gouvernement pour ressouder la gauche. Selon Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, il serait le seul qui "pourrait résister à la ligne libérale".  Jean-Patrick Gille, député d’Indre-et-Loire est un spécialiste des questions de formation professionnelle et d’emploi des jeunes, un atout pour accéder au ministère. Il était très impliqué dans le projet des emplois d’avenir et a été nommé médiateur dans le conflit des intermittents par Manuel Valls en 2014. Enfin, Frédérique Espagnac, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, est une proche de François Hollande. Au sein du PS, elle est secrétaire nationale chargée de l’Economie sociale et solidaire tandis que Pascale Gérard, vice-présidente de la région PACA, est secrétaire nationale au Travail, à l'emploi, et à la formation professionnelle.

François Rebsamen s'est exprimé dans le JDD sur le sujet en dressant le portrait de son successeur idéal  : "Il faut quelqu'un comme Sapin et moi qui ait la ligne directe avec le Président et le premier ministre. Quelqu'un qui soit totalement en phase avec la politique économique du Président". Pour le journal, la personne que décrit le futur ex-ministre n'est autre que Stéphane Le Foll, actuellement ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement. 

François Rebsamen, habitué des gaffes comme le relève 20 Minutes, était arrivé presque par hasard au ministère du Travail. Lui visait l’Intérieur, soutenu par François Hollande, tandis que Manuel Valls voulait imposer Jean-Jacques Urvoas. Devant ce désaccord, c’est Bernard Cazeneuve qui avait été choisi, François Rebsamen héritant du ministère du Travail. "Michel Sapin ne s’attendait pas à se trouver au ministère du Travail, je ne vous surprendrai pas en vous disant que moi aussi je ne m’y attendais pas, a priori", a-t-il reconnu lors de la passation de pouvoir en avril 2014. Un poste au gouvernement lui était déjà passé sous le nez en 2012, François Hollande ne pouvait décemment pas l’évincer une nouvelle fois deux ans plus tard. Suite aux nombreux couacs qu'il a provoqués, peut-on imaginer que le chef de l’Etat saute aujourd'hui sur l’opportunité pour lui montrer la sortie ?

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