Aylan Kurdi : l'extrême droite accuse le père d'être venu chercher des "soins dentaires" en Europe

Aylan Kurdi : l'extrême droite accuse le père d'être venu chercher des "soins dentaires" en Europe Une partie de l'extrême droite est révoltée par le terrible drame qui a touché la famille du petit Aylan Kurdi, mort sur une plage de Turquie. Elle accuse même le père du jeune garçon d'avoir pris un bateau non pas pour fuir la misère, mais pour s'offrir de "nouvelles dents" en Europe.

[Mis à jour le 7 septembre à 10h41] Le drame des migrants est maintenant incarné par la photo du jeune enfant retrouvé mort sur une plage de Turquie. L'image a d'abord secoué l'opinion publique. Ensuite sont venus les annonces des responsables européens, avec une grande lettre commune de la France et l'Allemagne pour accueillir les réfugiés sur le continent, proposant notamment un système d'asile unifié. Mais là où la plupart des responsables politiques voyaient dans la terrible photo d'Aylan Kurdi une alerte sur le sort tragique des réfugiés, quelques-uns pensent qu'il y a matière à s'interroger sur les véritables causes de la mort de l'enfant. Comprendre : les médias ne disent pas tout, l'histoire d'Aylan Kurdi cache quelque chose, on cherche à légitimer l'entrée d'immigrés en France, etc...

Il y a d'abord ceux qui pensent immédiatement au complot, mettant en avant la manipulation par l'émotion des médias et des "bien pensants" - pour s'en convaincre, il suffit de lire quelques commentaires d'internautes sous les articles traitant l'information, comme surcelui du Monde.fr -, d'autres, remettent même en question le récit de l'histoire de la famille d'Aylan Kurdi. Le père du jeune garçon a emmené sa famille sur un bateau de fortune pour se rendre en Grèce, payant 4000 euros par passager aux passeurs. Quatre Syriens suspectés de trafic de migrants ont été arrêtés par la police turque nous apprenaient jeudi des agences de presse du pays. Vendredi cependant, une partie de l'extrême droite s'appuie sur un article du Wall Street Journal pour affirmer que si Abdullah Kurdi a emmené avec lui femme et enfants sur un bateau de fortune, clandestin, voguant de nuit dans des conditions périlleuses, c'est tout bonnement pour "se refaire les dents".

Pour le député Gilbert Collard, nous sommes tous victimes d'une "incroyable manipulation par les sentiments". Pour le blogueur d'extrême-droite influent FrDesouche, le père d'Aylan est responsable de la mort de sa famille (lire la version qu'il présente sur son site). La veille, le journaliste François d'Orcival se posait aussi quelques questions...

Le témoignage de Tima Kurdi

Le journal américain dresse un portrait d'Abdullah Kurdi, expliquant que les témoignages qu'il a donnés aux autorités sur le drame sont parfois incohérents. L'homme aurait vécu quelques temps en Turquie, travaillant dans le bâtiment pour une rémunération de misère, ne lui permettant pas de subvenir au besoin de sa famille. Sa soeur, Tima Kurdi, vivant au Canada, l'aidait financièrement depuis peu. C'est elle qu'il aurait, à terme, souhaité rejoindre.

Tima Kurdi a été contactée par plusieurs médias. Selon elle, l'homme avait pour projet immédiat de se rendre en Europe, pour trouver un moyen d'aider sa famille à quitter la Turquie et pour bénéficier de soins dentaires dont il avait besoin. Tima Kurdi, en larmes dans les médias jeudi, était consciente de la situation financière de son frère et regrette de ne pas avoir davantage aidé sa famille, ceux qui sont "morts en quête d'une meilleure vie". Par ailleurs, le Canada a indiqué n'avoir jamais reçu de demande d'asile de la part du père du petit Aylan. En revanche, le pays indique avoir refusé une demande émanant de son oncle. Une version confirmée par Tima Kurdi qui explique n'avoir "pas encore rempli les papiers d'Abdallah".

La jeune femme a donné une conférence de presse jeudi, retransmise sur CBC News. La vidéo, dans laquelle elle s'exprime sur le désir de son frère de recourir à des soins dentaires, est consultable ici.

EN VIDEO - Les cercueils d'Aylan, de son frère et de sa mère devaient être transférés vers Kobane, ville d'origine de la famille du petit garçon mort noyé. Ils sont arrivés par avion à Istanbul.

Les obsèques ont eu lieu vendredi après-midi à Kobané, selon la volonté du père d'Aylan, seul survivant de la petite famille. Il a en effet décidé de retourner dans cette ville qu'il tentait de fuir, encore en proie à la guerre civile, pour enterrer ses fils et sa femme. Les trois corps ont été inhumés dans un mausolée consacré aux "martyrs" de la ville où des centaines de personnes s'étaient réunies.

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