Résultat régionale 2015 : ce qu'il faut retenir du scrutin

RESULTAT REGIONALES 2e TOUR - Ce soir, le FN, la droite et la gauche trouvent de quoi se réjouir. Mais personne ne sort vraiment vainqueur de ces élections régionales.

Quelques succès, beaucoup d'amertume : c'est ce soir un sentiment partagé par toutes les formations politiques, qui n'ont pas réussi à créer l'enthousiasme pour ce second tour des élections. Encore une fois, malgré le sursaut de la mobilisation, le nombre des abstentionistes demeure très élevé. Et si on l'ajoute au nombre de citoyens non inscrits sur les listes électorales et aux personnes ayant choisi de voter blanc, on peut faire un tout premier constat : la majorité du corps électoral n'a choisi aucun candidat engagé dans cette élection régionale. Les chiffres méritent encore d'être précisés (il faut pour cela attendre les chiffres défnitifs du ministère de l'Intérieur), mais aucun des trois blocs politiques ne recueille plus de 15% des voix de l'ensemble des citoyens. Hors abstention, voici les résultats des élections régionales donnant le rapport de force politique du second tour : Union de la droite : 38,16% ; Union de la gauche : 27,8% ; Front national : 30,44% (rappelons que la gauche était absente de deux importants scrutins).

Second constat : le Front national n'est parvenu à s'imposer dans aucune région, même pas en Alsace, Champagne-Ardenne, Lorraine, où Florian Philippot était face à deux autres candidats, ce qui le plaçait dans une situation favorable. Les frontistes poursuivent malgré tout leur implantation locale, avec ce soir quelques centaines de nouveaux élus dans les conseils régionaux. C'est considérable. Mais le succès doit être relativisé, puisque ni Marine Le Pen ni Marion Maréchal-Le Pen ne sont parvenues à s'imposer dans les régions dans lesquelles elles étaient candidates. Le FN, en tête dans 6 régions au premier tour, a dû se résigner. Peut-on vraiment dire d'un parti qui perd partout qu'il a gagné les élections ? Evidemment, non.

Troisième constat : la droite est bien le principal parti d'opposition. C'est elle qui, alliée aux centristes, s'empare du plus grand nombre de régions (entre 5 et 7). Mais cette victoire n'a rien d'un triomphe, au contraire. D'abord parce que deux régions sont gagnées grâce au retrait des listes de gauche. Ensuite parce qu'il est bien rare qu'un parti d'opposition soit si peu convaincant dans une élection intermédiaire, alors que la politique économique du gouvernement est tant décriée. Malgré la victoire, le parti de Nicolas Sarkozy sort en réalité très affaibli de cette élection. Impossible pour l'ancien chef de l'Etat d'en appeler à la dynamique du changement et de l'alternance, qu'il semble avoir du mal à incarner.

Quatrième constat : la gauche résiste. Elle est parvenue à conserver 5 régions alors que les sondeurs et les observateurs pronostiquaient une vague bleue et une déroute. Grâce notamment au mode de scrutin, qui favorise les triangulaires, le PS et ses alliés sont parvenus, dans quelques régions, à rassembler plus d'électeurs que ne l'ont fait le bloc de droite et le Front national. Défaite donc, mais l'essentiel est sauf. Et d'aucuns souligneront un vrai satisfecit pour la majorité : rien ne semble perdu pour 2017 si François Hollande parvient à rassembler la gauche.

En vidéo - Les élections régionales expliquées en 2 minutes :

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