Programme de Macron : du Hollande, du Valls, et puis quoi d'autre ?

PROGRAMME MACRON 2017 - Le projet d'En Marche! pour la présidentielle incarne-t-il une franche rupture avec les années Hollande ? Economie, retraite, emploi, immigration... On fait le point.

[Mis à jour le 20 mars 2017 à 16h52] Longtemps pointé du doigt pour son excellence dans l'art d'aligner les belles intentions sans propositions concrètes, Emmanuel Macron dispose désormais, comme tous les candidats, d'un programme digne de ce nom. Le candidat d'En Marche! à l'élection présidentielle 2017 a détaillé son "contrat pour la nation" début mars. Sur le fond, le candidat navigue entre continuité et rupture radicale. Comme le note Les Décodeurs du Monde, "40 % de ses propositions sont des copier-coller ou des prolongements des promesses de campagne" formulées par François Hollande en 2012.

Il faut dire qu'Emmanuel Macron a été l'un des plus proches conseillers du président au début de son mandat. Il faisait partie de l'équipe chargée d'affiner son projet pour 2012. De fait, le candidat d'En Marche! incarne la ligne social-libérale qu'a défendu le chef de l'Etat depuis l'inflexion prise en août 2014, avec la nomination de Manuel Valls à l'Elysée. Son crédo : tirer le meilleur de l'économie de marché, libérer les forces entrepreneuriales, tout en garantissant aux plus fragiles un niveau important de protection sociale. 

Dans la droite ligne des années Hollande,  il propose par exemple de baisser les cotisations des entreprises, mieux former les chômeurs, créer des postes dans l'éducation et la police tout en réduisant le nombre de fonctionnaires, maintenir l'âge de départ en retraite, sanctuariser le budget de la culture, baisser la part du nucléaire dans le mix énergétique, etc. Mais il veut en revanche assouplir les 35 heures, réformer radicalement l'assurance chômage et le système de retraites, en finir avec les rythmes scolaires. Désormais fort du soutien de François Bayrou, Emmanuel Macron veut aussi aller plus loin dans la moralisation de la vie publique, un gage donné au patron du MoDem pour son "alliance". En matière d'éducation, l'une de ses priorités pour le prochain quinquennat, il prône l'autonomie accrue des écoles primaires en terme de programme comme de recrutement, une autre cassure très nette avec la politique du président sortant.

Le candidat a insisté sur le besoin de "transformation" du pays, bien plus fort que la simple "réforme". Il a détaillé par ailleurs six grands "chantiers" : "transmission de nos valeurs et émancipation pour construire l'égalité des chances", "société du travail", "modernisation de notre économie", "sécurisation de la nation", "renouveau démocratique" et "politique internationale". Plus concrètement, après les propositions économiques dévoilées dans les Echos vendredi dernier, on dispose désormais d'une liste à la fois longue et complète de mesures. Le programme intégral a été publié sur le site d'En Marche! (ici) et une synthèse est disponible en PDF (ici).

Voici les mesures essentielles que nous avons sélectionnées grâce aux documents dévoilés ce 2 mars, mais aussi aux interviews et aux précédentes interventions du candidat.

Programme de Macron sur la retraite

Le programme d'Emmanuel Macron prévoit  la création d'un "système universel de retraite". Dans le Parisien le 2 mars, le candidat indique qu'il ne modifiera pas l'âge de départ à la retraite et ne baissera pas le niveau des pensions. Mais il souhaite "engager dès le début, avec les partenaires sociaux", des négociations en vue de mettre en place "un vrai système universel de retraite". Le principe : "1 euros versé en cotisation ouvrira droit aux mêmes droits, quels que soient votre secteur, votre catégorie ou votre statut". La réforme sera progressive, puisque Macron promet que "pour celles et ceux qui sont à au moins cinq ans de la retraite, rien ne changera". Et il promet que tout le monde pourra continuer de partir à 62 ans au bout de 42 ans de cotisation et que les carrières longues pourront donc prendre leur retraite à 60 ans. A terme, il souhaite donc mettre fin aux inégalités entre fonctionnaires et salariés du privé. 

Emmanuel Macron avait déjà évoque par le passé une retraite "à 60, 65 ou 67 ans" en fonction des carrières. "Il faut pouvoir moduler selon les individus et les situations. Si on se contente d'appliquer des critères de pénibilité de manière arbitraire, on ne fera que recréer des régimes spéciaux", ajoutait-il dans L'Obs.

Programme de Macron pour l'éducation

Sur l'éducation, le programme d'Emmanuel Macron se veut particulièrement riche, avec notamment une autonomie accrue pour les écoles. Le candidat d'En Marche!, qui propose la création de 4 000 à 5 000 postes d'enseignants, veut que les établissements puissent recruter plus librement et bâtir en autonomie leur projet pédagogique. "Partout, il y a exactement la même méthode, partout les mêmes moyens, à part quelques petites différences en zones REP et REP +", regrette Emmanuel Macron dans Le Parisien. Il y a peu, le candidat assurait déjà qu'il fallait "une véritable autonomie pédagogique pour les établissements".

Cette autonomie s'accompagne de moyens différents en fonction des besoins. "Il faut arrêter de saupoudrer et assumer d'investir de façon différenciée. Il faut donner plus à ceux qui en ont le plus besoin ", explique-t-il, proposant par exemple une prime de 3000 euros net par an pour les enseignants en zone prioritaire Rep+ et de diviser par deux le nombre d'élèves en CP-CE1 pour qu'il n'y ait pas plus de 12 élèves par enseignant.

Emmanuel Macron rompt avec le quinquennat de François Hollande en proposant de sortir des rythmes scolaires. Dans Le Parisien, il assure que "chaque commune pourra adopter la semaine qu'elle souhaite" s'il est élu. "Je laisserai vraiment la possibilité aux maires de sortir de la réforme des rythmes scolaires", précise-t-il. Il veut aussi le rétablissement des classes bi-langues, supprimées en partie par les réformes des cinq dernières années, et des études dirigées "partout". Il souhaite mobiliser "les enseignants, des retraités volontaires et des étudiants" autour de ce projet. "Dans le parcours de tous les étudiants de France, il y aura ainsi un trimestre dédié à cette activité".

Emmanuel Macron propose aussi une réforme de la carte scolaire. "Moi, avec la carte scolaire, je n'ai pas le droit de mettre mon gamin à l'école en centre-ville, c'est injuste. Il n'y a plus de petits blonds dans nos écoles". Solution pour l'ancien ministre de Manuel Valls : "On doit absolument faire évoluer la carte scolaire". Parmi ses mesures, on trouve aussi l'interdiction de l'usage des téléphones portables dans l'enceinte des collèges et des écoles primaires.

Le candidat d'En Marche! compte aussi instaurer "un service national universel, encadré par les armées et la gendarmerie nationale". Celui-ci, d'une durée d'un mois, devra "intervenir dans les trois ans suivants le 18e anniversaire de chacun".

Programme de Macron sur la jeunesse et les banlieues

Dans son programme, Emmanuel Macron parle aussi des banlieues. Le 2 mars, il a consacré un chapitre de sa présentation  à la "transmissions de nos valeurs" et à l''"émancipation pour construire l'égalité des chances". Dans le document attenant, on trouve "des emplois francs pour encourager l'embauche des habitants des 200 quartiers prioritaires de la politique de la ville". Emmanuel Macron veut offrir une "prime de 15 000 euros sur 3 ans" aux entreprises qui recrutent en CDI un habitant de l'un de ces quartiers.

Plusieurs autres mesures concernent plus ou moins directement les jeunes des quartiers prioritaires. La lutte contre la discriminations sera érigée en "priorité nationale" avec "des opérations de contrôle aléatoires et imprévues à grande échelle, en matière d'accès à l'emploi ou au logement". On peut citer la création d'un "pass culture" de 500 euros pour chaque Français l'année de ses 18 ans et l'extension des horaires des bibliothèques ainsi que l'écriture d'une "charte des droits et des devoirs pour donner du contenu à la notion d'égalité".

Plus généralement, Emmanuel Macron livre une vision pour les jeunes des banlieues dans le Parisien. Il estime qu'il faut "réconcilier les jeunes avec la République, en reconstruisant des parcours de réussite par l'école, la culture, le travail, l'insertion économique. Il faut rompre leur assignation à résidence". "Tant que l'histoire de la République fait vivre des vies d'assiégés à celles et ceux qui sont dans ces quartiers, vous ne pouvez pas construire de lien avec ceux qui incarnent l'autorité de l'État", lance le candidat.

Programme de Macron sur les institutions

La moralisation de la vie publique, chère à François Bayrou, est "en marche" dans le programme d'Emmanuel Macron, avec la fin de certains privilèges. Le candidat propose la fiscalisation de l'intégralité de la rémunération des parlementaires, notamment de l'indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), qui n'était pas imposable jusqu'ici. Le programme comprend aussi la fin du régime spécial de retraite des parlementaires. "Un parlementaire doit vivre comme un cadre commercial", affirme Emmanuel Macron, estimant que les frais liés à l'activité de l'élu doivent faire l'objet de "justificatifs, contrôlables par le fisc" s'il veut les déduire de son impôt.

Emmanuel Macron souhaite aussi interdire aux parlementaires d'employer des proches ou des membres de leur famille. Une réaction directe à l'affaire Penelope Fillon qui empoisonne la campagne présidentielle depuis le début de l'année. Les élus se verront également interdire d'exercer des activités de conseil. "On ne peut pas faire la loi pour tous tout en étant parallèlement au service de quelques-uns", explique le candidat dans le Parisien tout en précisant qu'il entent imposer ces nouvelles règles "à toutes les fonctions électives et ministérielle".

D'autres mesures plus structurelles sur les institutions ont déjà été proposées par Emmanuel Macron. Pour lui, certains départements ne servent à rien : c'est en substance ce qu'a déclaré Emmanuel Macron le 9 décembre dernier. Le candidat d'En marche entend ainsi supprimer ceux situés dans les zones les plus urbanisées et organisées autour de grandes métropoles, comme c'est le cas à Paris. Ils 'est aussi prononcé en faveur d'une dose de proportionnelle.

Programme de Macron sur l'immigration

Emmanuel Macron s'est peu exprimé sur son programme en matière d'immigration. On retiendra cependant qu'il veut réduire les procédures de demande d'asile, avec délai de moins de 6 mois, recours compris. A Berlin en février, le candidat à la présidentielle avait salué la politique menée par la chancelière Angela Merkel en faveur de l'accueil des réfugiés. Pour Emmanuel Macron, "l'Europe n'a pas réagi comme elle aurait dû", lors de la vague importante de réfugiés qui s'est présentée à nos côtes, évoquant même un "devoir". Et d'ajouter : "confondre les terroristes, avec les demandeurs d'asile, avec les réfugiés, toute forme de migrations, est une erreur morale, historique et politique profonde".

Outre la stricte question des réfugiés, Emmanuel Macron propose d'autres mesures plus générales sur l'immigration. Il veut par exemple conditionner l'aide au développement des pays d'origines au respect d'accords sur le retour des migrants non autorisés à entrer ou résider dans l'UE.

Programme de Macron sur la sécurité

Dans son programme dévoilé le 2 mars 2017, Emmanuel Macron indique qu'il veut créer 10 000 postes de policiers et gendarmes dans son quinquennat. Pour les former, le candidat à la présidentielle veut aussi ouvrir deux nouvelles écoles de police, la première de 1 000 places et la seconde de 500, "pour la formation initiale et continue des agents". Il propose aussi de créer 15 000 nouvelles places de prison.

Emmanuel Macron propose surtout de reconstituer un maillage du territoire pour assurer la sécurité au quotidien. Son programme contient donc la création d'une "police de sécurité quotidienne", forme de police de proximité version 2017. Dans le Parisien, il affirme que la suppression de la police de proximité "a été une erreur" et qu'il souhaite "une présence au plus près du terrain et dans le quotidien", qui "instaurera un nouveau rapport entre les policiers et les jeunes, autrement que par les interpellations". Il entend ainsi simplifier les procédures en multipliant par exemple les procès-verbaux par enregistrement vidéo, pour les dossiers les plus  simples, comme les vols à l'étalage, ou encore favoriser les circuits courts et dissuasifs de sanction pour les petits délits, comme l'usage de cannabis en petite quantité.

Dans la lutte contre le terrorisme et la prévention des attentats, Emmanuel Macron adopte une stratégie similaire. Il veut recréer un renseignement territorial au maillage fin avec "un état-major centralisé du renseignement rapportant directement au Conseil de défense auprès du président de la République". "C'est dans l'anticipation que se joue cette guerre", lance-t-il ainsi au Parisien. Emmanuel Macron préconise aussi des centres pénitentiaires ad hoc pour les combattants à l'étranger, un renforcement de la coopération européenne en matière de sécurité et la création de 5 000 postes de policiers aux frontières au niveau de l'UE.

Emmanuel Macron ne se prononce pas sur ses intentions au sujet de maintenir ou non l'état d'urgence. Dans le Parisien, il indique qu'il évaluera la nécessité de le maintenir "en fonction du niveau de risque décrit par les services de renseignement". Il est contre toute nouvelle mesure d'ordre symbolique, comme la déchéance de nationalité, ou toute autre loi "qui diviserait le pays". "Ce qu'il faut, c'est de l'efficacité et de l'action. C'est aussi mener un combat moral et civilisationnel", argumente-t-il.

Programme de Macron sur le chômage

Emmanuel Macron veut exclure du chômage, autrement dit suspendre le versement des allocations à ceux qui refuseront "deux offres d'emplois décentes". "Dans votre région, telle ou telle offre d'emploi dans votre métier est vacante, vous pouvez refuser une offre, pas la deuxième si elle est décente. Si vous la refusez, vous sortez du système. Par contre, s'il y a une crise dans votre métier, qu'il n'embauche plus, on doit vous former à un autre métier", a explicité le candidat d'En Marche! sur BFM TV. Il a précisé le 2 mars 2017 ce qu'il entendait par "offre décente", notamment un salaire qui "n'est pas inférieur de plus de 20-25 %" à l'ancien poste. Des aides à la mobilité pour les chômeurs sont aussi prévues.

Plus globalement, le candidat souhaite créer un système universel d'assurance-chômage ouvert aux salariés qui démissionnent et aux indépendants. Le nouveau système se veut "ouvert aux entrepreneurs, aux agriculteurs, aux indépendants", mais aussi "aux professions libérales, ainsi qu'aux salariés qui démissionnent, dans la limite d'une fois tous les cinq ans". "Cela pourrait éviter les burn-out de salariés qui demeurent dans une entreprise parce qu'ils pensent qu'ils n'ont pas d'autre choix", expliquait l'ancien conseiller de François Hollande il y a peu. Pour l'ex-ministre de l'Economie, il faut à l'avenir "donner des droits nouveaux et rentrer dans une logique beaucoup plus transparente, qui ne sera plus pensée en fonction de la durée et du montant des cotisations, mais qui protégera des aléas de la vie professionnelle, ceux qui ne sont pas couverts. En particulier ceux qui sont au régime de la micro-entreprise ou les indépendants".

Ce système serait financé par l'impôt et piloté par l'Etat. Une forme de nationalisation de l'assurance chômage. Dans ce cadre, Emmanuel Macron a proposé ces derniers mois une suppression de la part salariale des cotisations chômage, en plus de la cotisation maladie, grâce à une hausse de la CSG d'1,7 point. Sur le fait de nationaliser l'assurance chômage, Emmanuel Macron a déclaré par le passé : "Il est hypocrite de prétendre que l'assurance-chômage est encore un système paritaire : ce régime est en déficit permanent [...] et c'est l'Etat qui en garantit in fine l'équilibre financier. Il faut que l'Etat prenne ses responsabilités et gère lui-même l'Unedic. Car il n'y a rien de pire qu'un système où celui qui décide n'est pas celui qui paie", assure le nouveau candidat à l'élection présidentielle.

Programme d'Emmanuel Macron sur l'emploi

Dans son programme, Emmanuel Macron prône un plan d'investissement de 50 milliards d'euros dont 15 milliards pour la formation des chômeurs et jeunes sans qualification. Ces 15 milliards seront "consacrés aux compétences et qualifications des Français avec un plan de formation ambitieux des jeunes et des demandeurs d'emploi".

Parmi les mesures choc du programme d'Emmanuel Macron pour relancer l'emploi et lutter contre la précarité, on retient notamment l'instauration d'un bonus/malus pour les entreprises abusant des CDD courts. Cette mesure, vieille revendication d'une partie de la gauche, vise à limiter le nombre de contrats précaires et à favoriser le CDI. Emmanuel Macron n'a pour l'instant pas donné de détail sur ce système de bonus/malus, mais il a déjà esquissé la contrepartie pour les entreprises : une baisse substantielle des charges (lire ci-dessous).

Pour aider les entreprises et les inciter à embaucher, Emmanuel Macron propose deux mesures clés : le remplacement du CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) par une série d'allègement de charges pérenne (baisse des cotisations sociales employeurs de 6 points et jusqu'à 10 points au niveau du SMIC) et la baisse de l'impôt sur les sociétés de 33,3 à 25 % pour rejoindre la moyenne européenne. Plusieurs mesures comme la suppression du Régime Social des Indépendants (RSI) ou un service d'information pour les TPE et PME sont aussi prévues.

Le programme d'Emmanuel Macron propose aussi de transformer le RSA et de revaloriser la prime d'activité. Pour Emmanuel Macron, "aujourd'hui, le lissage n'est pas bon : quand vous rentrez dans le travail avec un Smic à temps partiel ou un Smic et que vous étiez au RSA, vous n'avez pas la prime d'activité, vous n'êtes pas incité forcément à travailler" (France Inter le 1er février). Et d'ajouter : "On va l'augmenter, ce qui équivaut à environ 100 euros par mois pour quelqu'un qui est au SMIC, c'est une mesure de pouvoir d'achat". Le programme prévoit en effet noir sur blanc une hausse de la prime d'activité de 50%, mais aussi une revalorisation de 100 euros par mois de l'allocation adulte handicapé et du minimum vieillesse.

Programme de Macron sur les 35 heures

Emmanuel Macron propose, dans son programme, d'organiser "la vie économique et sociale au niveau de la branche et de l'entreprise". En d'autres termes, il s'agit de permettre un assouplissement des 35 heures par des "accords négociés majoritaires". Emmanuel Macron a toutefois expliqué le 1er février, à 81 jours de la date de la présidentielle, sur France Inter, qu'il souhaitait conserver la durée légale du travail à 35 heures, affirmant qu'il faudrait assouplir les règles "par accord de branche et accord d'entreprise". Et d'assurer qu'il n'y aurait "pas des contrats différenciés par l'âge".

Le but est néanmoins de permettre de travailler plus pour les jeunes, moins pour les plus âgés ? "Quand on est jeune, 35 heures, ce n'est pas assez, expliquait-il à L'Obs en novembre. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. Et puis, il y a un principe de réalité. Un entrepreneur raisonne ainsi : ce jeune n'est pas qualifié, je veux bien l'embaucher mais il va apprendre son job en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu'il effectue davantage d'heures", a-t-il justifié. Et à contrario, d'ajouter : "Il faut s'adapter aux individus. On peut ainsi imaginer que les branches professionnelles négocient une possibilité pour les salariés qui le souhaiteraient de travailler moins à partir de 50 ou 55 ans : 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ?"

Programme de Macron sur les fonctionnaires

Emmanuel Macron veut, dans son programme, créer 10 000 postes de policiers et gendarmes mais aussi 4 000 à 5 000 postes d'enseignants. Des chiffres qui le placent dans la droite ligne de la politique de François Hollande en matière de fonction publique puisqu'il s'agit, en quelque sorte, de sanctuariser deux secteurs - l'éducation et la sécurité - dans un plan de réduction global du nombre de fonctionnaires.

Car Emmanuel macron veut moins d'agents publics en 2020 qu'en 2017. Il l'a écrit noir sur blanc sur Twitter : "500 000 fonctionnaires vont partir à la retraite. Sur la fonction publique d'État et territoriale, 120 000 ne seront pas remplacés". "Je fixerai l'effort budgétaire en début de période, en définissant des priorités, et chaque ministre devra les décliner en rendant des comptes", a-t-il précisé dans Les Echos le 24 février. Sera quoi qu'il arrive exclue de la baisse des effectifs la fonction publique hospitalière. Emmanuel Macron a avancé le nombre de 70 000 fonctionnaires en moins dans les collectivités locales.

le programme de macron entend encourager le paiement "au mérite". "Les protections légitimes des fonctionnaires ne justifient pas d'avoir des droits exorbitants", a-t-il expliqué fin février sur BFM TV. Emmanuel Macron souhaite "donner plus de responsabilité sur le terrain", et faire en sorte que "celles et ceux sur les théâtres d'opération les plus durs soient mieux payés". 

Revenir à un jour de carence. La mesure avait été instaurée par la droite et abrogée en 2012 par François Hollande.

Programme de Macron en matière de fiscalité

Le programme d'Emmanuel Macron prévoit une exonération en trois ans de la taxe d'habitation pour 80 % des foyers. Une mesure forte pour redonner du pouvoir d'achat. Le coût global dela mesure est estimé à 10 milliards d'euros. 

Emmanuel Macron veut aussi réformer "en profondeur" l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en le transformant en "Impôt sur la fortune immobilière". Tout en luttant contre la "rente immobilière", le candidat veut en effet extraire de l'impôt "la part qui finance l'économie réelle", c'est à dire la possession d'actions ou d'entreprises. Le patrimoine financier et en actions ne sera plus assujetti.

Emmanuel Macron veut aussi transformer le CICE, pour le pérenniser et l'étendre "aux petites entreprises, indépendants et entreprises de l'économie sociale et solidaires". Il veut aussi supprimer "la totalité des charges au niveau du Smic". Il demande plus de souplesse, plus de marges de manoeuvre pour les entreprises, mais plus de rémunérations pour les salariés : Emmanuel Macron veut "diminuer l'écart entre le salaire brut et le salaire net en supprimant les cotisations maladie et les cotisations chômage".

La programme d'Emmanuel Macron vise une baisse de 20 milliards d'euros sur les prélèvements obligatoires sur les cinq années du mandat présidentiel.

Programme de Macron pour l'environnement et agriculture

Emmanuel Macron propose, dans son programme, de consacrer 15 milliards d'euros du plan d'investissement à la transition écologique. Cela passera par la rénovation d'un million de logements mal isolés ou une prime de 1000 euros pour l'achat d'un véhicule moins polluant, neuf ou d'occasion.
Pour une large partie, le programme sur l'environnement liste des objectifs plus que des mesures : réduction de moitié du nombre de jours de pic de pollution atmosphérique, grâce au remplacement des véhicules anciens, réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d'énergie, part de 50 % des aliments des cantines scolaires ou d'entreprises "bio, écologiques ou issus des circuits courts" en 2022...

Emmanuel Macron a déjà indiqué qu'il voulait organiser "un Grenelle de l'alimentation" au second semestre 2017 pour "réconcilier" les agriculteurs, les consommateurs et les acteurs de l'environnement. Il veut lancer "un programme d'investissement d'avenir agricole" de 5 milliards d'euros sur le quinquennat pour moderniser les exploitations françaises. il veut aussi généraliser "les associations de producteurs", quitte à assouplir les règles européennes relative à la libre concurrence.

Programme de Macron sur la santé

Aucun déremboursement de soins. Emmanuel Macron promet même un remboursement à 100% par la Sécurité sociale des maladies chroniques et des lunettes, mais aussi des prothèses auditives et dentaires.

Réforme de la vente des médicaments, avec notamment comme mesure phare l'achat à l'unité dans le but de lutter contre le gaspillage.

Programme de Macron sur l'Europe

Le candidat d'En marche souhaite renforcer les pouvoirs du Parlement de la zone euro en instaurant le vote par les eurodéputés d'un budget de la zone euro, pour "pouvoir investir beaucoup plus".

Dans son programme, Emmanuel Macron promet aussi de réserver l'accès aux marchés publics européens qui localisent au moins la moitié de leur production en Europe.

Création d'un "Fonds européen de défense" qui financera des équipements militaires communs (comme les drones européens) et un "Quartier Général européen" permanent.

Emmanuel Macron entends lutter contre les arrangements fiscaux entre Etats et entreprises multinationales, "comme celui entre Apple et l'Irlande".

Instauration d'un prix plancher du carbone dans les pays de l'Union européenne, pour créer "un marché unique de l'énergie".

Programme de Macron sur l'international

Le candidat d'En Marche! veut défendre les intérêts de la France sur le plan international en relançant une Europe ambitieuse, qui investit et qui protège, et dont la vitalité démocratique et le goût pour l'avenir seront retrouvés. Et en assurant une nouvelle politique en Afrique où la paix et l'esprit d'entreprise construiront le siècle qui commence. 

Programme de Macron : le pdf

Le leader de En Marche! a mis en ligne un document de 17 pages résumant son projet. Il assure dès le début que ce dernier a été "construit avec plus de 30 000 Françaises et Français de tous milieux sociaux, de tous âges, dans tous les territoires de France, au cours de 3000 ateliers de nos comités locaux. Ils ont enrichi le travail de plus de 500 experts qui ont donné de leur temps et de leur expérience". Voir le programme en version pdf sur cette page.

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