Gouvernement Fillon : Baroin comme futur Premier ministre ?

PREMIER MINISTRE FILLON - François Baroin sera-t-il le Premier ministre du gouvernement Fillon si ce dernier est élu ? Et qui d'autre pourrait composer son gouvernement ?

[Mis à jour le 21 avril 2017 à 16h54] L'INFO DU MOMENT - Dimanche, sur Radio J, François Fillon a précisé que s'il était élu président, il formerait une majorité qui va de Sens commun à François Baroin. Sens Commun est une jeune structure de l'UMP fondée en 2013 et forte de plus de 5 000 membres, un chiffre malgré tout très faible en comparaison des 268 000 adhérents que compte le parti d'opposition selon lui. Sens Commun a mis la question du mariage des couples homosexuels sur le tapis de la campagne et organisé le rassemblement filloniste du Trocadéro. Ce mouvement de Sens commun est d'ailleurs né dans le contexte des protestations anti-loi sur le mariage pour tous, qui fait partie de l'"ADN" du mouvement radical, comme le reconnaît Madeleine de Jessey, porte-parole de la structure de mouvance droite catholique traditionaliste. Cité par le Canard Enchaîné du 19 avril, Alain Juppé a d'ores et déjà prévenu qu'il ne "soutiendrai pas un gouvernement dont la ligne serait dictée par Sens commun", ajoutant "C'est simple, je serai dans l'opposition." D'autres membres de Les Républicains ont préféré dédiaboliser le mouvement, comme Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau ou François Baroin. 

A deux jours à peine du premier tour de la présidentielle 2017, François Fillon n'a pas dégringolé dans les sondages d'intention de vote, comme on aurait pu le croire après "les affaires". Il demeure en moyenne (voire les derniers sondages de la présidentielle) tout juste sous les 20% des suffrages estimés, voire à 20%, ce qui lui permet d'espérer un duel au second tour. Mais s'il y arrive, qui choisira-t-il à la tête de son gouvernement ? Lors du "grand" débat du 4 avril réunissant l'ensemble des onze candidats à la présidentielle, le député de Paris a expliqué : "Je veux un gouvernement resserré, paritaire, avec des ministres qui ont une feuille de route extrêmement précise et une vraie évaluation."

En vidéo - François Baroin : "François Fillon a une légitimité que personne d'autre n'a"

Le candidat malmené par les affaires dans cette campagne (l'"affaire Penelope" et les soupçons périphériques) avait été interrogé plus précisément sur le sujet le 3 avril, invité de BFMTV et RMC. Les journalistes lui avaient alors fait allusion aux rumeurs de la nomination de François Baroin par François Fillon s'il était élu président. François Fillon avait alors répondu : "Il m'apporte un soutien très important, il est un des Premiers ministres possibles". Selon le Parisien, le candidat de la droite à la présidentielle avait déjà estimé quelques semaines plus tôt que le sarkozyste François Baroin était "le mariage de l'idéal gaulliste et [de] l'enracinement local". Reste que le maire de Troyes et le député de Paris ne possèdent pas la même ligne politique...

Gouvernement Fillon : fillonistes historiques et prises de guerre

Le nom de Bruno Retailleau, héros de la droite qui a pris la région Pays-de-la-Loire à la gauche lors des régionales, en décembre dernier, circule également. Président du groupe Les Républicains au Sénat, aux positions très traditionnelles, il pourrait faire partie des nouveaux visages clés du gouvernement demain, si son mentor parvenait à reprendre l'avantage au moment du premier tour sur Marine Le Pen et Emmanuel Macron. "Ce n'est pas que ça ne m'intéresse pas, mais je suis président d'un groupe parlementaire, d'une région et ça suffit très largement à mon bonheur", a-t-il toutefois assuré à RTL au lendemain du second tour de la primaire de la droite. Le 13 avril, il a de nouveau affiché son soutien à François Fillon, convaincu selon ses dires de sa qualification au second tour et le mieux placé d'après lui pour "redresser le pays".

Côté Défense, Jean-Pierre Raffarin, façon "poids lourd qui rassure", est un candidat potentiel, qui a en outre défendu François Fillon au moment du "Penelopegate" ou affaire Penelope Fillon. Dixit le journaliste axé politique du journal Le Point Emmanuel Berretta, "Il ne fait plus aucun doute que Bruno Le Maire prendra en charge les Affaires étrangères" et ce dernier a semble-t-il imposé d'être assisté par Yves Jego, en secrétaire d'État chargé de la francophonie. A Bercy, Eric Woerth côté Finances / Economie et Gilles Carrez côté Budget se dessinent. A la Santé, c'est le juppéiste Jean Leonetti, expert de ce domaine, qui est pressenti. L'homme a d'ailleurs joué un rôle clé pour retravailler cette partie du programme de François Fillon.

Les impétrants ne manqueront donc pas pour le gouvernement Fillon 4 (ou 5, François Fillon ayant déjà formé plusieurs gouvernements avec Nicolas Sarkozy entre 2007 et 2012). Mais nous serions incomplets si nous de citions pas le fidèle Jérôme Chartier, député-maire de Domont, dans le Val-d'Oise, devenu de fait le porte-parole en chef de François Fillon ces dernières années. Un profil et un parcours qui font penser à celui d'un Stéphane le Foll, fidèle parmi les fidèles de François Hollande. Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône et incarnation des "conservatismes" reprochés à François Fillon, lui a sans doute permis de surclasser Nicolas Sarkozy dans ses fiefs du sud-est. Nul doute que cette très proche sera aussi de l'équipe.

D'autres femmes, comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Virginie Calmels, pourraient être intégrées au gouvernement, notamment pour satisfaire à l'instauration de parité promise par le candidat au sein de son gouvernement. Elles sont vraisemblablement notamment en lice pour la Culture ou encore l'"Economie numérique et l'Innovation". Les noms d'Isabelle Le Callenec et Caroline Cayeux circulent aussi, mais pas celui de Valérie Pécresse. L'UDI devra aussi être pris en compte, ce qui pourra notamment permettre à Jean-Christophe Lagarde, son président, d'occuper une place dans l'équipe gouvernementale.

Pour ce qui est d'une contribution ou non de la société civile, "il y aura des représentants de la société civile", a réaffirmé François Fillon au Point. "Je n'écarte personne dans cet état d'esprit." Henri de Castries, ex-patron d'Axa, fait partie des concernés. Côté postes hors-gouvernement, comme l'assemblée, la place est semble-t-il convoitée par Christian Jacob, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. Quant au secrétariat général de l'Elysée potentiel, "deux hommes sont en concurrence", précise le journaliste du Point Emmanuel Berretta : Patrick Stefanini et Jérôme Chartier (cité plus haut). "Des spéculations", selon François Fillon.

Gérard Larcher un temps pressenti

Dans son édition du 30 novembre dernier, le Canard Enchaîné désignait plutôt Gérard Larcher comme le mieux placé pour devenir Premier ministre, avec Henri de Castries, l'ancien patron d'Axa, pour prendre la tête du ministère de l'Economie. Bruno Retailleau était lui vu comme le grand favori pour prendre le ministère de l'Intérieur et Bruno Le Maire comme le potentiel prochain ministre des Affaires étrangères. Mais depuis, les cartes ont été rebattues par les affaires dévoilées sur l'entourage de François Fillon ("affaire Penelope Fillon", "affaire Charles et Marie Fillon"...) et les mises en examen.

La "galaxie Fillon", comme certains médias se plaisent à l'appeler, compte aussi et d'abord de nombreux parlementaires - 72 soutiens officiels au total à l'Assemblée et au Sénat, dont d'anciens ministres d'expérience. C'est le cas de l'ancien ministre de la Défense Gérard Longuet, sénateur de la Meuse, mais aussi d'Henri de Raincourt, sénateur de l'Yonne et ancien ministre des Relations avec le Parlement, des députés de Paris Bernard Debré, Jean-François Lamour et Pierre Lellouche, respectivement ancien ministre de la Coopération, ancien ministre des Sports et ancien ministre du Commerce extérieur (après avoir été aux Affaires européennes), du député des Français de l'étranger Thierry Mariani, ancien ministre des Transports, ou encore du député de Haute-Savoie et ancien président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer. D'autres élus, notamment de l'Ouest, comme Dominique de Legge ou Isabelle le Callennec, viennent compléter ces belles prises. Tout comme le très libéral Hervé Novelli, ancien député d'Indre-et-Loire et actuel maire de Richelieu, qui fut le secrétaire d'Etat du Commerce extérieur de François Fillon entre 2007 et 2010.

Article le plus lu : Macron - Le Pen : le grand comparatif : voir les actualités

Gouvernement / François Fillon

Annonces Google