Programme de Benoît Hamon : les mesures clés du candidat PS

Programme de Benoît Hamon : les mesures clés du candidat PS PROGRAMME HAMON - Que contient le projet de Benoît Hamon en dehors du revenu universel tant débattu pendant cette campagne présidentielle ? Synthèse des mesures du candidat socialiste...

[Mis à jour le 21 avril 2017 à 21h52] Benoît Hamon a dévoilé son programme pour la présidentielle à la mi-mars. Mais le candidat du Parti socialiste n'a pas surpris grand monde avec sa liste de mesures. La plupart faisaient en effet partie de son programme pour la primaire à gauche, quelques mois plus tôt, avec une mesure phare, ardemment débattue : le revenu universel. 

Cette mesure est restée l'épicentre du programme de Benoît Hamon. Un programme clairement ancré à gauche, avec une politique sociale décuplée, censée palier le basculement du monde du travail qui doit selon lui être désormais "choisi et non subi". Alors que propose exactement l'ancien ministre de l'Education ? Voici les points du programme de Benoît Hamon, intitulé "Pour un futur désirable, vouloir le progrès social, écologique et démocratique ".

Programme de Hamon sur le revenu universel

Il était le seul à considérer cette mesure comme la "grande nouvelle idée de la gauche", parmi les candidats à la primaire PS et a sans doute remporté le scrutin grâce à elle : Benoît Hamon souhaite instaurer un revenu universel d'existence pour des millions de Français en vue de pallier la raréfaction du travail. A l'origine, ce revenu universel, fixé à 750 euros, devait être versé à l'ensemble de la population pour "éradiquer la grande précarité et contribuer à définir un nouveau rapport au travail et au temps libre". Mais face aux vives critiques que la mesure a pu provoquer, y compris dans son propre camp, Benoît Hamon a revu la mesure dans son programme.

Le revenu universel est désormais présenté comme un revenu censé renforcer le pouvoir d'achat de 19 millions de Français : les bénéficiaires du RSA, les étudiants, les indépendants et les salariés percevant jusqu'à 1,9 Smic. Evalué à 45 milliards d'euros lors de la primaire, son coût est désormais estimé à 35 milliards d'euros pour sa première étape. Benoît Hamon veut réaffecter 10 milliards d'euros des crédits alloués au Crédit impôt compétitivité et emploi (CICE) et au Pacte de responsabilité. Il mettra aussi le déficit à contribution. En revanche, Benoît Hamon ne prévoit plus de financer sa mesure par une réforme de la fiscalité du patrimoine, en fusionnant l'ISF et la taxe foncière.

Programme économique de Benoît Hamon

Autre ligne forte du programme économique de Benoît Hamon, annoncée bien avant la présentation officielle du 16 mars 2017 : la volonté de faire peser l'économie sociale et solidaire à hauteur d'au moins 20% du PIB en 2025. Fort du soutien d'Arnaud Montebourg, Benoît Hamon a néanmoins décidé depuis de mettre l'accent sur le "made in France" cher à l'ancien ministre du Redressement productif. Dans les faits, cela se traduira d'abord par l'objectif de réserver 50 % des marchés publics aux PME françaises. Dans le Parisien, le candidat dit vouloir "stimuler le tissu économique social" par la commande publique. Mais il n'exclut pas également des "nationalisations temporaires" pour préserver l'emploi dans des entreprises en crise, comme le site Arcelor-Mittal de Florange ou Alstom… Il promet aussi la taxation des "super-profits" des banques, à hauteur de 5 milliards d'euros et permettre à la justice de poursuivre les fraudeurs fiscaux sans autorisation préalable du Fisc.

Parmi les mesures économiques très fortes, on note également la création d'une taxe "sur les robots intelligents", afin de "financer notre protection sociale". Cette fameuse "taxe sur les robots", qui inquiète également, a fait l'objet de quelques précisions dans le Parisien. D'abord l'objectif : il s'agit pour Hamon de "financer le retour à l'emploi des personnes qui ont été remplacées par des robots". Concrètement, la taxe servira "à financer un fonds de transition travail dédié à la formation au retour vers l'emploi des personnes [chômeurs - NDLR] dont le travail est désormais effectué par une machine intelligente". Dans l'accord conclu avec le PRG et Sylvia Pinel, très inquiète de l'impact de cette mesure sur les entreprises, Benoît Hamon précise qu'elle "ne concernera que les entreprises dont la robotisation s'accompagne d'une réduction des effectifs", selon l'AFP.

Programme de Benoît Hamon sur le travail et l'emploi

Pour le jeune Breton, c'est simple, il faut abroger et remplacer la Loi El Khomri, ce texte adopté par l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution, qui avait divisé la majorité à l'été 2016. Dans un nouveau texte, Benoît Hamon veut rétablir "la hiérarchie des normes afin que notre code du travail continue de prévaloir sur les accords négociés par les branches et les entreprises".

Mais la loi Travail n'est pas la seule réforme du quinquennat Hollande qui sera revue et corrigée en cas d'élection de Benoît Hamon. Dans le Parisien, il dit qu'il veut rallouer une partie du CICE, "car aujourd'hui il arrose parfois le sable". Le candidat regrette que le Crédit impôt compétitivité et emploi, permettant aux entreprises de réduire leurs charges, ait été accordé sans contrepartie en matière d'emplois. Dans son programme, 10 milliards d'euros sur 40 milliards seront redirigés "vers le financement des nouvelles politiques, comme le revenu universel (lire ci-dessus - NDLR) ou la recherche et l'innovation". Benoît Hamon entend s'inspirer du crédit d'impôts recherche, "très efficace en termes d'innovation et de création d'emplois" pour accentuer l'effort de recherche et développement.

Benoît Hamon tente surtout de se présenter comme "le candidat du pouvoir d'achat, de la feuille de paie". Il intègre ainsi à sa "stratégie pour l'emploi" une revalorisation du SMIC, la lutte contre "le salariat déguisé des entreprises ubérisées". Son programme s'articule clairement sur une grande mutation des conditions de travail qu'il appelle de ses voeux : instauration d'un "droit inconditionnel au temps partiel accompagné d'une compensation salariale", incitations financières pour les entreprises valorisant la réduction du temps de travail, reconnaissance du burnout comme maladie professionnelle, instauration d'un droit universel à la formation tout au long de la vie, 

Coté négociation, Benoît Hamon veut enfin accroître les pouvoirs des salariés dans les entreprises. Dans les grandes entreprises et des sociétés de taille intermédiaire, il veut que les salariés représentent la moitié des voix des conseils d'administration.

Programme de Hamon sur les fonctionnaires

Benoît Hamon a détaillé sa stratégie pour des services publics "forts, modernes et protecteurs" le 16 mars, estimant que leur affaiblissement "profite au Front national" : "Il n'y aura pas de nouveau big bang. Notre organisation doit être stabilisé" a-t-il dit. "Je renouerai avec l'esprit de la décentralisation avec un pacte de confiance avec les collectivités. Je consoliderai le maillage du réseau ferroviaire afin que tous les territoires soient desservis convenablement. J'inverserai la logique qui veuille qu'on réduise les effectifs des services fiscaux". Concrètement, Benoît Hamon promet "le droit à la présence, garantie par la loi, d'un panier de services publics à moins de 30 minutes" pour chaque "bassin de vie".

Le socialiste annonce par ailleurs le recrutement de 40 000 enseignants en cinq ans, 1 milliard d'euros d'investissement dans la recherche chaque année, avec à la clé "7500 emplois dans les universités et laboratoires".

Programme de Benoît Hamon sur la retraite

Le candidat de la primaire à gauche ne souhaite pas repousser l'âge de départ à la retraite. Il propose même de l'abaisser pour certains, puisqu'il considère qu'il faut prendre en compte la pénibilité dans le calcul des cotisations. Benoît Hamon souhaite par ailleurs intégrer dans le calcul le travail effectué dans le cadre d'une structure associative.

Le socialiste innove en promettant de laisser tout un chacun la possibilité de transférer des trimestres validés à son conjoint pour lui permettre de partir plus tôt à la retraite. Par ailleurs, Benoît Hamon s'engage à revaloriser le minimum vieillesse de 10% et l'allocation aux personnes âgées de 30%. 

Programme de Benoît Hamon sur l'environnement

Fort du soutien de Yannick Jadot, Benoît Hamon veut créer "un autre modèle de développement", autrement dit lancer une vaste transition énergétique. Parmi les mesures concrètes : sortie du nucléaire, 50% de la production énergique issue d'ici 2050 des énergies renouvelables, interdiction des perturbateurs endocriniens... Le jeune socialiste promettait aussi lors de la primaire de faire sortir la France du diesel à l'horizon 2025 en mettant d'abord fin à l'avantage fiscal qui lui est accordé. Il entendait financer la recherche pour l'autonomie des batteries pour voitures électriques ou encore créer un "bouclier énergétique" pour que les habitants les moins bien isolés dépensent au maximum 10% de leur revenu dans leur facture d'énergie.

Benoît Hamon propose aussi l'inscription dans la constitution des biens communs que sont l'air et l'eau. Une idée empruntée au démocrate américain Bernie Sanders, qui voulait lui aussi sanctuariser les biens communs (eau, air, terre et biodiversité) en inscrivant leur protection dans la Constitution. "Cela constituerait une base à partir de laquelle construire une fiscalité spécifique sur les entreprises qui exploitent, à titre privé, ces 'communs'", a-t-il précisé le 5 janvier à Libération. En faisant de la France la pionnière de la transition écologique, Benoît Hamon estime possible de "retrouver le chemin de la création d'emplois".

Programme de Benoît Hamon sur les institutions

"Je mettrai en place dès l'été 2017 une conférence pour une VIe République", assure le candidat socialiste. "Pour la mise en oeuvre des politiques sur la durée", Benoît Hamon vaut instaurer un septennat non renouvelable : "L'intérêt de ne pas avoir à se représenter permet de se consacrer intégralement à servir l'intérêt général", a-t-il expliqué au Parisien le 16 mars. Parmi ses propositions "pour un renforcement de la démocratie", on peut citer "le 49.3 citoyen", qui permettra à 1 % du corps électoral d'imposer au Parlement d'examiner une proposition de loi proposée par les citoyens, mais aussi de suspendre l'application d'une loi adoptée par le Parlement. Benoît Hamon souhaite également "l'organisation d'un référendum sur la reconnaissance du vote blanc", une loi anticoncentration des médias, le non-cumul des mandats, limités à 3 identiques dans le temps, le droit de vote des étrangers aux élections locales.

Programme de Benoît Hamon sur la santé

"La dignité est un droit primordial qui doit être garanti tout au long de la vie", écrit Benoît Hamon, qui souhaite créer le droit à une aide médicale pour mourir dans la dignité pour toutes les personnes atteintes d'une maladie incurable qui le demandent. Il compte par ailleurs interdire les perturbateurs endocriniens, retirer les autorisations de tous les pesticides dangereux et interdire l'importation de denrées "utilisant une substance interdite en France". L'ancien ministre veut aussi conditionner les subventions de la PAC "au respect de hautes exigences en la matière". Pour lutter contre les déserts médicaux, il entend créer "1500 maisons de santé".

"Je veux aussi mettre en place un crédit innovation sociale. Par exemple, les sociétés qui ont, les premières, imaginé de faire faire du sport aux personnes âgées pour éviter d'avoir à payer très cher les soins liés aux maladies chroniques ont permis de réduire considérablement les dépenses de la sécurité sociale. Il faut encourager ces progrès" a encore précisé Benoît Hamon le 16 mars.

Programme de Benoît Hamon sur le cannabis

Le candidat socialiste à la présidentielle 2017 entend également légaliser le cannabis et encadrer sa commercialisation. Il propose de consacrer "les 568 millions d'euros annuels utilisés pour la répression à des fins de prévention".

Programme de Benoît Hamon sur l'islam

Entre les deux tours de la primaire de la gauche, certains vallsistes ont souhaité mettre en parallèle la fermeté de Manuel Valls et les positions de Benoît Hamon sur l'islam. "On va mettre le doigt sur le laxisme de Hamon par rapport à l'islamisme" confiait durant la campagne un proche de l'ancien Premier ministre au journal Le Monde. Sur ce sujet, Hamon a un leitmotiv : "Arrêtons de faire de l'islam un problème de la République". Une sentence, répétée encore le 23 janvier sur France Inter, à partir de laquelle il regrette qu'il y a "une volonté de dire que l'islam est incompatible avec la République, ce qui n'est pas vrai". Reste que Benoît Hamon a semblé un temps relativiser les interdictions faites aux femmes, dans certaines banlieues de Paris et de Lyon, de rentrer dans des cafés, considérant que l'on évoquait ce sujet dans les médias pour stigmatiser l'islam. "Remettons des questions sociales avant de mettre des questions religieuses sur ces sujets-là (l'égalité hommes-femmes ndlr)", explicite-t-il.

Le candidat à la présidentielle souhaite "des accommodements qui, dans le respect de la laïcité et des principes de la République, permettront à l'islam en France de trouver une place semblable à celle des autres religions". Benoît Hamon a plusieurs fois déclaré par ailleurs (France Inter le 23 janvier) : "L'islam révolutionnaire et politique doit être considéré comme un adversaire de la République".

Programme de Benoît Hamon sur l'éducation

L'ancien ministre de l'Education nationale veut mettre en place un service public du soutien scolaire "pour donner à tous les chances de réussir à l'école", avec comme objectif d'inclure dans le temps scolaire des élèves "le travail personnel et les devoirs donnés à la maison". Il veut aussi rendre la scolarisation obligatoire à partir de trois ans. Il s'engage par ailleurs sur le recrutement de 40 000 enseignants, dont 20 000 dans le primaire, et à la création d'un "service public de la petite enfance" destiné à la garde d'enfants en cas d'horaires décalés. Parmi ses propositions, l'instauration d'un seuil de 25 élèves par classe en CP-CE1-CE2. Benoît Hamon compte aussi redessiner une nouvelle carte scolaire pour "mettre fin aux ghettos scolaires". Benoît Hamon souhaite par ailleurs verser une allocation familiale dès le premier enfant.

Programme de Benoît Hamon sur la sécurité

Le candidat veut 1000 créations de poste par an de policiers et de gendarmes. Il propose de rétablir "une véritable police de proximité", de renforcer les renseignement français et les compétences de l'ANSSI pour lutter contre la cyber-criminalité, sans donner de précisions. Benoît Hamon entend par ailleurs expérimenter, dans 5 départements, "la remise d'un récépissé lors des contrôles d'identité afin de mettre fin aux contrôles au faciès".

Programme de Benoît Hamon sur l'immigration

Benoît Hamon entend "créer un visa humanitaire" pour ouvrir "aux personnes en situation de détresse humanitaire une voie d'accès légale et sécurisée au territoire français, pour un accueil et une protection temporaire". En outre, figure dans son programme le rétablissement de l'aide au développement, "en fixant par la loi que ce budget ne peut être en deçà de 0,7 % du Revenu National Brut, comme au Royaume-Uni".

Programme de Benoît Hamon sur l'Europe

Le candidat du PS fait sienne la promesse de François Hollande d'infléchir considérablement l'exigence d'austérité de l'Union européenne - un cap qu'avait finalement non gardé l'actuel chef de l'Etat. Benoît Hamon veut un moratoire sur le pacte de stabilité jusqu'à l'adoption d'un nouvel accord, lancer un grand plan de 1000 milliards d'investissements, notamment pour la transition écologique. Il souhaite par ailleurs annuler la dette contractée par les pays de l'UE, une harmonisation fiscale en Europe (notamment créer un SMIC européen) et renforcer la lutte contre l'évasion fiscale. Le socialiste entend également réviser la directive travailleurs détachés. Retrouvez le programme de Benoît Hamon, dans son exhaustivité, sur cette page de son site Internet.

Présidentielles / Benoît Hamon

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