Revenu universel : quand, pour qui, combien ? Le point sur la promesse de Hamon

REVENU UNIVERSEL - La promesse d'un revenu universel d'existence a-t-elle été vidée de sa substance ? Benoît Hamon est revenu sur le dispositif, le conditionnant aux ressources.

[Mis à jour le 19 avril 2017 à 18h37] Le revenu universel d'existence, l'une des propositions phares du programme de Benoît Hamon, fait débat depuis des semaines. Fustigé à droite, mais aussi au sein du Parti socialiste, cette promesse de campagne de benoît Hamon fait pourtant partie des mesures sociales qui ont permis au député des Yvelines de s'imposer lors de la primaire en début d'année, séduisant un peuple de gauche en attente de nouvelles propositions fortes pour un "avenir désirable", selon les termes du candidat. Alors à quoi correspond ce revenu universel qui fait tant parler dans cette élection présidentielle ? Quand doit-il être mis en place selon le programme de Benoit Hamon ? Dans quel périmètre ? Qui seront ses premiers bénéficiaires ? Voici quelques réponses aux principales questions qui se posent sur la mesure.

EN VIDEO - Benoît Hamon a lancé une "caravane" pour défendre son revenu universel

Qui pourra toucher le revenu universel ?

"Je mettrai en place un revenu universel d'existence pour éradiquer la grande précarité et contribuer à définir un nouveau rapport de travail et au temps libre", expliquait le candidat à la présidentielle sur son site Internet lors de la primaire. A l'époque, le revenu universel devait concerner tous les Français, et se voulait une mesure de la taille des congés pays ou de la réduction du temps de travail.

Mais désormais, la première étape du revenu universel, telle qu'elle est présentée dans le programme de Benoît Hamon, serait réservée aux "travailleurs gagnant entre 0 et 2 800 euros brut". Benoît Hamon évoque un simple "soutien au pouvoir d'achat pour 19 millions de Français, salariés, agriculteurs, indépendants".

A combien s'élèvera le revenu universel ?

Certes, pour ne pas chambouler les finances publiques, la mesure devait s'appliquer progressivement dans sa première version dévoilée lors de la primaire de la gauche, avec une première étape mesurée (augmentation de 10% du RSA à partir de 2018, versement automatique à tous les ayants-droits, revenu d'existence étendu à tous les jeunes de 18-25 ans, sans conditions de ressource...). Mais le revenu universel devait bel et bien concerner plusieurs dizaines de millions de Français et s'élever à 750 euros.

L'instauration du revenu universel, dans la dernière version du programme de Benoît Hamon, est toujours échelonnée. Mais cette fois, le montant versé semble plus flou. Dans le Parisien, Benoît Hamon donne deux exemple : celui d'un pêcheur "qui, aujourd'hui, tire un demi-smic de son activité". Ce dernier "bénéficiera d'un complément de revenu de près de 400 euros". Une aide-soignante en Ehpad devrait obtenir le même montant. Par ailleurs, dans sa version initiale, mise en place au 1er janvier 2018, le revenu universel, qui devait remplacer l'ensemble des aides sociales, ne couvrira "que la prime d'activité et le RSA", comme l'indique Benoît Hamon lui-même dans le Parisien. "Toutes les autres aides sont maintenues".

Un simulateur pour calculer le montant de son revenu universel

Le candidat socialiste, sans doute conscient des critiques sur sa mesure phare, jugée trop technique ou transformée en augmentation du RSA, a mis en ligne un simulateur pour que tout un chacun puisse prendre la mesure du revenu qu'il toucherait en cas d'instauration du revenu universel de subsistance. Il suffit de rentrer le montant de ses revenus mensuels brut du travail et le montant des allocations perçues. Et c'est sur cette page que ça se passe.

Comment sera financé le revenu universel ?

"Il n'y aura aucun impôt pour le financer. Je ferai appel à des financements innovants comme une taxe sur les superprofits des banques", indique Benoît Hamon au sujet du revenu universel, toujours dans le Parisien. Exit donc, la grande réforme de la fiscalité annoncée à l'origine, avec notamment une fusion de l'ISF et de la taxe foncière pour taxer le patrimoine. "Je souhaite que les banques que nous avons collectivement aidées à survivre à la crise participent à la sortie de crise", poursuit Benoît Hamon. Le revenu universel sera donc financé par une nouvelle taxe. selon l'AFp il y a quelques jours, une réorientation des 10 milliards d'euros de crédits alloués au Crédit impôt compétitivité et emploi (CICE) et au Pacte de responsabilité est aussi prévue. Le coût restant du revenu universel sera financé par le déficit.

Mais c'est le coût d'ensemble de la mesure qui est aussi revu à la baisse. Estimé initialement à 300 voire à 400 milliards d'euros dans sa version définitive (un revenu universel pour tous), le coût de la première étape du revenu universel était chiffrée à 45 milliards d'euros par Benoît Hamon et ses équipes lors de la primaire. Désormais, le candidat évoque 35 milliards d'euros pour cette première étape. "Une première étape qui n'est pas un saut dans l'inconnu", insiste-t-il pour se débarrasser des critiques qui le taxe d'irréalisme.

Et après ?

Lors de la primaire, Benoît Hamon proposait une seconde étape pour son revenu universel. sCelle-ci consitait en l'organisation d'une "grande conférence citoyenne" chargée de fixer le montant, le financement, le calendrier et l'"articulation avec les autres allocations sociales" d'un revenu universe plus large encore. L'objectif final sétait de verser 750 euros par mois à l'ensemble de la population, quel que soit l'âge ou le revenu des bénéficiaires. Si l'on suit l'idée originelle, cette somme devrait s'ajouter aux autres aides sociales, à la retraite ou au salaire. Benoît Hamon n'excluait pas que le revenu universel inclue à terme certaines prestations telles que les allocations familiales ou les aides au logement. Alors que le programme de Benoît Hamon est présenté à la Maison de la Chimie ce jeudi matin, on saura très vite si cet échelon est maintenu ou non.

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