Nicolas Dupont-Aignan (DLF) soutient la campagne de Marine Le Pen

L'ancien candidat de Debout la France vient d'annoncer son soutien à Marine Le Pen pour le second tour de l'élection présidentielle. Les deux partis se sont mis d'accord sur un "accord de gouvernement".

[Mis à jour le 28 avril 2017 à 22h38] La rumeur courrait depuis plusieurs jours. Nicolas Dupont-Aignan a fini par annoncer son ralliement à Marine Le Pen pour le second tour de l'élection présidentielle qui aura lieu le 7 mai prochain. La candidate du Front national a donc été récompensée de tous ses appels qu'elle a lancés à l'ancien candidat de Debout la France depuis sa qualification pour le second tour de l'élection présidentielle. Pour rappel, le candidat de Debout la France, a obtenu 4,7% des suffrages au premier tour de la présidentielle, ce qui représente environ 1,7 million d'électeurs. Alors que Nicolas Dupont-Aignan était l'invité du JT de France 2 ce vendredi, il a appelé à voter pour la candidate frontiste. "Ce soir, j'annonce officiellement que je soutiens Mme Le Pen, je ferai même campagne avec elle sur un projet de gouvernement élargi", a-t-il affirmé. Il a justifié ce ralliement par la signature d'un "accord de gouvernement", avec Marine Le Pen. "L'intérêt de mon parti, c'est de faire ça. Je pense que la France est à la croisée des chemins. Je pense qu'Emmanuel Macron est un Hollande puissance 10 fabriqué par des intérêts financiers. (...) J'ai beaucoup réfléchi. Tous ceux qui ont échoué en France depuis 30 ans sont avec M. Macron. En face, il y a Mme Le Pen. J'ai dit que je ne pouvais pas appeler à voter, Mme Le Pen sans la voir et sans parler gouvernement. Voir si elle veut élargir sa majorité et faire évoluer son projet. Nous avons beaucoup discuté cette semaine. Nous avons signé un accord de gouvernement avec une évolution de son programme et des infléchissements. Car l'enjeu est de sauver la France", a-t-il poursuivi.
Interrogé sur de possibles contradictions avec sa propre ligne politique, Nicolas Dupont-Aignan a assuré ne pas voir de problème dans ce ralliement. "Je ne rejoins en rien l'extrême droite. Je suis gaulliste", a-t-il affirmé, ajoutant que Marine Le Pen n'était pas elle-même "d'extrême droite". "Cette nouvelle alliance offre un horizon totalement nouveau dans la vie politique française", a-t-il conclu.

Nicolas Dupont-Aignan Premier ministre ?

Que peut bien cacher cet "accord de gouvernement" ? Alors que Nicolas Dupont-Aignan a récolté 4,7% des suffrages lors du premier tour de l'élection présidentielle, les frais de sa campagne ne lui seront pas remboursés, puisqu'il faut obtenir au moins 5% des voix. Dès le lendemain des résultats, le candidat de Debout la France a lancé un appel aux dons pour "finir de payer" sa campagne alors que les comptes de son parti affichent un solde négatif de "300 000 euros". "Il nous manque 300 000 euros pour y parvenir, sans compter le fonctionnement normal de notre mouvement, que nous devons absolument assurer pour préparer nos échéances futures", a-t-il écrit dans un communiqué. Mais Nicolas Dupont-Aignan l'a affirmé, ce ralliement n'a rien avoir avec un arrangement financier. Il ne rejoint donc pas l'équipe de campagne de Marine Le Pen dans l'optique d'avoir une aide pour rembourser ses dettes de campagne. Il semblerait que l"accord de gouvernement" concerne exclusivement la politique.
Un peu plus tôt dans la journée, Marine Le Pen, qui s'était entretenue avec Nicolas Dupont-Aignan, a annoncé qu'elle donnerait le nom de son Premier ministre avant le second tour de la présidentielle. Coîcidence ou pas ? Nicolas Dupont-Aignan peut-il prétendre à ce poste tant convoité ? A-t-il réussi à négocier Matignon ? Réponse très rapidement... Enfin il semblerait plus certain que le patron de Debout la France est négocié des députés de son parti à l'Assemblée nationale. Le patron de Debout la France a de plus assuré que son parti présentera ses propres candidats aux législatives qui auront lieu en juin prochain. Et du côté du programme, Marine Le Pen se serait engagée à une évolution de son programme, avec des éclaircissements et des ajouts du programme de Nicolas Dupont-Aignan.

Programme de Nicolas Dupont-Aignan : les principales propositions

  • Maintenir l'âge minimum de départ à la retraite (62 ans) et la durée de cotisation aux niveaux actuels. 
  • Plafonner les aides aux personnes, toutes sources confondues. 
  • Augmenter l'ensemble des salaires net de 10%, tout en diminuant les charges salariales de 30% sur la durée du quinquennat.  
  • Payer les salaires tous les 15 jours, afin de réduire les risques de découvert bancaire.  
  • Rétablir le dispositif d'exonération des heures supplémentaires pour assouplir les 35 heures
  • Mettre en oeuvre le "travail universel", afin que chaque bénéficiaire d'aides sociales accomplisse un travail au service de la collectivité. 
  • Rétablir le contrôle aux frontières et recruter 10 000 policiers de l'air et des frontières. Réarmer les forces de l'ordre en recrutant 10 000 policiers sur le quinquennat, ainsi que 50 000 soldats, créer 40 000 places de prison supplémentaires, et faire passer le budget de la Défense à 2% du PIB. 
  • Voter chaque année au Parlement un plafond d'immigration correspondant aux capacités d'accueil de la France. 
  • Expulser tout étranger condamné pour un crime ou un délit passible d'emprisonnement, supprimer l'Aide médicale d'Etat (AME) et établir dans chaque département un dispensaire géré par l'Etat pour les étrangers illégaux. 
  • Rétablir un service national obligatoire de 3 mois. 
  • Abaisser la majorité pénale à 16 ans et réformer la législation des mineurs. 
  • Réintroduire l'apprentissage de la Marseillaise à l'école ainsi que le lever du drapeau tricolore une fois par an. 
  • Bannir tous les signes d'appartenance religieuse dans les universités comme à l'école, les hôpitaux et refuse toute forme d'accommodement. 
  • Quitter à nouveau le commandement intégré de l'Otan.
  • Dénoncer les traités européens et suspendre les dispositifs de type directive sur les travailleurs détachés ou Schengen, négocier un traité alternatif avec les autres Etats membres, le ratifier par référendum en cas de succès, ou quitter l'Union européenne en cas d'échec des négociations. 

Pour lire l'intégralité du programme du candidat de Debout La France, cliquez ici.

Lutte contre le terrorisme : isoler les individus jugés coupables sur les îles Kerguelen

Concernant la lutte contre le terrorisme, dont la menace pèse sur la présidentielle, comme en témoigne l'attentat mortel sur les Champs-Elysées perpétré jeudi 20 avril au nom de Daesh et l'arrestation mardi 18 avril de deux hommes soupçonnés d'avoir voulu préparer un attentat imminent contre les candidats de l'élection présidentielle 2017, Nicolas Dupont-Aignan estime que le gouvernement en place n'en a pas fait assez, et ce malgré la mise en place de l'Etat d'urgence. Pour remédier à ce qu'il considère comme un échec, le candidat de Debout la France à la présidentielle 2017 propose, entre autres, une "remise à niveau" des armées, un contrôle des frontières accru, la création d'une "Cour de sûreté de la nation" et surtout d'isoler les terroristes appréhendés des autres détenus en les envoyant en détention sur les îles Kerguelen, qui se situent au sud de l'océan Indien. 

"J'estime que dans notre pays qui n'a plus la peine de mort, un terroriste qui a commis des attentats ne peut pas être mis dans une prison normale et doit, sous contrôle judiciaire, être mis dans un territoire éloigné. J'ai proposé les Kerguelen parce qu'il y a des équipements là-bas pour les scientifiques. On pourrait tout à fait isoler des barbares", a déclaré Nicolas Dupont-Aignan le 19 avril sur RTL, ajoutant que "la République ne peut traiter quelqu'un qui a massacré des Français comme un autre délinquant". 

Macron, ce candidat concurrent que critique le plus Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat de Debout la France à la présidentielle 2017 a beaucoup accusé le leader du mouvement En Marche! Emmanuel Macron d'avoir un programme téléguidé par les banquiers et, plus généralement, par les milieux d'affaires. "Monsieur Macron est, dans cette campagne, le candidat des banquiers", a-t-il dénoncé avec véhémence, ajoutant qu'il avait la "volonté de voler la présidentielle aux Français en leur imposant une politique dictée par des intérêts financiers".  

Pour argumenter son accusation, Nicolas Dupont-Aignan a notamment cité, dans le programme d'Emmanuel Macron, la suppression de l'indemnisation chômage telle qu'elle est, la suppression de la durée légale du travail et l'augmentation de l'âge de départ à la retraite. Le candidat de Debout la France à la présidentielle 2017 a aussi estimé que les milieux d'affaires tels que ceux appartenant au groupe Bilderberg aidaient régulièrement le leader du mouvement En Marche! à faire la une des journaux, people ou non, grâce aux parts et à l'influence qu'ils détiennent au sein de ces derniers.

En vidéo - Dans notre émission, Nicolas Dupont-Aignan s'en est pris, il y a quelques semaines, à Emmanuel Macron :

Biographie de Nicolas Dupont-Aignan 

Le candidat le dit régulièrement dans ses supports de com' : c'est l'Histoire avec un grand "H" qui a façonné la personnalité du candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan. Tandis que son grand-père a été l'un des premiers aviateurs lors de la guerre 14-18, son père, chasseur-alpin, fut fait prisonnier et s'est évadé pendant la Seconde guerre mondiale. De là serait né son attachement - viscéral et précoce - aux intérêts de la France, qu'il dit aujourd'hui vouloir défendre à tout prix en créant son propre parti : Debout la France (DLF). Né à Paris le 7 mars 1961 et benjamin d'une fratrie de 3 enfants selon sa biographie, Nicolas Dupont-Aignan a été élevé dans une famille de la classe moyenne. A 56 ans, il est marié à Valérie Vecchierini, avocate de formation, qui renonce rapidement à sa carrière pour devenir son assistante parlementaire. De leur union naquirent deux filles : Victoire et Sixtine. 

Nicolas Dupont, de son vrai nom (on lui adjoint plus jeune le nom de sa mère, Colette Aignan, pour le distinguer d'un homonyme présent dans l'une de ses classes de primaire), est d'abord membre du RPR. Il intègre rapidement quelques cabinets : au ministère de l'Intérieur en 1988, puis celui de l'Éducation nationale en 1993, et celui de l'Environnement en 1994. Après un passage par le parti de Philippe de Villiers, le RPF, et par l'UMP, il crée Debout la République en 1999, qui deviendra Debout la France en octobre 2014. Il est maire d'Yerres depuis 1995 et député de l'Essonne depuis 1997, là-même où il passa une partie de son enfance. Le référendum de 2005 et sa campagne pour le "non" ont été l'occasion pour lui de se faire connaître du grand public. Il est le candidat officiel de Debout la République pour la présidentielle de 2012, à l'issue de laquelle il récolte 1,79% des suffrages. ll est réélu dans la 8e circonscription de l'Essonne dans la foulée. En 2015, il se lance une deuxième fois dans la course vers l'Élysée et obtient les 500 parrainages lui permettant d'être candidat, sous la bannière de son parti Debout la France.

Article le plus lu : Tariq Ramadan accusé de viol et de menaces : voir les actualités

Présidentielles / Marine Le Pen