Programme présidentielle : 4 points clés afin de savoir pour qui voter

Programme présidentielle : 4 points clés afin de savoir pour qui voter PROGRAMMES PRESIDENTIELLE 2017 - Que vous ayez déjà voté ou non ce dimanche, il n'est pas trop tard pour faire le point sur les programmes des candidats à l'élection présidentielle.

[Mis à jour le 23 avril 2017 à 17h44] Il est encore temps de faire votre choix parmi les 11 candidats à l'élection présidentielle. Cette année, les bureaux de vote ferment à 19h, voire même à 20h dans les grandes villes. Encore faut-il y voir clair parmi les programmes qui ont été ressassés depuis des mois par les médias et les politiques eux-mêmes lors des meetings et autres opérations séduction. Reste que les affaires ont souvent pris le pas au cours de la campagne pour l'élection présidentielle, brouillant le message des candidats.

L'indécision parmi les votants est d'ailleurs à son comble et des craintes planent quant au taux de participation au premier tour du scrutin de l'élection présidentielle. A 17h, les trois départements au plus fort taux de participation étaient l'Aveyron (77,89%), la Haute-Garonne (76,89%) et le Cantal (76,62%). A l'inverse, la Corse-du Sud (60,13%), les  Ardennes (60,61%) et la Seine-Saint-Denis (61%) sont les départements où les électeurs se sont le moins déplacés pour le moment.

Dans la dernière livraison de l'enquête Ispos Sopra-Steria pour le Cevipof et le Monde, datée du 19 avril, 72% des sondés disaient avoir l'intention d'aller voter. Le même sondage indiquait que 28% des autres pouvaient encore changer d'avis d'ici au premier tour. Alors comment s'y retrouver dans les programmes, parfois pléthoriques, des 11 candidats ? Nous avons tenté de résumer ce qui les différencie vraiment.

1- Economie : plus ou moins d'Etat ?

Moins d'Etat - Sur le plan économique, de vieux clivages perdurent entre libéraux et keynésiens voire interventionnistes. François Fillon s'affiche comme le plus libéral avec une remise en cause de la durée légale du travail et la simplification de 95% du code du travail. Il veut aussi 100 milliards d'économies dans le budget de l'Etat et supprimer 500 000 postes de fonctionnaires. Le programme d'Emmanuel Macron s'inscrit lui aussi dans cette catégorie avec, comme François Fillon, l'accent mis sur les baisses de charges des entreprises, la maîtrise des dépenses et la baisse du nombre de fonctionnaires, mais dans une moindre mesure.

Plus d'Etat - De l'autre côté du spectre, on trouve logiquement Jean-Luc Mélenchon, qui veut notamment mener une "révolution fiscale" et passer de 5 à 14 le nombre de tranches d'impôts sur le revenu. Benoît Hamon veut quant à lui réduire le temps de travail et propose que l'Etat puisse recourir à des nationalisations temporaires. Les deux candidats de la gauche, auxquels on peut sans doute ajouter Jacques Cheminade, veulent des plans d'investissements massifs de l'Etat dans l'économie, créer des postes de fonctionnaires, augmenter le Smic et donner plus d'argent aux démunis et aux précaires, avec comme symbole le revenu universel du socialiste.

Ni l'un, ni l'autre - Chez Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et les "petits" candidats, les programmes empruntent à la fois aux libéraux et aux interventionnistes. Dans son programme, Marine Le Pen par exemple propose à la fois des baisses de charges pour les entreprises et un protectionnisme pour l'industrie française, un maintien des 35 heures et un retour des heures supplémentaires défiscalisées, ce qui la rend difficile à classer...

2- Société : conservateurs ou progressistes ?

Conservateurs Sur les sujets de société, les candidats se répartissent selon une ligne de fracture entre les conservateurs et ceux qui affichent un profil plus "progressiste" sur un certain nombre de thèmes comme le mariage pour tous, l'avortement, la PMA ou encore la GPA. Dans la première catégorie, on trouve le programme de François Fillon, qui veut supprimer l'adoption plénière pour les couples de même sexe et se dit "personnellement" hostile à l'avortement. Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont aussi pris des positions semblables par le passé.

Progressistes - Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Philippe Poutou veulent tous les trois légaliser le cannabis, un marqueur sociétal pour les "progressistes". Ils veulent aussi donner plus de droit aux femmes dans l'accès à la procréation médicalement assistée et donner plus de droits aux couples homosexuels. Benoît Hamon se dit en outre pour une légalisation de l'euthanasie.

Ni l'un, ni l'autre - Entre les deux, Emmanuel Macron, Nathalie Arthaud, Jean-Lassalle, François Asselineau et Jacques Cheminade n'affichent pas de mesure ou de positionnement clé sur les sujets de société. Emmanuel Macron se dit néanmoins lui aussi pour l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. Mais il reste hostile à la légalisation du cannabis et à une nouvelle loi sur la fin de vie.

3- Europe : rester ou claquer la porte ?

Rester - L'Union européenne est un troisième axe très clair pour se positionner. Chez les europhiles, on compte Emmanuel Macron, qui a plusieurs fois défendu l'institution lors des débats de cette élection présidentielle et veut "un nouveau projet européen", avec une harmonisation sociale, un budget européen et un ministre de l'Economie. Plus sceptique, Benoit Hamon veut "réorienter l'Europe" pour mettre fin aux politiques d'austérité, mais reste un Européen convaincu. Il prône notamment un plan d'investissement européen de 1000 milliards d'euros. Philippe Poutou semble lui aussi favorable à l'UE, mais la rêve moins libérale, construite autour des travailleurs et sans frontière.

Claquer la porte - Marine Le Pen veut organiser, dans les 6 mois après son élection, un référendum pour permettre aux Français de se prononcer pour ou contre la sortie de l'Union européenne. En cas de maintien, elle n'exclut pas de démissionner. François Asselineau a axé l'essentiel de sa campagne autour du "Frexit", autrement dit de la sortie pure et simple de la France de l'UE. Jacques Cheminade veut aussi sortir de l'Union. Chez Nicolas Dupont-Aignan, on parle de "dénoncer" les traités et de redonner le pouvoir aux nations, tout en restant dans une forme "d'association d'Etats souverains".

Ni l'un, ni l'autre Dans son programme, Jean-Luc Mélenchon dit vouloir rester dans l'UE mais imposer une renégociation des traités et se dit prêt à une sortie unilatérale en cas d'échec. Fort de cet ultimatum, il veut aussi revoir le mécanisme de l'euro et s'affranchir des règles sur les déficits. François Fillon veut une France qui retrouve sa place prépondérante dans une Union européenne recentrée sur la zone euro. Jean Lassale veut lui aussi renégocier les traités. 

4- Politique internationale : avec ou sans Poutine ?

Avec Poutine De nombreux candidats se disent favorables à un rapprochement avec la Russie, en froid avec les pays occidentaux sur la question de l'Ukraine et de la Syrie notamment. Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon prônent la reprise de relations diplomatiques plus apaisées. François Fillon veut la levée de l'embargo européen imposé à la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine en 2014. Beaucoup de petits candidats affichent des positions similaires, Nicolas Dupont-Aignan étant favorable à un soutien pur et dur de Vladimir Poutine, Jacques Cheminade, François Asselineau et Jean Lassalle se montrant hostiles vis-à-vis des Etats-Unis.

Sans Poutine Seul Emmanuel Macron semble favorable à une forme de continuité de la politique internationale menée aujourd'hui. Le candidat de En Marche! veut maintenir les sanctions contre Moscou tant que les accords de Minsk ne sont pas respectés. Le camp d'Emmanuel Macron s'est dit victime pendant la campagne de cyber-attaques venues de Russie.

Ni l'un, ni l'autre Benoît Hamon, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud ont des positions plus nuancées. Le candidat socialiste souhaite une politique internationale "à égale distance" entre les Etats-Unis et la Russie. Les candidats du NPA et de LO ne mettent pas l'accent sur les relations internationales dans leurs programmes.

Présidentielles / François Asselineau

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