Programmes des législatives : que feront les élus à l'Assemblée ?

Les programmes des principaux partis aux élections législatives ont, pour certains, subi des changements radicaux depuis la présidentielle. Retour sur les points saillants...

[Mis à jour le 18 juin 2017 à 8h25] C'est la nouvelle logique instituée par le quinquennat : en faisant se suivre les élections présidentielle et législatives de quelques semaines tous les cinq ans, le législateur à lié deux élections qui donnaient lieu auparavant à des campagnes (et à des issues) parfois radicalement différentes. Désormais, les résultats des législatives sont intimement connectés à ceux de la présidentielle qui a précédé. Il en va de même des programmes, les partis proposant pour la plupart des projets de réforme valables à la fois pour l'élection suprême et celle qui suit, pour l'Assemblée nationale. Reste qu'entre un candidat à la présidentielle et des centaines de candidats aux législatives, plus ou moins tenus par le programme de leur parti, quelques ajustements sont parfois réalisés ou subis, c'est selon. Pour les élections législatives 2017, voici les programmes qui n'ont pas bougé et ceux qui ont changé.

Les programmes qui ne changent pas pour les législatives

Côté majorité présidentielle, c'est clair : le programme de La République en Marche est strictement le même que le programme d'Emmanuel Macron. Le vainqueur de la présidentielle a pris soin de faire signer à chacun des candidats qui le soutiennent l'engagement de respecter le projet que les Français ont choisi les 23 avril et 7 mai dernier. Dans les premiers mois du quinquennat, ces élus devront donc adopter la loi de moralisation de la vie publique présentée par François Bayrou il y a peu et surtout voter les autres réformes, notamment sociales, des prochains mois.

Chez Marine Le Pen, même principe : a priori, les 144 engagements présidentiels de la candidate sont toujours d'actualité dans le programme du Front national pour les élections législatives. Mais la question de la sortie ou non de l'euro, point de débat interne au FN, a été mis de côté et il semble que le FN parte en ordre dispersé pour cette campagne. Il n'y a donc pas de programme national pour ces législatives, ce qui laisse les candidats frontistes libres de mettre en avant telle ou telle thématique sur le terrain.

La France insoumise applique elle aussi la stratégie du programme unique. Le programme de Jean-Luc Mélenchon, intitulé "L'Avenir en Commun", visait d'entrée la présidentielle et les législatives d'un seul bloc, comme on peut le lire sur sa couverture (voir ici). Il suffit de regarder les affiches officielles du mouvement pour comprendre que les candidats (en tout petit sur l'affiche) seront en réalité des supplétifs de Jean-Luc Mélenchon (en très grand) dans l’hémicycle.

Les programmes qui changent pour les législatives

Il est pourtant de coutume pour un parti de modifier le programme de son candidat en vue des législatives, a fortiori s'il a perdu l'élection présidentielle. C'est à la fois courant et logique, comme le rappelle le journal Le Monde dans un décryptage : "les députés ne représentent pas le président de la République, mais une formation politique à l'Assemblée", écrit le quotidien, qui rappelle la séparation entre pouvoir exécutif et pouvoir législatif. Les deux partis historiques, les plus sévèrement battus il y a quelques semaines, ne se sont d'ailleurs pas privés pour revoir leurs copies.

Le programme des Républicains a ainsi fait disparaître des mesures clés proposées par François Fillon à la présidentielle tout en en ajoutant de nouvelles. Exit l'augmentation de deux points de TVA, très critiquée lors de la campagne présidentielle difficile de l'ancien Premier ministre. La loi Taubira ne sera pas revue comme promis par François Fillon. Dans d'autres domaines, l'encadrement des loyers ne sera pas supprimé et la réduction à 4 du nombre d'épreuves au bac saute elle aussi. LR a en revanche ajouté le rétablissement de la défiscalisation des heures supplémentaires, une baisse de l'impôt sur le revenu de 10%, la lutte contre les inégalités hommes-femmes en entreprise, l'interdiction du déficit de la Sécurité sociale et l'intégration des cliniques privées au système hospitalier.

Le programme du PS est lui aussi très différent de celui que Benoît Hamon défendait il y a quelques semaines. Sa principale mesure, le revenu universel, très polémique durant la primaire de la gauche comme durant la campagne, a disparu. Le PS lui préfère un revenu minimum de 800 euros par mois et un "capital jeune adulte" de 10 000 euros. Sont aussi supprimées la taxe sur les robots, la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle, la fin du diesel et la sortie du nucléaire, la PMA pour les femmes seules ou en couple… Exit également la VIe République, remplacée par une réforme de la Ve République, avec promesse de ne pas user des ordonnances et de limiter le nombre de mandats dans le temps. Une mesure qui s'éloigne du programme d'Emmanuel Macron et une autre qui s'en approche, tout comme la revalorisation de 50% de la prime d'activité ou l'ouverture de l'assurance chômage pour tous (y compris en cas de démission). A l'école, le PS se rapproche enfin de l'objectif macronien de 12 élèves par enseignant en zone sensible.

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