Manuel Valls : "le PS me quitte", l'ex-Premier ministre éjecté ?

MANUEL VALLS - Le Parti Socialiste, c'est fini pour l'ex-Premier ministre de François Hollande. Manuel Valls peut désormais le critiquer ouvertement, ce dont il ne se prive pas.

[Mis à jour le 27 juin 2017 à 11h43] Ce matin sur RTL, Manuel Valls a vertement critiqué le Parti Socialiste, qui a, selon lui, renoncé à "l'exercice de la responsabilité". "La gauche n'a pas assumé la social-démocratie, les réformes sur la sécurité, sur la loi Travail, n'a pas assumé ses positions sur la lutte contre le terrorisme", a déploré le député de la première circonscription de l'Essonne, qui est aussi revenu sur ses propres positions à propos de la laïcité. "De compromis en compromission avec l'islam, (la gauche) s'est perdue (...) On ouvre la porte à des personnes dangereuses pour la République", s'est alarmé l'ex-Premier ministre de François Hollande. Pour toutes ces raisons (et surement plus encore), sa décision est prise : il quitte le Parti socialiste. 

Manuel Valls est arrivé au bout, ou "à bout". Il y a eu une défaite cinglante à la primaire de la gauche en janvier, qui plus est face à un ancien frondeur, Benoît Hamon, incarnant une ligne politique radicalement opposée à la sienne. S'en est suivi une présidentielle compliquée, lors de laquelle il a préféré soutenir Emmanuel Macron dès le premier tour, quitte à être conspué par une large partie de son camp. Puis vinrent des législatives délétères, lors desquelles il n'a pas réussi à obtenir l'investiture d'En Marche! et a fait campagne sans l'étiquette du PS. Le tout couronné par une victoire étriquée dans son fief d'Evry avec une contestation virulente de son adversaire de la France insoumise... Manuel Valls a vécu une séquence des plus difficiles ces derniers mois et il annonce ce mardi 27 juin qu'il a décidé de quitter le Parti socialiste, après des décennies d'engagement, lui qui a commencé aux côtés de Michel Rocard dans les années 1980.

"Une partie de ma vie politique s'achève", a indiqué l'ancien Premier ministre qui avait déjà, par le passé, appelé à la fin du parti ou à un changement de son nom. "Je quitte le Parti socialiste, ou le Parti socialiste me quitte", s'est expliqué Manuel Valls, comme si la décision n'était pas réellement venue de lui. Lâché par la quasi-totalité des membres de son parti après avoir rompu le pacte de la primaire,  Manuel Valls n'avait sans doute guère le choix et son annonce était attendue depuis plusieurs jours déjà.

Manuel Valls "apparenté" LREM

Manuel Valls avait d'ailleurs exclu de lui même siéger au sein d'un groupe socialiste opposé à Emmanuel Macron. Sur RTL ce matin il indiquait "souhaite[r] être clairement dans la majorité", ajoutant que son positionnement dans la nouvelle Assemblée nationale allait "se décanter dans la journée". "Je ne siégerai pas dans un groupe où il y aurait des ambiguïtés, où on ne voterait pas la confiance au gouvernement. Moi je voterai la confiance au gouvernement le 4 juillet prochain", avait-il affirmé pour justifier son départ du groupe PS.

Alors que l'entrée dans le groupe parlementaire de La République en Marche était évoquée, comme la possibilité de siéger dans aux côtés des élus de la gauche "constructive" (notamment la présidente du PRG Sylvia Pinel ou le député DVG Olivier Falorni), Manuel Valls devrait finalement rester sans étiquette, mais sera "apparenté" au groupe LREM. Hier, à l'issue d'une réunion du groupe socialiste dissident en pleine constitution, le député écologiste des Bouches-du-Rhône François-Michel Lambert avait annoncé que Manuel Valls ne ferait pas partie du groupe.

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