François Bayrou : nouvelles accusations, l'étau se resserre sur le MoDem

DEMISSION BAYROU - Un assistant parlementaire accuse le président du MoDem de mensonges. Un témoignage accablant selon lequel un système d'emplois fictifs aurait été élaboré pour "servir les ambitions de François Bayrou".

François Bayrou et les assistants parlementaires : l'essentiel

  • François Bayrou et Marielle de Sarnez ont démissionné du gouvernement. Le président du MoDem a été contraint de quitter l'exécutif, face aux soupçons persistants sur les emplois présumés fictifs de salariés du MoDem au Parlement européen.
  • Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "abus de confiance et recel de ce délit" le 9 juin. La Justice s'interroge sur la possibilité que le MoDem ait engagé des salariés du parti de François Bayrou comme attachés parlementaires à mi-temps, alors qu'ils travaillaient en réalité uniquement pour le MoDem.
  • De nouvelles révélations ont été dévoilées ce vendredi, mais aussi cette semaine, avec des témoignages à charge d'ancien assistants parlementaires. Ces dernier assurent que les budgets des assistants parlementaires servaient à financer le fonctionnement du parti dans une période difficile, à partir de 2009.
  • François Bayrou a admis avoir "recasé" des salariés à Bruxelles. "Dans une période de mauvaise passe, vous cherchez à recaser un maximum de salariés, des gens de confiance", a-t-il indiqué au journal Sud-Ouest.

En direct - Dernières infos sur François Bayrou

23/06/17 -  09:19 - "François Bayrou ment" dit un ancien assistant parlementaire

France Info dévoile ce matin un témoignage très embarrassant pour le président du MoDem. Selon un ancien parlementaire européen, qui a travaillé 5 ans à Bruxelles -et qui reste anonyme-, "les budgets des assistants parlementaires servaient à financer le fonctionnement du parti politique, au moins en partie. Les temps partiels qui étaient financés par l'Europe servaient les ambitions de François Bayrou". Et lorsqu'on  lui demande si le président du MoDem ment lorsqu'il dit que "les emplois fictifs n'ont jamais existé", il répond :"Oui, il ment". Cet assistant parlementaire assure même que le MoDem a mis en place un système d'emplois fictifs bien élaboré. "Les parlementaires, conscients du risque juridique, réclamaient avec beaucoup de difficultés que l'assistant, de temps en temps, se manifeste, transmette une note sommaire sur un sujet ou une petite revue de presse, qui permettrait d'apporter une preuve qu'un travail a bien été effectué, au cas où il y aurait des contrôles", dit-il.

23/06/17 -  09:01 - François Bayrou reconnait avoir "recasé" des salariés du MoDem

Dans une interview à Sud Ouest, le maire de Pau est revenu sur les accusations portés sur le MoDem. Le Monde affirme notamment que son parti politique a utilisé l'argent versé par le Parlement européen comme "financement d'urgence". Il répond : "Où est l’irrégularité là-dedans ? Dans une période de mauvaise passe comme toutes les formations politiques en ont connu, vous cherchez à recaser un maximum de salariés, des gens de confiance. Il se trouve que les parlementaires européens recherchaient des assistants locaux. On leur a recommandé ces gens-là. Les deux parties étaient bien contentes". L'ancien ministre de la Justice va plus loin : "L'emploi au Modem a été normal, régulier et légal. J’ajoute moral. Je ne comprends pas qu’on puisse faire des romans avec quelque chose de bon sens". Et d'ajouter : "Je pense que tout cela ne vient pas par hasard. Un certain nombre de forces, de puissances qui détestent l’idée d’une loi sur la moralisation de la vie publique agissent".

21/06/17 -  17:13 - François Bayrou dénonce des "calomnies"

"Le ministère de la justice dont j’avais la charge était passionnant. J’ai porté une loi à laquelle je tenais beaucoup dont l’objet était de donner à la vie publique des règles sûres pour la moraliser dans tous les secteurs nécessaires. [...] Une campagne de calomnies s'est développée. [...] Nous n’avons jamais eu d’emplois fictifs et ce sera aisé à prouver. Pour le prouver, j’ai une absolue confiance en la justice. Mon nom n’a jamais été cité dans cette enquête, et pour cause. Mais je n’ai aucun doute que j’étais de ces dénonciations la véritable cible de ces accusations calomnieuse, dans le but de décrédibiliser la personne qui portait la loi. Il y un certain nombre de forces pour qui ce serait un obstacle".

21/06/17 -  17:13 - François Bayrou prend la parole

"Mesdames, messieurs, je vous remercie d'être venu malgré la rigueur du climat. [...] pour que je puisse vous expliquer ce qui a motivé ma décision de quitter le ministère"...

21/06/17 -  16:00 - Emmanuel Macron : un acte d'autorité à double tranchant

Tout s'est décidé très rapidement pour le ministre de la Justice. Hier encore, rapporte Le Monde, le Garde des Sceaux écartait tout scénario pouvant le conduire à la démission. "Quelle pression ? Est-ce que j’ai l’air d’être sous pression ? J’ai vu trois fois le président de la République depuis les législatives. C’est lui qui forme le gouvernement et je sais les relations que j’ai avec lui", disait-il. Mais le chef de l'Etat pouvait-il vraiment garder François Bayrou dans l'équipe ministérielle, avec des prérogatives si larges et la mission de faire voter la loi de moralisation de la vie publique ? Manifestement, le maire de Pau a entendu les arguments du président : la démission de Sylvie Goulard a créé une situation inédite, redoutée par l'Elysée et par Matignon. L'opinion publique était sensibilisé à l'argumentaire de la ministre des Armées, qui a évoqué le poids des affaires comme une forme d'impératif catégorique la poussant à la démission. Emmanuel Macron a donc fait preuve d'une autorité qui lui servira : il évite que le poison du soupçon ne s'immisce au sein de son gouvernement, et celui-ci aurait pu laisser des marques indélébiles ; les Français retiendront qu'il est prêt à sacrifier ses plus proches partenaires s'il l'estime nécessaire. Mais le président ne fera pas l'économie d'une crispation, voire d'une crise avec le MoDem. Autre revers de la médaille : d'une certaine manière, Emmanuel Macron a affaibli les conditions et la stabilité de la gouvernance. En limogeant un ministre sur un faisceau d'accusations, il crée une forme de jurisprudence : tout responsable politique soupçonné de fait illégal ou immoral devra rendre des comptes politiques. A la présomption d'innocence prévaudra désormais une forme de présomption de culpabilité, susceptible de fragiliser l'exercice du pouvoir.

21/06/17 -  11:35 - François Bayrou poussé vers la sortie.. à cause du départ de Sylvie Goulard

Le Garde des Sceaux démissionnaire, jusqu'à ce matin, martelait à l'envi qu'il ne quitterait pas le gouvernement, rappelant la consigne du Premier ministre qui fixait comme ligne rouge une mise en examen dans l'affaire des salariés du MoDem soupçonnés d'avoir reçu indûment de l'argent du Parlement européen. François Bayrou a donc été "poussé" à la démission. Et le ministre de la Justice doit son débarquement de l'équipe gouvernementale à une décision prise, non pas par le président ou par le Premier ministre, mais par Sylvie Goulard. Le Canard Enchaîné rapporte que la ministre des Armées était tout à fait consciente des conséquences de ce geste. Devant les membres de son cabinet, hier matin, elle n'aurait pas caché qu'Emmanuel Macron et Edouard Philippe avaient "tout fait pour la retenir". "Ils m'ont expliqué que partir ainsi allait fragiliser François Bayrou et Marielle de Sarnez, et tout le gouvernement". Emmanuel Macron aurait donc préféré garder le maire de Pau dans l'exécutif, mais les raisons invoquées par Sylvie Goulard pour justifier sa démission rendaient la position de son garde des Sceaux intenable.

21/06/17 -  08:29 - Marielle de Sarnez démissionne

La ministre des Affaires européennes quitte elle-aussi le gouvernement, indique l'Agence France Presse. Elle annonce qu'elle prendra la tête du groupe parlementaire MoDem à l'Assemblée nationale. Elle devra pour cela être élu par les députés de sa formation politique.

21/06/17 -  08:27 - François Bayrou démissionne

Le ministre de la Justice a annoncé ce matin à l'Agence France Presse qu'il quittait le gouvernement. La pression était donc trop forte depuis le départ du gouvernement de Sylvie Goulard, l'ex-ministre des Armées.

20/06/17 -  17:01 - Les Républicains demandent la démission de François Bayrou et de Marielle de Sarnez

Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains a publié un communiqué pour réagir au départ de Sylvie Goulard du gouvernement. "Par cette démission, Sylvie Goulard, qui entend pouvoir ainsi répondre "librement" à l'enquête judiciaire visant son parti, fait acte de responsabilité en se retirant d’un gouvernement qui perd chaque jour un peu plus de sa crédibilité dans sa tentative de restauration de l’exemplarité de la vie démocratique. Cette décision, prise par la seule volonté de Mme Goulard, induit un manque d’autorité de la part du duo exécutif. Car si le Premier ministre et le Président de la République soutiennent ce choix, comme ils l’ont indiqué, pourquoi ne pas avoir pris les devants en la destituant puisque tel est leur rôle ? En toute logique, nous demandons solennellement au Premier Ministre de prendre ses responsabilités en exigeant les démissions de François Bayrou, qui est de plus ministre de la Justice, et de Marielle De Sarnez impliqués au même titre dans cette affaire". "Cette décision, prise par la seule volonté de Mme Goulard, induit un manque d'autorité de la part du duo exécutif", estime également Bernard Accoyer.

20/06/17 -  15:30 - Des proches de Macron pressent le président à se séparer de Bayrou

François Bayrou quittera-t-il le gouvernement ? Selon le journaliste du Monde Cédric Pietralunga, l'entourage d'Emmanuel Macron font pression sur lui "pour pousser François Bayrou à partir", malgré le soutien public du Premier ministre. La situation du Garde des sceaux est extrêmement précaire, il est d'ailleurs probables que si ces "pressions" fuitent dans la presse, elles ont - aussi - pour objectif d'affaiblir politiquement le maire de Pau...

14/06/17 -  09:33 - François Bayrou sur les soupçons d'emplois fictifs : "Ça n'a jamais existé"

Invité ce matin sur RTL, le garde des Sceaux a répondu aux questions des journalistes sur les soupçons qui pèsent sur le Modem et sur les nouvelles révélations du Canard Enchaîné. Lorsqu'on lui demande si de l'argent du Parlement européen a servi à rémunérer des salariés de son parti, il a répondu : "En aucune manière, ça n’a jamais existé". "Il y a eu des collaborateurs qui étaient à mi-temps, à temps partiel, assistants avec des parlementaires européens et qui pour l'autre mi-temps avaient des responsabilités au sein de notre organisation" a-t-il argumenté avant de d'interroger à son tour les journalistes : "Qu'est ce qu'il y a de plus légal, de plus normal et de plus moral que d'avoir mi-temps pour un élu et mi-temps pour un mouvement ?".

13/06/17 -  18:50 - Nouvelles révélations du Canard Enchaîné sur le MoDem et l'ex-collaboratrice personnelle de François Bayrou

Dans son édition de mercredi, l'hebdomadaire indique que l'homme qui a envoyé un courrier au palais de Justice de Paris pour indiquer qu'il avait été payé par l'UE pour un travail d'assistant parlementaire, alors qu'il travaillait pour le MoDem, s'appelle Matthieu Lamarre. Il s'agit en effet d'un membre du cabinet d'Anne Hidalgo. Le Canard Enchaîné pointe par ailleurs "le cas Karine Aouadj", la secrétaire particulière de François Bayrou pendant des années. Selon l'hebdomadaire, son contrat de travail aurait été modifié en 2010 pour faire d'elle, à temps partiel, l'assistante parlementaire locale de Marielle de Sarnez, élue eurodéputée. "La moitié d'abord, puis deux tiers de son salaire sont ainsi réglés avec l'oseille du Parlement européen, l'autre tiers restant à la charge du MoDem", écrit le journal, qui émet de sérieux doutes sur la réalité du temps passé au service de la parlementaire européenne. Un membre de son entourage confie ainsi au Canard : "Elle était la collaboratrice personnelle de François Bayrou. [...] Elle s'occupait de son agenda et, de temps en temps aussi, de celui de Marielle de Sarnez. Il lui arrivait de prendre des billets d'avion et de train. Mais elle n'a jamais travaillé pour l'Europe".

13/06/17 -  15:54 - François Bayrou répond sèchement au Premier ministre

En marge d'un déplacement à Lens ce mardi pour soutenir des candidats aux législatives, le ministre de la Justice a accepté de répondre aux journalistes sur les propos d'Edouard Philippe. "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, à des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai", a-t-il fait savoir.

13/06/17 -  15:48 - Le Premier ministre recadre François Bayrou

"Je comprends parfaitement que l'homme François Bayrou ait été agacé peut-être par la façon dont les questions étaient posées, avec beaucoup de pression probablement, sur des gens qui ne s'y attendaient pas", a réagi Edouard Philippe ce matin sur France Info, formulant cette consigne explicite : "Il se trouve que, quand on est ministre, on n'est plus simplement un homme animé par ses passions ou sa mauvaise humeur, ou par son indignation".

09/06/17 -  20:38 - Selon Médiapart, François Bayrou aurait "fait pression sur Radio France"

Le nouveau garde des Sceaux aurait contacté le responsable de la cellule investigation de Radio France mercredi 7 juin. Usant de termes jugés "menaçants" par Mediapart qui rapporte l'information, François Bayrou se serait plaint d'une enquête en cours portant sur des soupçons d'emplois fictifs dont auraient bénéficié certains salariés du MoDem au Parlement européen. "Des gens de chez vous sont en train de téléphoner à des salariés du MoDem, de les harceler de manière inquisitrice, et de jeter le soupçon sur leur probité. C’est inacceptable. Avec mes avocats, nous sommes en train d’étudier d’éventuelles plaintes pour harcèlement", aurait entre autres lancé le ministre de la Justice. De son côté, s'il confirme le coup de téléphone, François Bayrou tente de dédramatiser la situation : "Ce n’est pas le ministre de la Justice ni le président du MoDem qui a appelé, c’est le citoyen."

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Justice / Modem

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