Jean-Marie Le Pen : une mort politique signée Marine Le Pen

VIDEO - Jean-Marie Le Pen est resté devant les grilles fermées du siège du FN à Nanterre, où se tenait ce matin un bureau politique. Marine Le Pen a voulu par ce symbole signer sa mort politique. Visiblement affaibli à 89 ans, il a demandé sa démission...

[Mis à jour le 20 juin 2017 à 14h06] Il se tenait à une canne, sur le dos d'un collaborateur puis s'est agrippé à la grille du FN à Nanterre... A 89 ans, Jean-Marie Le Pen s'est montré affaibli ce matin, quand il s'est présenté au siège du parti où se déroulait une réunion du bureau politique frontiste. Exclu du FN en août 2015, mais rétabli comme président d'honneur du parti par décision de justice, il s'est vu refuser l'accès à ce bureau. La grille du "Carré", le siège du parti d'extrême droite, était bloquée par une chaîne pour empêcher l'accès au cofondateur du Front national en 1972, a constaté une journaliste de l'AFP. Une "voie de fait" selon lui. La confirmation, surtout, que Marine Le Pen veut la mort politique de son père, un caillou qui reste désespérément dans sa chaussure et s'est manifesté à plusieurs reprises pendant les campagnes présidentielle et législatives. Jean-Marie Le Pen a plusieurs fois critiqué la ligne de la candidate du FN, la stratégie du FN aux législatives où  il présentait ici et là des candidats sous le nom de son mouvement,  "L'Union des patriotes". 156 candidats, provenant de différents mouvements tels que le Parti de la France de Carl Lang, le Siel de Karim Ouchikh et les Comités Jeanne.

Accompagné d'un huissier ce mardi matin, Jean-Marie Le Pen lui a demandé "de prendre acte du fait que les entrées du local où doit se tenir le bureau politique sont condamnées par des chaînes". Jean-Marie Le Pen a souligné dans un sourire nerveux qu'il avait "passé l'âge de sauter les barrières..." Devant les journalistes présents au siège du FN, Jean-Marie Le Pen a rappelé qu'il n'était "pas convoqué" mais qu'il était "membre de droit" du bureau du FN "pour des raisons statutaires et qui ont été confirmées solennellement par différentes instances judiciaires".

Jean-Martie Le Pen, "un adversaire politique" pour sa fille

Jean-Marie Le Pen a aussi pointé les six membres de ce bureau politique, dont Marine Le Pen elle-même qui selon lui n'auraient pas "la reconnaissance du ventre". "Si je n'avais pas prêté neuf millions d'euros au FN, non seulement il n'aurait pas pu participer aux élections législatives mais même pas aux élections présidentielles", s'est-il expliqué. "C'est par cette délicatesse du coeur particulière que Marine Le Pen a tenu à me faire un cadeau le jour de mon anniversaire." Après les "échecs" des deux scrutins qui viennent de se dérouler, Jean-Marie Le Pen estime que "la règle démocratique et républicaine" serait pour le bureau exécutif de  "démissionner". Interrogé sur la nécessité d'une démission aussi de Marine Le Pen, à la tête de ce bureau exécutif, il a répondu : "A mon avis oui".

Dans les colonnes du JDD ce dimanche, Marine Le Pen, interrogée sur le happening annoncé de son père, avait déjà répondu qu'il ne "rentrera[it] pas" au siège du FN. "Je préfère payer des amendes que de l'avoir assis en face de moi", a renchérit la patronne du Front national. Pour elle, Jean-Marie Le Pen est devenu "un adversaire politique. Il a présenté des candidats contre nous aux élections". Des deux côtés, le crime était donc prémédité. Reste à savoir qui du père ou de la fille va sortir vainqueur de ce drôle de duel à mort.

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Jean-Marie le Pen / Marine Le Pen