Clémentine Autain : "Oui, on peut être en désaccord avec Mélenchon"

Clémentine Autain : "Oui, on peut être en désaccord avec Mélenchon" Les insoumis seront-ils liés à une stricte discipline de groupe ? La députée Clémentine Autain a expliqué dans .pol qu'elle comptait garder sa "liberté".

Jean-Luc Mélenchon l'a bien affirmé au soir du second tour des législatives : le groupe parlementaire de la France Insoumise sera "cohérent et discipliné". Le nouveau député de Marseille a même préparé une "charte" pour s'assurer que les élus de son parti voteront bien selon la ligne fixée par la direction. "Il a à coeur d'avoir une cohérence entre le projet politique qu'on défend et ce que les députés vont voter", justifie Clémentine Autain, invitée de jeudi de .pol, l'émission de Linternaute.com, avec le JDD, le Huffington Post et le Lab Europe 1. Mais elle a précisé qu'elle prenait du recul avec la discipline de groupe : "Si je n'ai pas signé cette charte, c'est que je pense qu'un député vote en conscience, il a des comptes à rendre avec la formation politique à laquelle il se rattache, mais aussi à ses électeurs et à ses électrices". Est-ce à dire que les députés insoumis pourront exprimer leurs divergences avec leur leader ? "Oui, on peut être en désaccord avec Jean-Luc Mélenchon, on peut avoir des nuances, des désaccords, mais il faut que le socle commun sur des grands axes forts soit cohérent et que les députés donnent une visibilité à ce qui les soude", répond l'élue de Seine-Saint-Denis. (Voir l'extrait en tête de cet article).

Interrogée sur les raisons qui ont conduit la France Insoumise et le Parti communiste à faire groupes séparés à l'Assemblée, elle renvoie la responsabilité aux élus PCF : "Demandez aux élus communistes qui ont décidé de se constituer en groupe autonome.  [...] Moi, je souhaitais qu'il y ait un groupe commun". [...] La discussion a été rendue close par les députés communistes".

Mélenchon et le drapeau européen, "un geste d'humeur"

Les premiers pas de Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée ont été très remarqués, très commentés. Après s'être affiché poings levés devant le Palais Bourbon, il est entré dans l'Hémicycle et s'est étonné de la présence du drapeau de l'Union Européenne. "Franchement, on est obligé de supporter ça ? Attends, c'est la République française ici, ce n'est pas la Vierge Marie. Je ne comprends pas", s'est-il écrié devant les caméras.... "Un geste d'humeur", tente de le défendre Clémentine Autain : "C'est une manière pour lui de pointer cette relation avec l'Union européenne qui ne peut pas continuer dans l'état. Il y a un problème de souveraineté qui est posé clairement. Nous sommes dans un cadre d'affrontement avec ce qu'est actuellement l'Union européenne. [...] Que Jean-Luc Mélenchon fasse un geste de mauvaise humeur à l'égard de l'Union européenne, bon... Je partage cette mauvaise humeur".

L'extrait en vidéo

Polémique Villani : Mélenchon "meurtri"

Autre petite phrase qui a fait couler beaucoup d'encre, les propos du leader de la France Insoumise sur Cédric Villani, qu'il a qualifié de "matheux". Clémentine Autain, qui s'est entretenue avec lui sur le sujet, l'assure :  "Jean-Luc Mélenchon est meurtri à l'idée que l'on pourrait imaginer qu'il ait le moindre mépris pour lui, qui est quand même fort, très fort, exceptionnel en maths, je sais pas comment on peut dire. Il n'y a aucun mépris de la sorte. En revanche, j'ai entendu Monsieur Villani nous expliquer que sur la loi Travail il n'avait pas encore de point de vue. [...] Si j'étais dans la majorité parlementaire qui soutient le gouvernement, je pense quand même que j'aurais une petite idée de ce que je vote".

L'extrait en vidéo

Clémentine Autain / .Pol

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