Florence Portelli : une ex-filloniste qui veut tout changer à LR

PORTELLI - Elle veut prendre la tête du parti Les Républicains, pour "refonder" la grande formation politique de droite. Qui est cette candidate surprise, qui fera face à Laurent Wauquiez ?

Et si l'aventure politique d'Emmanuel Macron donnait des idées aux jeunes cadres de la droite ? Florence Portelli, 39 ans (le même âge que le chef de l'Etat), ne cache plus ses ambitions. La maire LR de Taverny, dans le Val-d'Oise, conseillère régionale d'Île-de-France, veut sortir de l'anonymat. En se portant candidate à la présidence de sa formation politique, elle ose s'opposer au grand favori, Laurent Wauquiez. Elle ose aussi tenir un discours détonnant, n'hésitant à s'en prendre au fonctionnement démocratique de son parti, appelant à une "refondation" de sa famille politique. "Je veux redonner aux militants la place qui devrait être la leur dans ce parti. Cela passe par une refondation, un fonctionnement démocratisé, un changement radical de statuts et la clarification de la ligne idéologique du parti, ce qui prendra plusieurs années", dit-elle au Figaro ce mercredi.

Enfin, elle ose se mettre au premier rang, tournant la page de son passé militant auprès de François Fillon, pour déclarer sans pâlir que la droite a un sérieux besoin de renouveau. Toujours au Figaro, elle assure : "Je ne suis la candidate de personne. Je me suis affranchie depuis longtemps". En arborant autant d'audace, on pourrait croire qu'elle souhaite mettre son parti en marche, sans doute pour un nouvel horizon où les rênes seraient confiées à la nouvelle génération montante. Mais que l'on ne s'y trompe pas, Florence Portelli n'a en commun avec Emmanuel Macron que cette volonté de changer les codes et d'apporter un nouveau souffle dans la vie politique française. Car l'édile est dure à l'endroit du jeune président. "J'observe un gouvernement d'amateurs, totalement inexpérimenté, dit-elle au Figaro. La façon dont on bafoue les institutions, en captant des gens incompétents pour la plupart, est particulièrement choquante au regard de la crise que connaît le pays". Et d'ajouter : "Quant aux réformes de Macron, je n'en vois pas vraiment. On a l'air de découvrir des déficits importants, un bilan de François Hollande encore plus mauvais que celui qu'il nous avait vendu".

Florence Portelli, "l'aile gauche" de la droite ?

Diplômée d'une maîtrise de droit public à Paris II-Assas et de l'institut de criminologie, Florence Portelli a commencé sa vie professionnelle comme attachée parlementaire à l'Assemblée nationale puis au Sénat. Mais c'est lors de son élection de maire qu'elle entre vraiment en politique. Sa conviction, elle l'a doit à Philippe Séguin, comme elle le raconte à La Gazette du Val d'Oise, en 2014, pour sa première interview en tant que responsable politique. "J'ai commencé à m'intéresser à un parti avec le débat sur Maastricht en 1992. J'étais fascinée par Philippe Séguin. Quand j'ai eu l'âge légal, je suis entrée au RPR, pour le mouvement séguiniste, le gaullisme social, c'est à dire l'aile gauche. Avec de grands moments de solitude, car je n'étais absolument pas chiraquienne. Mes parents ont failli avoir une attaque cardiaque…", raconte celle qui fut baigné dans la politique dès le plus jeune âge. Florence Portelli a en effet grandi au rythme de la carrière de son père, Hugues Portelli, sénateur-maire LR d'Ermont. "Petite, j'écoutais mon grand-père me raconter la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle, tout ça… Ça me passionnait. À l'époque, mon père n'était pas enclin du tout à avoir un mandat, mais c'était un intellectuel qui fréquentait les politiques pour leur proposer des idées", confie-t-elle encore au journal local.

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Laurent Wauquiez