Elections sénatoriales : tous les résultats par département

Elections sénatoriales : tous les résultats par département ELECTION SENAT - Emmanuel Macron peut être déçu : les grands électeurs n'ont pas voulu du grand renouveau que veut incarner La République En Marche. Voici ce qu'il faut retenir du résultat des sénatoriales.

[Mis à jour le 25 septembre 2017 à 10h36 Elles ne passionnent pas les Français - notamment du fait du suffrage universel indirect -, pourtant, elles revêtent une importance politique considérable. Le parti d'Emmanuel Macron a désormais 2_ sénateurs (il en espérait une cinquantaine), et ne disposera donc pas de la majorité des 3/5 du Parlement (Sénat et Assemblée) pour les trois prochaines années. Rappelons qu'à partir de ce seuil, le gouvernement aurait pu compter sur ses élus pour faire voter une réforme constitutionnelle sans passer par l'organisation d'un référendum. A garder en tête : seulement la moitié des sièges ont été renouvelés ce dimanche 24 septembre.

Résultat des élections au Sénat

Tous les résultats des élections sénatoriales sont disponibles via la carte ci-dessous. En cliquant sur un département, les candidats qui étaient en course apparaissent ainsi que leur score obtenu.

A retenir : à l'issue de ces élections sénatoriales, la droite (LR et divers droite) dispose de 171 sièges, l'extrême droite a 2 sièges. En Marche a 28 élus, mais peut compter sur son allié du MoDem, qui a désormais 41 sénateurs. Le PS (et ses alliés) a 96 sièges, le PCF 10 sièges. L'enjeu n'était pas le même pour toutes les formations politiques dans ces élections sénatoriales, certains partis avaient plus à perdre que d'autres. Si l'on s'intéresse à la répartition des sièges renouvelés par groupe politique, on observe que 16 sièges sur les 18 détenus par le Parti communiste et ses alliés étaient en jeu. 46 des 86 sièges détenus par les socialistes ont été renouvelés. Seulement 37% des sièges détenus par le parti Les Républicains étaient en jeu lors de ce scrutin (53 sièges sur 142). Ce qui relativise considérablement la "victoire" de la droite.

Les personnalités qui ont été élus ou réélus :

Gérard Larcher, sénateur LRdes Yvelines, président du Sénat et favori pour se succéder à lui-même ; Jacqueline Gourault, sénatrice MoDem, du Loir-et-Cher, ministre auprès du ministre de l'Intérieur ; Pierre Laurent, sénateur PCF de Paris ; Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine ; Gérard Longuet, sénateur LR de la Meuse ; André Vallini, sénateur PS en Isère ; Patrick Kanner, sénateur PS du Nord ; Laurence Rossignol, sénatrice PS de l'Oise.

Les personnalités qui ont été battus :

Le PS Laurent Baumel, ancien "frondeur", a été sévèrement battu en Indre-et-Loire ; Jacques Myard (LR) n'a pas réussi à se faire élire dans les Yvelines, avec sa liste dissidente ; Carlos Da Silva (PS), ancien bras droit de Manuel Valls, a échoué à se faire élire dans l'Essonne.

Les sénatoriales pour En Marche? 

C'est de fait une vraie déception pour le parti du président de la République, qui ne se fait qu'une toute petite place au Sénat. La majorité ne peut pas compter sur l'élan qui a mené à la large victoire de l'élection présidentielle puis des législatives. Mais rappelons que ce sont des élus locaux qui ont voté, et ceux-ci sont très majoritairement issus de LR et du PS. Le Canard Enchaîné révélait mi-août que le président du Sénat, Gérard Larcher lui-même, aurait convaincu bon nombre de responsables politiques locaux de ne pas lorgner du côté d'En Marche. La réforme de la taxe d'habitation promise par le président et la baisse des emplois aidés dans les communes ont fini de persuader bon nombre de conseillers municipaux de ne pas accorder de voix à La République en Marche.

Faut-il donc y voir une défaite électorale ? A vrai dire, pas vraiment. Pour une raison très simple : les élections sénatoriales peuvent être comparées à une sorte de troisième tour des élections municipales. C'est à cette occasion, en 2014 donc, que l'immense majorité du corps électoral a été constitué. Et à cette date, En Marche n'existait pas. Reste que pour la récente majorité et pour Emmanuel Macron, n'avoir qu'une trentaine d'élus au Sénat fait un peu tâche et matérialise le coup d'arrêt du mouvement. Le parti du chef de l'Etat aura donc l'ambition de créer des alliances avec des radicaux, des centristes, quelques PS et des Républicains "constructifs".

Candidats aux élections sénatoriales

Les candidatures ont été déposé en préfecture la semaine du 4 août 2017. Au total, 1971 candidats se sont présentés à sénatoriales 2017, ce qui constitue un record pour cette élection. En 2014, lors du précédent renouvellement sénatorial, 1733 candidats s'étaient présentés. A l'époque, il s'agissait déjà d'un record. Pour savoir qui est candidat, il suffit de cliquer sur un département, sur la carte ci-dessus.

Date des sénatoriales 2017

Les élections sénatoriales ont eu lieu ce dimanche 24 septembre 2017, date à laquelle ont été convoqués les collèges électoraux. Dans les départements concernés où les élections ont lieu au scrutin majoritaire, en Martinique, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie et à Saint-Pierre-et-Miquelon, le premier tour était ouvert de 8h30 à 11h00. Le second tour de scrutin était ouvert de 15h30 à 17h30. Dans les départements où le scrutin se déroule à la représentation proportionnelle, le vote était ouvert de 9 heures à 15 heures. Les élections se passaient dans le chef-lieu du département concerné et dans les ambassades pour les sénateurs représentant les Français de l'étranger.

Sénatoriales 2017 : les départements concernés

Le 24 septembre 2017, seulement 44 circonscriptions étaient concernées par l'élection sénatoriale, celles de "la série 1". Etaient concernés les départements suivants : l'Indre-et-Loire, l'Isère, le Jura, les Landes, le Loir-et-Cher, la Loire, la Haute-Loire, la Loire-Atlantique, le Loiret, le Lot, le Lot-et-Garonne, la Lozère, le Maine-et-Loire, la Manche, la Marne, la Haute-Marne, la Mayenne, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, le Morbihan, la Moselle, la Nièvre, le Nord, l'Oise, l'Orne, le Pas-de-Calais, le Puy-de-Dôme, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales, la Savoie, Paris, la Seine-et-Marne, les Yvelines, l'Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, le Val-d'Oise, la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, Saint-Pierre-et-Miquelon, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie.

Fonctionnement des élections sénatoriales

Il existe deux modes de scrutin pour ces élections sénatoriales. Dans 18 circonscriptions concernant au total 34 sièges, s'applique le scrutin majoritaire à deux tours. Pour être élu, un candidat doit obtenir la majorité absolue, avec un nombre de voix égal au quart des électeurs inscrits. Si un second tour est nécessaire, la majorité relative suffit. En cas d'égalité du nombre de voix, c'est le candidat le plus âgé qui est élu. Dans les circonscriptions élisant 3 sénateurs ou plus, le mode de scrutin est différent : c'est la représentation proportionnelle qui s'applique. Cette année, 26 circonscriptions (130 sièges) sont concernés.

Qui vote aux élections sénatoriales ?

Contrairement aux députés, les sénateurs ne sont pas élus par l'ensemble des citoyens. Ils sont en effet désignés au suffrage universel indirect, par les "grands électeurs". Ce collège électoral est composé d'élus, qui sont eux issus du suffrage universel direct. A savoir : des députés, des sénateurs, des conseillers régionaux du département concerné, des conseillers de l'Assemblée de Corse, des conseillers départementaux. Mais l'essentiel des grands électeurs sont les délégués des conseils municipaux : ils représentent à eux seuls 95 % des 162 000 personnes composant le corps électoral de cette élection.

Délégué sénatorial : combien d'électeurs par communes ?

C'est un terme qui est souvent utilisé, "délégué sénatorial" désigne tout simplement un électeur du scrutin sénatorial. Le nombre de délégués sénatoriaux dans un département dépend du nombre d'habitants dans les communes du territoire. La loi fixe les choses ainsi :

  • Dans les communes de moins de 9 000 habitants,  sont désignés : 1 délégué pour les conseils municipaux de 9 et 11 membres, 3 délégués pour les conseils de 15 membres, 5 délégués pour les conseils de 19 membres, 7 délégués pour les conseils de 23 membres, et 15 délégués pour les conseils de 27 et 29 membres.
  • Dans les communes de 9000 à 30 000 habitants : c'est assez simple, tous les conseillers municipaux sont délégués sénatoriaux
  • Dans les communes de plus de 30 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués, mais ces derniers élisent des délégués supplémentaires à raison de 1 pour 1000 habitants au dessus de 30 000. 

Les Républicains