Mélenchon - Philippe : échanges cordiaux sur le plateau de L'Émission politique

Mélenchon - Philippe : échanges cordiaux sur le plateau de L'Émission politique Ce jeudi soir dans L'Émission politique de France 2, Jean-Luc Mélenchon était face à Édouard Philippe. Si le débat fut relativement cordial, le leader des Insoumis s'est montré plus virulent au sujet des ordonnances...

[Mis à jour le 28 septembre 2017 à 08h21] C'était le moment tant attendu de L'Émission politique de ce jeudi 28 septembre : la rencontre entre Jean-Luc Mélenchon et le Premier ministre Édouard Philippe. Les deux hommes se sont jaugés, se perdant parfois dans des digressions de courtoisie ou s'engouffrant dans des traits d'esprit, comme pour éviter la confrontation. Sur le fond, les désaccords sont tout de même apparus très clairement, sur les ordonnances réformant le code du travail, comme sur le budget. Le leader de la France insoumise a insisté sur son angle d'attaque : le gouvernement met en oeuvre une politique pour les plus riches. "Quand il y a neuf millions de pauvres dans le pays, on ne peut pas entendre qu'on va donner quatre milliards à des gens qui ont déjà tout", a-t-il soufflé, face à un Edouard Philippe qui a tenu les échanges sans rougir. Le débat, cordial, a déçu ceux qui s'attendait au clash. Il aura ravi ceux qui préfèrent entendre des positions divergentes, opposées, qui font l'économie de l'agressivité.

Sortir de l'ombre d'Emmanuel Macron

Pour le Premier ministre, c'était sans doute la meilleure des manières pour s'affirmer aux yeux de tous comme un poids lourd. Encore dans l'ombre d'Emmanuel Macron, Édouard Philippe n'est pas encore très connu de la plupart des Français, lui-même le reconnaît. Il n'a d'ailleurs pas brillé lors de ces dernières sorties médiatiques, il a même un peu manqué un passage chez Jean-Jacques Bourdin qui a été très commenté. Alors, affronter Jean-Luc Mélenchon, dans un duel télévisé en direct en prime time, voilà qui ressemble à une épreuve du feu. Parvenir à résister au leader de la France Insoumise, mieux, à légitimer l'action du gouvernement face à celui qui dénonce depuis des semaines le "coup d'État social" de l'exécutif, telle était la mission du locataire de Matignon afin de marquer beaucoup de points. Et les esprits.

Comme le confiait un proche du président au Parisien, "ce face-à-face doit mettre un terme au débat sur l'hyper-présidence. On doit voir un Premier ministre pleinement dans son rôle, pas réduit à un collaborateur". Matignon ne s'était d'ailleurs pas offusqué que Jean-Luc Mélenchon soit préféré à un membre du PS. "À la fin de l'été, France 2 nous a indiqué qu'il s'agirait de quelqu'un de la France insoumise, considérant que c'est cette formation que l'on entend le plus comme opposition en cette rentrée", confiait un proche du Premier ministre à L'Express. Pour la France Insoumise, ce débat était également une aubaine. Le parti compte clairement bien moins de députés que les socialistes, (17 contre 31), mais manifestement, France Télévisions considère que l'ancien candidat à la présidentielle est actuellement plus audible. De quoi légitimer, aux yeux du principal intéressé, qu'il incarne la principale force d'opposition.

Mélenchon et Philippe s'étaient préparés

Édouard Philippe avait manifestement saisi l'enjeu de ce débat. Il s'est préparé, avait demandé des notes sur les précédents débats et interventions de Jean-Luc Mélenchon. Un conseiller confiait encore au Parisien qu'il lui a été suggéré de flatter dès le début des échanges le leader des Insoumis. "Les débats qui démarrent par la reconnaissance de ses qualités intellectuelles et littéraires se passent toujours bien", s'amusait encore cette source. Mais le Premier ministre, dont l'agenda est surchargé, n'était pas le seul à préparer ce moment. Jean-Luc Mélenchon, de son côté, avait décidé de ne rien programmer ce jeudi...

Le premier des Insoumis avait lui-aussi un coup médiatique à jouer, alors que sa sortie malheureuse sur "la rue qui a abattu les nazis" a pollué le mouvement social du week-end. L'entourage du Premier ministre en avait bien conscience : "Je ne crois pas que Jean-Luc Mélenchon jouera le dérapage. Après celui de samedi, il voudra se recrédibiliser", expliquait un collaborateur du chef du gouvernement à Europe 1. À Matignon, on pariait donc sur un débat de bonne tenue, qui devait faire l'économie des petites phrases ou des petites mesquineries. Il semblerait qu'on ait vu juste.

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