Marine Le Pen aurait pleuré après son débat avec Emmanuel Macron

Marine Le Pen aurait pleuré après son débat avec Emmanuel Macron Valeurs Actuelles a recueilli quelques confidences de la présidente du FN, qui tente de reconstruire un parti encore très fragilisé par l'échec des dernières élections. Et évoque des "larmes impossibles à contenir" à l'issue du débat face à Emmanuel Macron.

[Mis à jour le 12 octobre 2017 à 16h15] Le débat d'entre-deux tours de l'élection présidentielle de 2017 restera dans l'histoire du Front national comme un séisme politique aux effets catastrophiques, poussant le parti au bord de l'implosion. Pour Marine Le Pen, ces deux heures de face-à-face constituent aussi un moment déterminant de sa carrière politique : c'est cet instant qui lui aura faire perdre, aux yeux de nombreux cadres et de militants FN, une partie de sa crédibilité comme leader présidentiable, capable de faire accéder le Front national, un jour, à l'Elysée. Et manifestement, la présidente du parti d'extrême droite a encore beaucoup de mal à s'en remettre. Valeurs Actuelles se fait d'ailleurs l'écho des états d'âme de celle qui tient encore la barre d'un parti en pleine convalescence.

Dans un reportage qui lui est consacré, l'hebdomadaire révèle que Marine Le Pen a été très affectée, personnellement, évoquant même des "larmes impossibles par instants à contenir, dans les jours qui ont suivi" ce débat. "Nous avons commis une erreur stratégique en choisissant l'offensive. Alors que Macron avait été beaucoup critiqué sur son "vide", nous voulions faire une critique du "plein", c'est-à-dire de son action s'il était élu. C'est apparu agressif, alors que les gens attendaient moins de contenu et plus d'image", analyse-t-elle aujourd'hui auprès des journalistes de Valeurs Actuelles. Et de considérer qu'elle n'a pas, certes, été à la hauteur de l'exercice "sur la forme" : "Je ne renie rien sur le fond, chacun peut aujourd'hui constater que j'avais raison, mais je n'ai pas répondu aux attentes sur les formes. Je suis profondément peinée pour ceux que ça a déçus. C'est aussi une leçon".

L'échec de Le Pen, à cause de Philippot ?

Pour autant, Marine le Pen ne semble pas de résigner. Indiquant n'avoir pas été, ce jour-là, dans une "forme optimale", elle relativise son échec : "Il est toujours facile de juger les erreurs a posteriori, mais j'en ai sûrement commis. Nul n'est infaillible", confie-t-elle encore. D'ailleurs, la présidente du FN ne semble pas s'inquiéter excessivement de la situation de son parti, et semble même se réjouir que le départ de Florian Philippot apaise les choses au sein du parti. Elle admet même désormais que sans cela, "le congrès de la refondation aurait tourné au bain de sang, au cauchemar" et que son ancien bras droit aurait "joué la tension". Mieux, la présidente du Front national va pouvoir s'appuyer sur le soutien renouvelé de tous ceux qui s'exaspéraient de la "ligne Philippot". Et profiter d'une nouvelle exégèse de la catastrophe de l'entre-deux tours de la présidentielle : et si finalement, la faute revenait à l'ancien vice-président déchu ? C'est bien ce qu'ont à l'esprit certains cadres du FN. L'un d'eux a même confié à L'Obs que par sa faute, un appel de Marine Le Pen aux électeurs de François Fillon, le candidat LR battu sèchement, n'a jamais vu le jour. "C'est l'erreur politique majeure de l'entre-deux tours", assure un lieutenant de Marine Le Pen à l'hebdomadaire. Marine Le Pen aurait songé à une vidéo, mais sa diffusion aurait été empêchée par Florian Philippot, qui l'aurait "caviardée", convaincu qu'il ne fallait parler "qu'aux électeurs de Mélenchon"...

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