Marine Le Pen aurait pleuré après son débat avec Emmanuel Macron

Marine Le Pen aurait pleuré après son débat avec Emmanuel Macron Le débat d'entre-deux tours de la présidentielle a été un fiasco pour la leader du FN, qui a participé à la marginalisation de son parti au sein de l'espace politico-médiatique. Des confidences de Valeurs Actuelles témoignent de la violence de l'épreuve personnelle.

[Mis à jour le 12 octobre 2017 à 16h12] Quel avenir pour le Front national ? Comment le parti compte-t-il devenir une force d'opposition en ce début de quinquennat, qui semble se structurer autour d'une dichotomie accommodante, celle exprimée entre la voix du gouvernement et la radicalité de la France Insoumise ? Car aux yeux d'une grande partie de l'opinion, c'est bien Jean-Luc Mélenchon qui incarne l'opposition à Emmanuel Macron. D'abord parce que le président a rendu assez floues les démarcations idéologiques entre En Marche et le PS d'un côté, mais aussi avec LR de l'autre. Pas facile de se revendiquer social-démocrate ou social-libéral depuis la vague macroniste. Par ailleurs, Jean-Luc Mélenchon aborde le début du quinquennat renforcé par la forme de victoire qu'a constituée sa campagne et l'écrasement de celle-ci sur celle de Benoît Hamon. Marine Le Pen, elle, apparaît encore comme la grande perdante de la présidentielle et des législatives. Et au-delà des résultats médiocres obtenus par le FN lors des derniers scrutins, les Français gardent en tête la désastreuse prestation de la patronne du FN face à Emmanuel Macron, le 3 mai 2017.

"Des larmes impossibles à contenir"

Le débat d'entre-deux tours de l'élection présidentielle de 2017 restera dans l'histoire du Front national comme un séisme politique aux effets catastrophiques, poussant le parti au bord de l'implosion. Pour Marine Le Pen, ces deux heures de face-à-face constituent aussi un moment déterminant de sa carrière politique : c'est cet instant qui lui aura faire perdre, aux yeux de nombreux cadres et de militants FN, une partie de sa crédibilité comme leader présidentiable, capable de faire accéder le Front national, un jour, à l'Elysée. Et manifestement, la présidente du parti d'extrême droite a encore beaucoup de mal à s'en remettre. Valeurs Actuelles se fait d'ailleurs l'écho des états d'âme de celle qui tient encore la barre d'un parti en pleine convalescence.

Dans un reportage qui lui est consacré, l'hebdomadaire révèle que Marine Le Pen a été très affectée, personnellement, évoquant même des "larmes impossibles par instants à contenir, dans les jours qui ont suivi" ce débat. "Nous avons commis une erreur stratégique en choisissant l'offensive. Alors que Macron avait été beaucoup critiqué sur son "vide", nous voulions faire une critique du "plein", c'est-à-dire de son action s'il était élu. C'est apparu agressif, alors que les gens attendaient moins de contenu et plus d'image", analyse-t-elle aujourd'hui auprès des journalistes de Valeurs Actuelles. Et de considérer qu'elle n'a pas, certes, été à la hauteur de l'exercice "sur la forme" : "Je ne renie rien sur le fond, chacun peut aujourd'hui constater que j'avais raison, mais je n'ai pas répondu aux attentes sur les formes. Je suis profondément peinée pour ceux que ça a déçus. C'est aussi une leçon".

L'échec de Le Pen, à cause de Philippot ?

Pour autant, Marine le Pen ne semble pas de résigner. Indiquant n'avoir pas été, ce jour-là, dans une "forme optimale", elle relativise son échec : "Il est toujours facile de juger les erreurs a posteriori, mais j'en ai sûrement commis. Nul n'est infaillible", confie-t-elle encore. D'ailleurs, la présidente du FN ne semble pas s'inquiéter excessivement de la situation de son parti, et semble même se réjouir que le départ de Florian Philippot apaise les choses au sein du parti. Elle admet même désormais que sans cela, "le congrès de la refondation aurait tourné au bain de sang, au cauchemar" et que son ancien bras droit aurait "joué la tension". Mieux, la présidente du Front national va pouvoir s'appuyer sur le soutien renouvelé de tous ceux qui s'exaspéraient de la "ligne Philippot". Et profiter d'une nouvelle exégèse de la catastrophe de l'entre-deux tours de la présidentielle : et si finalement, la faute revenait à l'ancien vice-président déchu ? C'est bien ce qu'ont à l'esprit certains cadres du FN. L'un d'eux a même confié à L'Obs que par sa faute, un appel de Marine Le Pen aux électeurs de François Fillon, le candidat LR battu sèchement, n'a jamais vu le jour. "C'est l'erreur politique majeure de l'entre-deux tours", assure un lieutenant de Marine Le Pen à l'hebdomadaire. Marine Le Pen aurait songé à une vidéo, mais sa diffusion aurait été empêchée par Florian Philippot, qui l'aurait "caviardée", convaincu qu'il ne fallait parler "qu'aux électeurs de Mélenchon"...

Présidentielles / Front national

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