Pierre Joxe : le ton monte entre Ariane Fornia et l'ancien ministre

Pierre Joxe : le ton monte entre Ariane Fornia et l'ancien ministre PIERRE JOXE - Ariane Fornia, qui avait accusé Pierre Joxe de l'avoir agressée sexuellement, a maintenu mardi sa version après que l'ancien ministre a dénoncé "un tissu de contre-vérités" en lui demandant "des excuses écrites et publiques".

[Mis à jour le 7 octobre 2017 à 18h15] "Non seulement il n'aura pas mes excuses, mais je maintiens absolument tout ce que j'ai dit. C'est la vérité, il ment et je dis vrai", a déclaré sur RTL Ariane Fornia, fille d'Eric Besson, qualifiant "d'immonde et d'une obscénité inouïe" les demandes d'excuses de M. Joxe. "J'espérais naïvement que j'aurais des excuses de sa part, qu'il me dirait oui j'ai eu un moment d'égarement, je suis désolé, etc... J'aurais été prête à (les) accepter", a expliqué l'écrivaine. Désormais, elle dit attendre "soit ses excuses", soit qu'il aille "jusqu'au bout de sa citation en diffamation". Mme Fornia ne porte pas plainte car les faits sont prescrits. "Parce que les faits sont prescrits, M. Joxe est préservé d'une enquête judiciaire", a expliqué mardi l'avocat d'Ariane Fornia, Jean-Marc Fédida, interrogé par l'AFP. Pierre Joxe, ancien ministre incontournable sous Mitterrand avait demandé des excuses suite au texte publié dans le blog d'Ariane Fornia, l'accusant d'agression sexuelle. Après avoir décortiqué ces accusations, M. Joxe dit avoir relevé des "contradictions qui minent ce récit (et) le discréditent entièrement". Dans un tweet, Ariane Fornia avait annoncé rester sûr d'elle et déterminée.

La défense de Pierre Joxe

Affirmant n'avoir été qu'une fois à l'Opéra Bastille "à l'époque évoquée", pour "une représentation de L'Or du Rhin" de Richard Wagner, Pierre Joxe a noté que, dans son récit, son accusatrice expliquait ne pas arriver à se "concentrer sur la mort des Dieux et les vocalises de la cantatrice". "Il n'est pas question de la mort des Dieux dans L'Or du Rhin", a rétorqué M. Joxe. Et "on n'y entend pas non plus de vocalises", a-t-il insisté. Une défense "complètement ridicule" qui a fait bondir Mme Fornia, s'excusant avec ironie "d'avoir oblitéré le souvenir de ce qui se passait sur scène à cause de ce qui se passait sur ma cuisse".

Rappel des faits

Ariane Fornia, avait porté en octobre dernier des accusations graves contre Pierre Joxe. Dans un récit glaçant, elle racontait avoir été littéralement agressée sexuellement il y a huit ans par l'homme politique, ministre de l'Intérieur sous François Mitterand à la fin des années 80. A l'Opéra Bastille, où elle se trouvait sur le siège voisin de Joxe, ce dernier se serait permis des attouchements répétés en pleine représentation. De son côté, Pierre Joxe réfute ces accusations, qu'il qualifie d'"histoire à dormir debout" et envisage de porter plainte. Eric Besson s'est aussi exprimé sur cette affaire. Il a avoué avoir pensé à se faire justice lui-même pour venger sa fille. "J'ai envisagé d'aller attendre Joxe en bas de chez lui pour lui casser la gueule", a déclaré l'ancien ministre de l'Immigration.

"Il glisse sa main à l'intérieur de ma cuisse"

Dans le récit d'Ariane Fornia, publié d'abord sur son blog, elle désigne son agresseur, comme étant "un ancien ministre de Mitterrand, membre de plusieurs gouvernements, qui a occupé des fonctions régaliennes, qui est une grande figure de gauche". C'est donc à L'Express qu'elle a révélé le nom de l'homme qu'elle accuse. Le soir de l'agression présumée, qui aurait eu lieu à l'Opéra Bastille, l'ancien ministre, membre du Conseil Constitutionnel, ne savait pas que la jeune femme était la fille d'Eric Besson, a-t-elle précisé.

Les propos d'Ariane Fornia sont glaçants : "Son épouse est là. La représentation commence. Et au bout de dix minutes, le vieux monsieur a sa main sur ma cuisse. Je me dis qu'il doit être très âgé, perturbé. Je le repousse gentiment. Il recommence. Rebelote. Une troisième fois" Quelques minutes après avoir été repoussé, "il commence à remonter ma jupe. Il glisse sa main à l'intérieur de ma cuisse, remonte vers mon entrejambe. J'enlève sa main plus fermement et je pousse un cri d'indignation étouffé, bouche fermée. Tout le monde me regarde. Il arrête. Dix minutes plus tard, il recommence. Je lui plante mes ongles dans la main. C'est un combat silencieux, grotesque, en plein Opéra Bastille"

Eric Besson

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