Macron en Guyane : les images impressionnantes des échauffourées

Macron en Guyane : les images impressionnantes des échauffourées MACRON GUYANE - Le président de la République est en Guyane pour confirmer les dispositions prises par son prédécesseur pour redresser le département. Mais la venue d'Emmanuel Macron ne s'est pas faite dans le calme.

[Mis à jour le 27 octobre à 12h06] Il avait promis qu'il viendrait. Emmanuel Macron s'était engagé à visiter la Guyane en priorité par rapport aux autres départements d'outre-mer. L'ouragan Irma a quelque peu bousculé son agenda, l'obligeant évidemment à se rendre en urgence à Saint-Martin et Saint-Barthélémy. Mais le président est bien là pour venir au chevet - même s'il n'est "pas le Père Noël" - du plus grand département de France, socialement et économiquement très affecté. "La Guyane a voté pour vous [Emmanuel Macron], la plupart de nos élus appartiennent à votre groupe", prévient le collectif issu du mouvement social du printemps dernier (Pou Lagwiyann Dekolé, "pour que la Guyane décolle" en créole), à qui les 22% de chômage qui touche la population - et près de la moitié des moins de 25 ans - n'a pas échappé.

Cocktails Molotov, projectiles et interpellations

Ce collectif n'a pas oublié l'accord de Guyane signé le 21 avril dernier par le gouvernement Cazeneuve, qui promettait au département d'être "sur une trajectoire d'égalité réelle avec le reste du territoire national", avec des mesures prises en matière d'infrastructure, de sécurité, de justice et d'éducation pour un investissement à hauteur de 1,08 milliards d'euros. Emmanuel Macron est donc venu promettre aux Guyanais, de vive voix, que cet accord serait bien mené par le nouveau gouvernement. Mais la venue du président ne s'est pas faite dans le calme, loin de là. Des affrontement ont éclaté à Cayenne entre des manifestants du collectif Pou Lagwiyann dékolé et la police. Un gendarme mobile et un policier ont été légèrement blessés. Les manifestations assez violentes ont duré plusieurs heures, alors que police tirait des gaz lacrymogènes. En guise de riposte, des individus, cagoulés pour la plupart, envoyaient cocktails Molotov et projectiles. Cinq personnes ont été interpellées, a annoncé le procureur Eric Vaillant.

©  ALAIN JOCARD AFP

Macron, "pas le Père Noël"

Emmanuel Macron est arrivé en Guyane ce jeudi à la mi-journée, accompagné de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne et de plusieurs ministres. Première étape de son voyage : Maripasoula (sud-ouest, à la frontière fluviale du Surinam), la plus vaste commune de France, soumise à une très forte pression migratoire. "Je ne suis pas le Père Noël parce que les Guyanais ne sont pas des enfants", a-t-il aussitôt averti. "L'Etat a fait trop de promesses qui n'ont pas été tenues. Donc je suis là pour dire les choses en vérité telles que je les vois, prendre des engagements que je saurai tenir durant mon quinquennat, et aussi assurer les éléments d'autorité indispensables sur ce territoire", a déclaré M. Macron, très entouré par de nombreux enfants qui lui ont demandé des selfies par dizaines. Ce vendredi, le président français est attendu au Centre spatial de Kourou, vitrine de l'économie guyanaise et symbole d'inégalités sociales alors que d'autres communes n'ont ni électricité ni eau courante.

"En Guyane, rien ne va"

A 7.000 km de Paris, le territoire de 83.000 km2 pour environ 254.000 habitants, connaît de nombreuses difficultés et ce dans bien des domaines : immigration clandestine massive, insécurité croissante, communes enclavées, services de santé défaillants, système scolaire inadapté, taux de chômage très élevé... On "n'a pas besoin de Père Noël, on a besoin d'un gouvernement qui se rende compte qu'en Guyane rien ne va", a réagi David Riché, président de l'Association des maires de Guyane, interrogé par franceinfo, en réponse à Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron

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