Hollande : Macron, Valls, sa candidature... Comment l'ex-président s'est planté

Hollande : Macron, Valls, sa candidature... Comment l'ex-président s'est planté Dans deux ouvrages, Gaspard Gantzer et Vincent Feltesse, deux anciens conseillers de François Hollande, reviennent sur les hésitations et les dernières décisions cruciales de l'ancien président sur son avenir personnel.

"Evidemment, il travaille pour 2022". Voilà le commentaire de François Hollande sur les sorties médiatiques d'Emmanuel Macron, alors impétueux ministre de l'Economie dont on devenait les ambitions de premier ordre, quelques mois avant son départ du gouvernement. Cette terrible cécité du président sur le "cas" Macron, Gaspard Gantzer la confirme dans un livre, publié ce jeudi 2 novembre, "La politique est un sport de combat". Cet ancien conseiller de l'Elysée explique à quel point celui qui a occupé l'Elysée de 2012 à 2017 a sous-estimé les velléités de son protégé : "Politiquement, son créneau est trop étroit. C'est une niche, il ne pourra jamais rassembler avec ce positionnement, pas plus porteur que celui du MoDem", analysait le président auprès de son entourage.

Le plus étonnant reste que François Hollande, qui n'a pas vu venir la candidature d'Emmanuel Macron, avait à l'esprit l'idée d'utiliser son populaire ministre de l'Economie pour servir ses propres ambitions. On apprend ainsi que plusieurs proches du président tentaient de le convaincre de se débarrasser de Manuel Valls pour le remplacer par... Emmanuel Macron. En février 2016, la nomination du trentenaire à Matignon devient de plus en plus possible. Interrogé sur cette hypothèse sur France Info, Gaspard Gantzer a développé ce qu'il laisse entendre dans son ouvrage : "J'avais la conviction, parce que je sentais, qu'il y avait ce profond besoin de renouvellement dans la société française, qu'il fallait créer une énorme surprise, provoquer un coup de théâtre. Et nommer Emmanuel Macron à Matignon aurait pu créer cet électrochoc".

Hollande avait préparé sa candidature

De fait, si le jeune ministre de l'Economie avait accepté de prendre la tête du gouvernement, il n'aurait probablement pas lancé son mouvement. Mais quid de Manuel Valls, qui aurait été évincé par le rival à qui il vouait un furieux mépris ? Le président mesurait l'envie de ce dernier de prendre sa place. François Hollande "a fait un autre choix. À la fois pour garder Valls, il préférait l'avoir à ses côtés. Et puis aussi pour tenter de rassembler une majorité en bien mauvais état", a regretté Gaspard Gantzer sur France Info.

Conserver Manuel Valls à Matignon jusqu'à la fin du quinquennat et s'appuyer sur lui pour une nouvelle candidature. Si l'on en croit le livre de Vincent Feltesse, autre ancien conseiller de l'Elysée ("Et si tout s'était passé autrement"), François Hollande avait ben opté pour ce scénario. Il avait d'ailleurs préparé son plan com' pour annoncer qu'il briguait un nouveau mandat. Le chef de l'Etat avait ainsi ficelé une séquence politique autour de 3 dates pour lancer sa campagne : le 28 novembre, le 4 et le 8 décembre. Il prévoyait notamment de faire une déclaration en province et d'accorder un entretien à un journal télévisé.

Les circonstances et les sondages l'amèneront à renoncer. A Gaspard Gantzer, François Hollande expliquera le 29 novembre qu'il n'est pas en mesure de se lancer. "Je crois que l'on va vers une non-candidature", dira-t-il, ironisant sur la bombe que constituera le livre des deux journalistes du Monde, "Un président ne devrait pas dire ça..." : "Quand j'y pense, heureusement qu'il y a eu le livre de Davet et Lhomme, sinon j'aurai été contraint de me représenter". Au moment de la renonciation, François Hollande ne croit pas vraiment aux chances d'Emmanuel Macron, pas beaucoup plus en celles de Manuel Valls. Mais Gaspard Gantzer rappelle que le président fait confiance aux socialistes pour désigner comme il se doit la candidature de la gauche sociale-démocrate : "Si je ne suis pas candidat, il faudra bien que le PS choisisse un remplaçant. La primaire sera la bonne solution", confiait-il.

François Hollande

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