Nicolas Hulot : Pascale Mitterrand, Ebdo, diffamation... Ce qui est avéré

Nicolas Hulot : Pascale Mitterrand, Ebdo, diffamation... Ce qui est avéré HULOT - Secoué par une enquête relatant une plainte pour "des faits de viol" sur Pascale Mitterrand, il a décidé de porter plainte pour "diffamation" contre le magazine Ebdo qui a publié cette enquête.

L'ESSENTIEL

Nicolas Hulot a demandé à ses avocats de déposer une plainte en diffamation contre le magazine Ebdo et les journalistes à l'origine d'un article, paru le vendredi 9 février 2018 dans le magazine. Ce dernier révélait que l'actuel ministre d'Etat avait fait l'objet d'une plainte en 2008 pour des "faits de viol" remontant à 11 ans auparavant. C'est une petite-fille de l'ancien président de la République François Mitterrand, Pascale Mitterrand, qui est à l'origine de cette plainte. Une plainte classée sans suite en octobre 2008, comme l'a fait savoir le parquet de Saint-Malo dans un communiqué dès le jeudi 8 février, alors que Nicolas Hulot avait anticipé les révélations du magazine en s'exprimant sur BFMTV le matin même.

Si Nicolas Hulot a décidé de porter plainte en diffamation, certains faits sont d'ores et déjà avérés dans cette affaire. Ils ont même été confirmés par la procureure de la République de Saint-Malo, Christine Le Crom. D'abord, une relation entre Nicolas Hulot et Pascale Mitterrand, entre le 9 et le 11 juin 1997, est bel et bien établie. Selon le parquet, c'est sur le "consentement à la relation sexuelle" que "les deux protagonistes avaient une version contradictoire". Autre fait avéré : une plainte a bien été déposée, en juillet 2008, par la plaignante, Pascale Mitterrand, qui sera classée sans suite après trois mois pour prescription. Dans ce contexte, ce sont les mots employés par le journal Ebdo qui pourraient être poursuivis par le ministre. Suivez les dernières infos sur l'affaire Hulot en direct.

EN DIRECT

16:04 - La secrétaire d'Etat auprès de Nicolas Hulot estime que le ministre "sort renforcé de cette séquence"

Nicolas Hulot n'est pas le seul membre du gouvernement au ministère de la Transition écologique. Il a comme collaboratrice Brune Poirson, secrétaire d'Etat. Cette dernière a réagi à l'affaire qui concerne son ministre de tutelle, auprès du Figaro. "Ce sont des accusations très difficiles, mais il sort renforcé de cette séquence. Il a été totalement soutenu, il n'y a pas d'affaire", estime-t-elle auprès des journalistes. La secrétaire d'Etat estime que le magazine Ebdo a franchi une ligne jaune et parle de "malhonnêteté intellectuelle" : "Ce qui s'est passé est à l'image de la société: on est allé un cran trop loin, et les Français l'ont senti".

13:25 - Nicolas Hulot freiné dans ses ambitions politiques à cause de la plainte pour des faits de viol ?

L'enquête d'Ebdo laisse entendre que la peur des révélations sur les agressions sexuelles présumées de Nicolas Hulot aurait eu raison de ses ambitions politiques, lui qui a renoncé par deux fois à se présenter à l'élection présidentielle. "On est dans les dessous d'un homme et dans le secret d'une grande famille française, enfoui depuis plus de vingt ans, un grand secret qui explique peut-être pourquoi Nicolas Hulot a renoncé plusieurs fois à se lancer dans la course à la présidentielle", explique  sur RTL Laurent Valdiguié, journaliste à Ebdo et coauteur de l'enquête.

11:22 - Pour Caroline de Haas, Ebdo a "un faisceau d'indices suffisant" pour mettre en cause Nicolas Hulot

Interrogée sur le plateau de France Info, la militante féministe a défendu l'enquête des journalistes d'Ebdo, contre qui le ministre de la Transition écologique entend porter plainte. "Vous pensez un seul instant que vos confrères d'Ebdo auraient sorti ce papier s'ils estimaient qu'il n'y avait pas un faisceau d'indices suffisant ?", a-t-elle lancé aux journalistes, ajoutant qu'elle avait eu connaissances d'autres "informations" concernant Nicolas Hulot : "Il y a des informations qui me sont remontées sur le fait que Nicolas Hulot avait un comportement avec les femmes qui n'était pas un comportement de respect. [...] J’ai des amies qui m'ont dit qu'elles avaient entendu des victimes parler de faits de harcèlement. Au moins deux ou trois. Ça fait un an et demi que des informations me remontent".

09:53 - Le "caractère non établi des faits allégués" : qu'est-ce que cela signifie ?

Les avocats de Nicolas Hulot sont catégoriques dans le communiqué qu'ils ont rédigé : la plainte révélée par Ebdo "a fait l'objet d'un classement sans suite il y a 10 ans du fait de la prescription mais aussi du caractère non établi des faits allégués". Le JDD décrypte dans sa dernière édition ce qu'il y a derrière la communication faite par la justice. En 2008, lorsque le procureur a notifié que la prescription interdisait toute poursuite, il a en effet pris soin de préciser que les faits n'étaient "pas établis". Faut-il donc penser que l'enquête menée a permis de conclure à l'innocence de Nicolas Hulot ? Le JDD précise "les gendarmes chargés de la procédure s'étaient contentés de deux actes : une déposition de Pascale Mitterrand, recueillie le 11 juillet 2008, et une audition de Nicolas Hulot, enregistrée le 29 août". A noter que Nicolas Hulot a tenu à venir s'expliquer devant les gendarmes pour donner sa version des faits. Restent donc deux dépositions, celle de la plaignante et celle de l'accusé. Que retenir ? Le JDD explicite : "En gros, Pascale Mitterrand [...] évoquait une relation sans violence mais passive et non désirée, alors que Nicolas Hulot relatait une liaison fugitive dénuée de toute pression".

09:38 - Affaire Hulot : "Il y a une suite de l'histoire, qui n'appartient plus à Ebdo", estime-t-on au Parisien

On ignore pour le moment si le ministre de la Transition écologique compte porter plainte, pour diffamation, contre Le Parisien. Rappelons que c'est dans les colonnes du quotidien régional francilien que le nom de la femme présentée comme une victime présumée de Nicolas Hulot a été révélé. Au micro de franceinfo, le directeur de la publication du Parisien, Stéphane Albouy, a été interrogé sur le fait que le quotidien n'a pas respecté la volonté d'anonymat souhaitée par Pascale Mitterrand. "Cette exigence a été exprimée au moment où cette personne a discuté avec Ebdo. Mais il y a une suite de l'histoire, qui n'appartient plus à Ebdo. Dès la publication de l'enquête, il était inévitable que le nom sorte. Penser qu'il serait préservé est illusoire", a estimé Stéphane Albouy.

12/02/18 - 19:10 - Nicolas Hulot porte plainte pour "diffamation"


Le ministre de la Transition écologique a décidé de ne pas se laisser faire et de riposter. C’est pourquoi, il a indiqué ce lundi, porter plainte pour "diffamation" contre le magazine Ebdo qui a publié vendredi 9 février dernier une enquête dans laquelle Nicolas Hulot est accusé de viols. Alors que le ministre se dit très attristé par ces accusations depuis plusieurs jours, il veut se défendre. Il n’a pas l’intention de laisser cette enquête salir son image et cette de sa famille. 

12/02/18 - 08:34 - La position ambiguë de Marlène Schiappa sur "l'affaire" Nicolas Hulot

La secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, qui a pris l'habitude de réagir lorsque la parole des femmes se libère, est sortie du silence dans le JDD. Dans une tribune publiée, la secrétaire d'État a déclaré trouver l'article de Ebdo sur l'"affaire Hulot" "irresponsable. "Quand j'entends sur un plateau de télévision l'une des auteurs [de l'article ndlr.] dire solennellement qu'elle appelle les femmes victimes de viol, 'par lui ou un autre', à contacter la presse, je trouve cela abject", a ainsi écrit Marlène Schiappa. estimant que "parler d'une agression sexuelle pour la première fois doit pouvoir se faire dans un cadre sécurisé, pour le bien de la victime, auprès de personnes formées ou empathiques qui n'ont aucun intérêt personnel à l'orienter vers tel ou tel point." Marlène Schiappa dénonce également un appel "irresponsable pour les hommes accusés, peut-être innocents, mais condamnés a priori par des articles". Et de conclure : "Et pire : c'est irresponsable pour les réelles victimes de viols", qui doivent alors "supporter la médiatisation à l'extrême, le déballage de leur vie intime dans les journaux". Reste que si la membre du gouvernement prend la défense de Nicolas Hulot, elle ne se prononce pas sur le fond du dossier et n'exprime aucune forme de solidarité avec celle qui a déposé une plainte en 2008.

09/02/18 - 18:15 - Pascale Mitterand réagit à la médiatisation de l'affaire

A travers un communiqué transmis à l'AFP et rédigé par son avocat, Pascale Mitterrand, qui est la jeune femme qui a déposé une plainte contre Nicolas Hulot en 2008, a réagi, face à l'ampleur que prend l'affaire depuis les révélations du magazine Ebdo. "Le nom de Madame Pascale Mitterrand a été associé contre son consentement à une tempête médiatique visant Monsieur Nicolas Hulot. Elle-même et sa famille ne cautionnent en aucune manière la publicité", a-t-elle fait savoir par la voix de Me Michel Dufranc, bâtonnier du barreau de Bordeaux et avocat de la famille. "Elle n’est en aucune manière à l'initiative des révélations qui sont à l'origine de la médiatisation actuelle", ajoute le communiqué. L'avocat a par ailleurs précisé qu'elle avait bien répondu aux questions des journalistes qui ont mené l'enquête, mais qu'elle avait voulu gardé l'anonymat. "Elle a dit dès le départ aux journalistes de l'Ebdo qu'elle ne souhaitait pas cette médiatisation, mais elle n'avait aucun pouvoir de s'y opposer", a insisté Me Michel Dufranc auprès de l'AFP..

09/02/18 - 12:30 - La procureure de Saint-Malo confirme qu'une plainte contre Nicolas Hulot a été déposée en 2008

Dans un communiqué, Christine Le Crom, la procureure de la République de Saint-Malo, fait savoir jeudi 8 février en soirée qu'"une jeune femme a effectivement déposé plainte, le 11 juillet 2008, à l'encontre de Nicolas Hulot en dénonçant un fait de viol commis, selon elle, 11 ans auparavant, alors qu'elle était déjà majeure". Toujours selon la procureure, les faits étant "prescrits", la plainte déposée à l'encontre de l'actuel ministre d'État a été classée "sans suite".

09/02/18 - 08:35 - La plaignante est-elle une petite-fille de François Mitterrand ? (Le Point)

Selon Le Point, c'est une petite-fille de François Mitterrand qui serait à l'origine de la plainte de 2008 évoquée par Nicolas Hulot sur BFMTV hier matin. Dans un article intitulé "Agressions sexuelles : quels faits derrière les démentis de Nicolas Hulot ?" (lire ici), l'hebdomadaire indique que celle-ci "livrerait son témoignage anonyme ce vendredi" à l'Ebdo. Contacté par Le Point, Laurent Valdiguié, l'un des journalistes de l'Ebdo en charge de cette enquête, "se montre peu bavard" sur la question. Le nom de la plaignante n'est pas livré dans l'article du magazine, qui ne donne pas son identité. Pour autant, Ebdo parle d'une "grande famille française" et relaie les justifications de la présumée victime, qui aurait tardé à porter plainte à cause, en partie, du fait que certains membres de sa famille soient connus.

09/02/18 - 08:16 - Affaire Nicolas Hulot : les accusations d'Ebdo

Dans l'enquête publiée dans le magazine Ebdo parue ce vendredi 9 février, les allégations portées à l'endroit du ministre sont assez claires. Le magazine évoque les rumeurs autour d'une ancienne collaboratrice, et écrit ceci : "Il y a une deuxième piste, une affaire plus ancienne avec une autre femme. Selon nos informations, recoupées auprès de l’intéressée et de trois membres de sa famille, Nicolas Hulot aurait abusé d’elle durant l’été 1997". Et d'ajouter : "La scène s’est déroulée dans une des maisons du ministre. Sans témoin". Selon Ebdo, si la victime présumée n'a pas porté plainte, c'est par crainte d'un "scandale" et que celui-ci secoue "une grande famille française".

08/02/18 - 19:08 - "Je n'ai pas voulu déposer plainte" : les explications de la victime présumée de Nicolas Hulot

Dans Ebdo, "Marie", dont on ignore l'identité exacte assure auprès des journalistes du magazine : "Je n’ai pas voulu déposer plainte. Mon but n’était pas de le faire juger, mais de le mettre devant sa conscience. [...] J’ai tenu à ce qu’il sache la façon dont j’avais vécu les choses, et je lui ai fait savoir", dit-elle en parlant du ministre de la Transition écologique. Son père précise : Tout était prescrit et elle était certaine que cela ne donnerait pas lieu à un procès, mais, au moins, les choses étaient dites".

08/02/18 - 11:18 - Edouard Philippe soutient Nicolas Hulot

Nicolas Hulot l'avait lui-même annoncé - "Ils [Emmanuel Macron et Edouard Philippe] m'ont affirmé leur affection, leur confiance - mais c'est désormais officiel. Le Premier ministre a fait part de son soutien envers le ministre de l'Ecologie depuis l'éclatement des rumeurs d'accusations de viol et de harcèlement sexuel. "Nicolas Hulot s’est exprimé avec sincérité et émotion sur les rumeurs dont il est l’objet depuis plusieurs jours. Ses explications ont été claires, précises, et nous n’avons aucune raison de douter de sa parole", a indiqué Edouard Philippe dans un communiqué.

EN SAVOIR PLUS

Nicolas Hulot et la rumeur de harcèlement sexuel

Nicolas Hulot fait l'objet d'une enquête du magazine l'Ebdo pour deux affaires présumées. La première concernerait des accusations de harcèlement sexuel subi par une ancienne collaboratrice de la Fondation Hulot. Au micro de BFMTV, Nicolas Hulot a nié purement et simplement avoir fait l'objet d'une quelconque plainte. "La réponse est non, et je le dis avec d'autant plus de force que la personne en question, qui est parfaitement identifiée, avec laquelle je suis en contact, vous dira la même chose", a-t-il martelé face à Jean-Jacques Bourdin. Et quand son intervieweur a évoqué un "accord de confidentialité", voire une "transaction financière", pour acheter le silence de la plaignante, Nicolas Hulot s'est insurgé, demandant à ce qu'on lui amène le "chèque" comme preuve. L'ancienne collaboratrice de Nicolas Hulot serait aujourd'hui salariée à l'Assemblée nationale ce qui alimente les théories d'un échange de bons procédés pour étouffer l'affaire.

Nicolas Hulot et la plainte dans une autre affaire sexuelle

Nicolas Hulot a en revanche reconnu avoir fait l'objet de poursuites, en 2008, par une autre femme, une jeune femme de 20 ans, pour des faits présumés remontant à 1998. Le ministre a d'abord voulu écarter tout soupçon sur l'âge de la plaignante : au moment des faits présumés, elle n'était pas mineure selon lui, alors qu'elle était d'abord présenté comme une jeune femme de 17 ans. Puis Nicolas Hulot a indiqué avoir été entendu, à sa demande, par les gendarmes en charge de l'affaire en 2008 et que celle-ci a été classée sans suite. "Elle a été classée sans suite parce que non seulement l'affaire avait été prescrite", a-t-il indiqué, mais parce que "les enquêteurs ont considéré que rien ne permettait de poursuivre". "C'est vrai qu'il y a eu cette plainte mais la justice est passée, il faut en tenir compte", a-t-il conclu. Quelques heures après ces révélations, Le Point a publié un article dans lequel il affirme que c'est une petite-fille de Mitterrand qui l'accusait de viol.

Nicolas Hulot et les femmes

Dans plusieurs portraits qui lui ont été consacrés ces dernières années, Nicolas Hulot est présenté comme un "amoureux de la vie" et un "séducteur", dont l’appétit n'aurait d'égal que l'impatience. Dans un livre, "Les chemins de traverse", publié par Nicolas Hulot lui-même en 1989 (JC Lattès), l'ancien animateur télé évoque plusieurs de ces femmes pour lesquelles il s'est successivement "emballé". Dans une biographie intitulée "Sain Nicolas", publiée en 2010 par Bérengère Bonte, alors journaliste à Europe 1 (Editions du Moment), il est aussi question de "multiples conquêtes". Des proches citent de "jeunes anonymes, assistantes d'émission, stagiaires ou de jeunes femmes issues de la sphère publique"... Dans ce livre, sont mentionnées "une petite-fille de Mitterrand, apprentie photographe, qui passe une semaine chez lui sans ramener un seul cliché", ainsi que d'"une fille de ministre courtisée à la limite du harcèlement et d'autres" jeunes femmes.

Pour rappel, Nicolas Hulot est marié depuis 2002 à Florence Lasserre, la mère de deux de ses trois enfants, Nelson et Titouan. C'est en janvier 1996 que l'animateur d'Ushuaïa rencontre, à Chamonix, cette férue de ski ayant vécu trente ans au pied du Mont Blanc. Il vient alors tout juste de se séparer d'Isabelle Patissier, double championne du monde d'escalade, avec laquelle son mariage capotera entre 1993 et 1996. Auparavant, il avait vécu avec Dominique Cantien, directrice des variétés à TF1 de 1986 à 1992. Une histoire qui se terminera "de manière explosive" raconte aussi sa biographie. Après avoir vécu en Corse, le couple qu'il forme toujours avec Florence Lasserre s'est installé à Saint-Lunaire, en Bretagne, où cette dernière sera adjointe au maire.

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