Macron sur BFMTV : best-of des prises de bec avec Plenel et Bourdin

Macron sur BFMTV : best-of des prises de bec avec Plenel et Bourdin MACRON - Le chef de l'Etat était sur BFMTV dimanche soir. Il a été malmené par Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, qui se sont lancés dans un bras de fer avec le chef de l'Etat.

[Mis à jour le 16 avril 2018 à 14h52] Que faut-il retenir de l'interview d'Emmanuel Macron sur BFMTV et Mediapart ? Le président a fait face à des journalistes au ton plus incisif que lors de son entretien avec Jean-Pierre Pernaut, 3 jours auparavant. Edwy Plenel a fait savoir au président - à plusieurs reprises - que selon lui, sa manière de gouverner était "verticale, autoritaire". Jean-Jacques Bourdin a, lui-aussi, donné son avis sur la première année du président à l'Elysée, demandant à Emmanuel Macron s'il n'était pas dans "l'illusion puérile de toute puissance". Le chef de l'Etat, qui a haussé le ton à plusieurs reprises, est malgré tout resté concentré sur son objectif : montrer qu'il allait maintenir le cap qu'il s'était fixé.

Emmanuel Macron : moments de tension avec Edwy Plenel

"Vous n'avez pas été élu par une adhésion majoritaire à votre programme. Vous êtes le produit d'une circonstance accidentelle, exceptionnelle, face à l'extrême droite. Est-ce qu'on n'est pas au cœur d'un malentendu ?", a lancé le journal de Mediapart, rappelant que le chef de l'Etat a été élu face à Marine Le Pen. "Le contexte est très différent de l'élection de Jacques Chirac, il n'y a pas eu de front républicain [...] Il n'y a pas eu d'adhésion massive à mon projet pour les présidentielles, vous avez raison. Mais il y a eu quelques semaines plus tard des législatives. Les parlementaires sont venus sur un projet. [...] Les Françaises et les Français ont donné une majorité au projet que je portais".

Autre échange tendu : le fondateur de Mediapart a jugé que le chef de l'Etat employait une méthode "autoritaire et verticale" pour lancer ses réformes. "Vous vous êtes trompé sur le nom de votre mouvement, vous auriez dû l'appeler 'En force'". "Est-ce une question ou un plaidoyer ?", s'est agacé le chef de l'Etat. "Votre question amalgame des questions très différentes", a-t-il estimé. Plus tard, alors qu'Emmanuel Macron durcissait l'échange, Edwy Plenel l'a mis en garde : "Vous n'êtes pas le professeur et nous ne sommes pas les élèves". A souligner encore, cet échange : "Nicolas Hulot était très embarrassé par l'évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes", a tancé Edwy Plenel. Réponse du président : "Mais arrêtez de dire des bêtises. Monsieur Plenel, ne faîtes pas parler les ministres, vous n'êtes le ventriloque d'aucun ministre".

La compilation de Brut : l'agacement d'Emmanuel Macron face aux questions des journalistes :

Jean-Jacques Bourdin, lui-aussi, a corsé l'interview, avec des relances poussant le président dans ses retranchements. Il a aussi fait plusieurs remarques, en parlant notamment de son "ami Bernard Arnault". "Pardon, j'ai pas d'amis", a-t-il sèchement répondu. A noter, cette question très préparée du journaliste de BFMTV, qui semble s'être accorder un petit plaisir : "Est-ce que vous n'êtes pas dans une illusion puérile de toute-puissance ?".

Emmanuel Macron sur la SNCF

Sur le fond, Emmanuel Macron a fait une seul annonce concrète : la dette de la SNCF sera reprise, progressivement, à partir du 1er janvier 2020. "Aujourd'hui, nous sommes face à une SNCF environ 30% moins performante que ses grands voisins. L'Etat n'a pas sous-investi, il a parfois mal investi, c'est-à-dire dans des grandes infrastructures, et pas dans les infrastructures du quotidien. On a pas suffisamment renouvelé les petites lignes. Notre réforme, c'est avoir à l'issue de celle-ci une SNCF plus forte, qui permette de rénover notre système de rail et d'apporter un meilleur service". Et d'ajouter : "Ce sera une entreprise publique, je l'ai dit, je le dit solennellement. [...] Je ne veux pas privatiser la SNCF, ça n'a aucun sens".

Emmanuel Macron sur la Syrie

Le chef de l'Etat a assuré que, malgré les frappes aériennes, La France n'a pas déclaré la guerre au régime" de Bachar al-Assad. Il a précisé que l'intervention était "légitime" à défaut d'être légale, et assuré que "c'[était] la communauté internationale qui [était] intervenue". Et d'ajouter : "Mon objectif, c'est de pouvoir au moins convaincre les Russes et les Turcs de venir autour de cette table de négociation".

Emmanuel Macron sur les impôts et l'éventualité d'un nouveau "jour de solidarité"

"Il n'y aura pas de création d'un nouvel impôt local, ni d'un impôt national, il n'y aura pas d'augmentation de la pression" a promis le président de la République, assurant par ailleurs qu'il serait "intraitable" à l'avenir sur la fraude fiscale. Pour autant, Emmanuel Macron a jugé envisageable que l'exécutif propose à l'avenir une nouvelle "journée de solidarité", c'est à dire la suppression d'un second jour férié pour financer la dépendance des personnes âgées. "C'est une piste (...) Est-ce que ça a bien marché la dernière fois ? Je ne suis pas contre, je pense que c'est une piste intéressante, il faut le regarder (...) Ca peut être une option".

Emmanuel Macron sur la loi "asile"

Le président de la République a défendu, longuement, le projet de loi qui réforme le droit d'asile, nécessaire selon lui, alors que "l'Europe fait face à un phénomène migratoire inédit, qui va durer". "Aujourd'hui, c'est 14 mois pour avoir son asile en France, 14 mois dans la précarité avec des droits réduits. Mon engagement, c'est de réduire ce délai à 6 mois. [...] Les gens qui ne relèvent pas de l'asile, il faut instruire plus vite leur dossier, et éventuellement les reconduire plus vite. La France ne peut pas prendre toute la misère du monde". Le chef de l'Etat a été interrogé, par ailleurs sur le "délit de solidarité", c'est-à-dire sur le fait qu'une personne soit poursuivie et condamnée pour aider un étranger en situation irrégulière : "Ceux qui sauvent des vies sont en situation de faire un geste d'humanité ne doivent pas être condamnées, mais ceux qui aident consciemment ou inconsciemment les passeurs, je ne vais pas les affranchir du délit de solidarité", a-t-il dit.

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TF1 / Edwy Plenel

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