Eric Coquerel sur les facs : "Le gouvernement va peut-être l'emporter, mais il le regrettera"

Eric Coquerel sur les facs : "Le gouvernement va peut-être l'emporter, mais il le regrettera" Pour Eric Coquerel, qui s'est longuement exprimé sur le sujet dans "Restons Poli(tique)s", la colère exprimée dans les universités est "un mouvement de fond", qui prendra une autre forme d'expression à l'avenir.

Invité ce jeudi 17 mai de "Restons poli(tique)s", l'émission de Linternaute.com et de LObs, Eric Coquerel s'est longuement expliqué sur sa présence, ces dernières semaines, sur plusieurs sites universitaires. Il était là, dit-il, "en soutien des étudiants et des professeurs" qui ont bloqué les sites pour s'opposer à la réforme de l'accès au supérieur. "J'estime que c'est mon rôle. Je ne suis pas un notable", se justifie-t-il, s'interrogeant sur les critiques virulentes formulées à son endroit par le Premier ministre et des élus de la majorité. "Ils se sont peut-être habitués à ça avec une certaine gauche à l'Assemblée. Là, c'est le retour d'une gauche militante", assure le député insoumis, avant de répondre : "Ceux qui préparent le fait de bloquer l'accès à l'université à des milliers de lycéens n'ont pas de leçon à nous donner".

"C'est une mobilisation de masse"

Reste qu'il apparaît désormais que les étudiants sont une majorité à s'opposer aux blocages des examens. C'est en tout cas le résultat de l'étude La Fage, qui indique que 72% d'entre-eux souhaitent que les perturbations s'arrêtent. "Je ne crois pas à ce genre de sondage", balaie le député LFI. "J'étais sur la fac, à la demande des étudiants. Ce n'est pas un fait minoritaire. C'est quelque chose de profond, ce n'est pas, comme veut nous le faire croire le gouvernement, un fait extérieur aux étudiants", dit-il, ajoutant : "Il s'est passé quelque chose d'important, c'est une mobilisation de masse. Ça aura des effets, même si c'est des effets retardés. [...] De ce que j'ai vu à Accueil, il n'y avait pas une masse d'étudiants expliquant qu'ils voulaient passer leurs examens". Et si la plupart des étudiants opposés au blocage n'avaient pas la même visibilité que les bloqueurs ? "Je ne crois pas à cette version-là. C'est très fabriqué, une bonne propagande du gouvernement. C'est un vieux classique. En 1986, on vous sortait quelques étudiants de l'UNI qui étaient censés représenter une majorité silencieuse", s'agace Eric Coquerel.

"Peut-être que le gouvernement va finir par l'emporter"

"Le gouvernement a fait un choix, peut-être qu'il va finir par l'emporter", concède désormais Eric Coquerel. "Mais c'est quelque chose qu'il regrettera", prévient-t-il. Pour le parlementaire, "quand vous faites appel à la force, peut-être que vous arrivez à débloquer les facs, mais à moyen terme, ça marche pas". "Il y a des milliers d'étudiants qui ont la révolte au coeur, qui vont se mobiliser contre la politique d'Emmanuel Macron", prévoit-il encore.

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