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Bonnes feuilles Juppé 2012

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 En 1993, Nicolas Sarkozy choisit Edouard Balladur, Alain Juppé reste fidèle à Jacques Chirac. Pour son ouvrage "Juppé 2012", Pascal Louvrier a interrogé le ministre sur sa relation avec l'actuel président.

 

alain juppé revient sur les 'tensions' avec 'nicolas sarkozy'.
 
Alain Juppé revient sur les "tensions" avec "Nicolas Sarkozy". © UN Photo / Mark Garten
 

"Il est évident que le nom de Sarkozy arrive dans la conversation. Alain Juppé ôte ses lunettes et se frotte vigoureusement les yeux." On se connaît depuis 1976. Tout allait bien entre nous jusqu'en 1993, année où il choisit de soutenir Balladur. Jacques Chirac était alors affaibli. Il s'est lui-même marginalisé par son choix. Moi, j'étais fidèle à Jacques Chirac, et il se trouve que c'est lui qui a gagné la présidentielle de 1995. Avant, il n'y avait pas de tensions entre nous. Une fois Premier ministre, j'ai pourtant essayé de lui confier un ministère, mais Chirac y était fermement opposé. Il me disait : "Moi vivant, Sarkozy n'aura aucun poste gouvernemental !" Il a fini par faire partie d'un gouvernement, et grâce à Chirac..."

 

"En 2002, il était opposé au parti unique de la droite. Il avait compris que l'UMP était une rampe de lancement pour ma candidature à la présidentielle de 2007. Et puis, j'ai connu les déboires que vous savez, et le numéro 1 s'est fait dépasser par le numéro 2. L'UMP, il s'en est alors servi pour se faire élire. Voilà."

 

Entre admiration et agacement

"Son obsession de réagir immédiatement, à tout, est énervante."

"Nicolas a une capacité de travail phénoménale. Il déborde de vitalité. Mais son obsession de réagir immédiatement, à tout, est énervante. La fonction présidentielle exige du recul, de la mesure et de la discipline. Pour moi, l'esprit de modération, c'est ça. [...] J'ai longtemps hésité avant de rejoindre l'équipe gouvernementale actuelle. Je craignais d'être marginalisé. Or, ce n'est pas le cas. Il y a un véritable échange entre Nicolas et moi. Il m'écoute. Depuis que je suis de retour, certains disent que le climat général a changé. (Sourire.) Maintenant, de là à dire que j'apaise Nicolas, comme je le lis dans les journaux, ce n'est pas à moi de répondre. Il faudrait le lui demander ! (Rire !)"

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