Cahuzac : son compte, ses mensonges, le gouvernement... L'ancien ministre raconte

Cahuzac : son compte, ses mensonges, le gouvernement... L'ancien ministre raconte Jérôme Cahuzac sort du silence. Dans un entretien à Vanity Fair, il dit regretter davantage d'être devenu ministre que d'avoir ouvert un compte secret.

Jérôme Cahuzac a décidé de s'exprimer à nouveau. L'ancien ministre déchu s'était réfugié dans le silence depuis son interview-confession accordée à BFM TV le 16 avril dernier, il y a tout juste un an. L'homme a choisi pour se faire entendre le magazine branché Vanity Fair, qui rappelle à l'occasion, dès le début de l'article, que "d'après les éléments rassemblés par la justice, le compte bancaire suisse de Jérôme Cahuzac n'a jamais abrité plus de 600 000 euros, contrairement aux chiffres qui ont circulé dans certains articles de presse". Une mise au point qui a peut-être libéré plus facilement la parole de l'ancien ministre du Budget.

Et autant dire que l'homme ne semble pas avoir oublié les circonstances de sa chute. La rancoeur semble toujours aussi vivace à l'égard de Mediapart, qui avait découvert l'existence du compte non déclaré, comme si ces révélations avaient un goût d'injustice. "J'ai construit ma vie politique de façon scrupuleusement honnête – intellectuellement et matériellement. Quand j'ai ouvert ce maudit compte, je n'avais aucun mandat, je n'étais candidat à rien, je n'imaginais même pas que je le serais un jour. Je suis devenu un homme respecté, écouté", estime-t-il, ajoutant "Je ne peux pas accepter de laisser tout détruire à cause d'une imbécillité qui date d'il y a vingt ans...". 

Des regrets ? "J'aurais dû dire non" au poste de ministre

Pour Jérôme Cahuzac, l'"erreur de sa vie" n'est pas vraiment d'avoir ouvert un compte, mais plutôt d'être entrer au gouvernement, en mai 2012 : "C'est à ce moment-là que je fous ma vie en l'air. J'aurais dû répondre non", assure-t-il. "Rien ne serait sorti, le temps que je trouve enfin une solution pour me débarrasser de cette saleté de compte". Est-ce à dire que l'ancien ministre n'a pas de regret sur l'ouverture de ce compte illégal ? Pas vraiment. L'homme dit avoir souhaité s'en "débarrasser" à "cinq ou six reprises", mais a toujours craint "la rupture de l'anonymat".
Mais l'ancien ministre explique aussi pourquoi il en est venu à ouvrir ledit compte, alors que ses activités de chirurgien et de consultant pour des laboratoires pharmaceutiques devenaient rentables : "Très vite, j'ai gagné bien plus qu'auparavant. Je ne savais pas quoi faire de cet argent (...) et une partie des clients de la clinique – surtout les étrangers – voulaient payer en espèces. Je me suis dit qu'avec un compte en Suisse, je serais tranquille" explique-t-il.

Jérôme Cahuzac dit aussi avoir souffert de la "spirale du mensonge" après la découverte par Mediapart du pot aux roses, évoquant son ulcère et les "terreurs de la nuit".

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