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Jean-Pierre Chevènement, ministre rebelle

A la SFIO dès 1964, puis auprès de François Mitterrand, Jean-Pierre Chevènement fait son entrée en politique à la gauche du mouvement socialiste. Co-fondateur du PS, il participe dans un premier temps à un rapprochement avec les communistes avant d'être écarté lors de l'arrivée des "réformateurs", incarnés par Michel Rocard. Député du territoire de Belfort dès 1973, il y sera réélu presque sans discontinuer jusqu'en 2002. Il sera par ailleurs maire de Belfort de 1983 à 2007. Depuis septembre 2008, c'est un siège de sénateur qu'il occupe au palais du Luxembourg.

 

Mais Jean-Pierre Chevènement aura surtout marqué l'opinion lors de ses passages sous les ors des ministères. Ministre de la Recherche puis de l'Industrie entre 1981 et 1983, il claque une première fois la porte du gouvernement, dénonçant le virage "libéral" pris par Pierre Mauroy. Il fera son retour dans le gouvernement de Laurent Fabius en 1984, à l'Éducation nationale. Ministre de la Défense à partir de 1988, il démissionne à nouveau en 1991 pour protester contre l'engagement de la France dans la guerre du Golfe. Ses derniers coups d'éclats ministériels datent du gouvernement Jospin. A l'Intérieur, il applique alors une "politique sécuritaire de gauche", qui se concrétise parfois par des mesures polémiques sur l'immigration ou la délinquance des mineurs (les célèbres "sauvageons"). Des positions qui lui valent aujourd'hui (à tort ou à raison) d'être cité en exemple par Eric Besson comme par Nadine Morano.

 

En 1998, Jean-Pierre Chevènement passe plusieurs jours dans le coma après un grave accident d'anesthésie. Il devient alors un "miraculé de la République" selon ses propres termes. Dès lors, il n'aura de cesse de renforcer sa stature d'homme d'Etat. Candidat à la présidentielle de 2002, il est un temps présenté comme le "troisième homme", mais ne récolte que 5,33 % des suffrages. Fondateur du "Mouvement républicain et citoyen" dans la foulée des élections, puis du think-tank ResPublica en 2005, il est depuis resté fidèle à son principal leitmotiv : la refondation d'une gauche républicaine, laïque et sensible à une certaine forme de patriotisme. Récemment, il appelait à un "new deal républicain" pour sortir la France et le monde de la crise financière.

 

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