Déclaration de François Hollande : les 6 points clés

Le chef de l'Etat s'est exprimé à la télévision à 20h, après la défaite des élections européennes. L'allocution télévisée de François Hollande avait été enregistrée dans l'après-midi.

Une déclaration de François Hollande a été diffusée ce lundi soir, à 20 heures, après la débâcle des élections européennes. Le chef de l'Etat, pressé de réagir, est brièvement revenu sur les causes de la poussée impressionnante du FN, qui a obtenu près de 25 % des suffrages. Il a aussi évoqué les conséquences qu'il tirait du scrutin, alors que Marine Le Pen le presse de dissoudre l'Assemblée nationale. L'intervention du chef de l'Etat, qui sera à Bruxelles demain pour un Conseil européen, a été courte, à peine 5 minutes. Il a notamment écarté l'option de la dissolution, mais il s'est évertué à maintenir le cap fixé lors du remaniement d'avril et la nomination de Manuel Valls. Voici ses principales déclarations.

1- Une défiance reconnue. Dans la bibliothèque de l'Elysée, François Hollande a d'abord reconnu la poussée du FN lors des élections européennes et une "défiance" à l'égard de sa politique. "C'est vrai, partout les eurosceptiques progressent", a-t-il commencé. "Mais c'est en France que l'extrême droite arrive aussi largement en tête." Pour François Hollande, "ce vote n'efface pas tous les autres suffrages", mais il doit "être regardé en face". Une urgence avant les départementales 2015 qui arrivent désormais à grands pas. Le chef de l'Etat a donc reconnu une "défiance à l'égard de l'Europe qui inquiète plus qu'elle protège" et une "défiance vis à vis des partis de gouvernement".

2- Un sentiment de peur et d'abandon. Pour François Hollande ce serait une "faute de fermer les yeux" sur la situation. Son analyse du scrutin est simple : les Français ont selon lui exprimé "leur peur du déclin de la France dans la mondialisation". Des Français qui ressentiraient un "abandon dans la dureté de la vie". Voilà pour le constat.
3- Un soutien à l'Europe. Après la poussée eurosceptique, le président de la République a tenté de rétablir la légitimité de la construction européenne. "Le pire serait de renoncer à ce qui fait la France", a-t-il embrayé en tentant de soutenir la "place de la France dans l'Europe et dans le monde". "L'Europe ne peut pas avancer sans la France", affirme le chef de l'Etat qui assène : "Je suis européen".

4- Un rappel de son projet pour l'UE. François Hollande va ensuite soutenir sa vision européenne et son projet pour l'UE : "Mon devoir est de réformer la France et de réorienter l'Europe". L'Europe selon lui, "elle a réussi à surmonter la crise de la zone euro". Et le chef de l'Etat de rappeler son voyage à Bruxelles le lendemain : "Demain je réaffirmerai que la priorité, c'est la croissance, emploi, l'investissement". Un nouveau rappel de son leitmotiv de 2012 face à une Angela Merkel qui a fait de la rigueur sa priorité.

5- Quelques critiques, y compris sur les frontières. L'Europe n'est pourtant pas exempte de critiques. Pour François Hollande, elle "est devenue illisible, lointaine". "Ca ne peut plus durer", selon le chef de l'Etat qui prône une Union européenne "simple, claire, pour être efficace". L'Europe doit selon lui "préparer l'avenir", mais aussi "protéger ses frontières". Un message aux électeurs du FN, qui a mis la question de l'immigration sur le devant de la scène, mais aussi à Nicolas Sarkozy qui a prôné dans une tribune une révision de l'espace Schengen quelques jours avant le scrutin. "Tel doit être le mandat de la prochaine commission européenne et j'y veillerai", scande le chef de l'Etat qui est ensuite revenu à la politique nationale.

6- Un cap inchangé en France. François Hollande n'a rien annoncé de neuf, mais a martelé de nouveau le cap du gouvernement Valls. Pointant "10 ans de politiques" inefficaces, il estime aujourd'hui que "ce n'est pas l'Europe qui nous demande de faire des réformes", présentant ces dernières comme une nécessité. Le chef de l'Etat va ensuite dérouler le cap, qui restera inchangé à l'échelle nationale : "l'emploi par le pacte de responsabilité, le pouvoir d'achat par la baisse impôts, la simplification et la modernisation de l'Etat", qui est "tout l'enjeu de la réforme territoriale qui sera présentée dès la semaine prochaine".
"Cette ligne de conduite ne peut pas dévier en fonction des circonstances", conclura François Hollande. Une fin de non recevoir à ceux qui le pressent de changer de cap, de l'extrême droite à la gauche de la gauche. Tout juste prône-t-il désormais désormais plus de "rapidité dans la mise en oeuvre" avant de livrer un message de rassemblement. "Dans les épreuves, le rassemblement des Français est nécessaire, [...] ce qui nous unit est notre attachement à la démocratie, à la République, [...] notre amour de la France".

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