Mardi 5 juin 2007 - Brice Soccol et Patrick Lafarge, deux universitaires, experts de la vie politique et co-auteurs de "577 députés à élire. Le dictionnaire des circonscriptions", ont répondu à vos questions.
"Une élection de confirmation"
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Brice Soccol et Patrick Lafarge Agathe Azzis © L'Internaute Magazine
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| "Il faudra suivre de près la mobilisation ou la démobilisation de l'électorat des banlieues..." |
Les législatives semblent moins intéresser l'opinion que la présidentielle ? Pourquoi ?
Il est difficile de répondre aujourd'hui à cette question. Nous devrons certainement attendre le taux de participation de dimanche. Mais il est exact que l'élection présidentielle est l'élection clé et que la victoire nette d'un camp (UMP) sur un autre (PS) peut rendre moins intéressante l'élection suivante.
Que pensez-vous de la superposition des législatives et de la présidentielle ? Est-ce que cela ne perturbe pas les électeurs dans le choix de leur député ?
Toutes les législatives qui ont eu lieu après les présidentielles depuis 1958 ont été des élections de confirmation pour le Président élu. L'inversion du calendrier, intervenue lorsque Lionel Jospin était Premier ministre, avec le soutien à l'époque de François Bayrou, a renforcé ce "régime présidentiel", tout comme le quinquennat. Mais cette réforme n'est pas inscrite dans la constitution et n'est donc pas immuable, ce qui peut permettre, en cas d'élections anticipées (dissolution de l'Assemblée ou démission du Président), de changer l'ordre de ces élections.
Comment sont découpées les circonscriptions ? Pourquoi le découpage actuel est-il critiqué ?
Le découpage a été réalisé en 1986 sur la base du recensement de 1982 avec comme critère 100 000 habitants par circonscription. Depuis, ces chiffres ont beaucoup évolué. Plusieurs recensements ont été réalisés et le conseil constitutionnel a exigé un redécoupage, de préférence avant cette élection, ou au pire, après. Rien n'a encore été fait à ce jour.
Au moment de la campagne présidentielle, le principe de non-cumul des mandats était très en vogue.
Pensez-vous qu'une réforme est à prévoir, qui sonnerait la fin des députés-maires ?
Le cumul maire-député ne nous choque pas car il correspond généralement à un même territoire. Par contre, il serait souhaitable de limiter dans le temps le nombre de mandats. Par exemple, ne pas être député pour un troisième mandat de suite...
Que pensez-vous de la proposition récurrente chez les petits partis d'introduire une dose de proportionnelle dans le scrutin ?
Notre opinion est la suivante : soit nous faisons une vraie proportionnelle à l'allemande, c'est-à-dire 50 % de l'Assemblée, soit nous n'y touchons pas. Si nous n'introduisons que 10 % ou 15 % de candidats issus de la proportionnelle, nous aurions alors simplement une prime aux apparatchiks...
Quelles sont les circonscriptions historiquement les plus à droite et les plus à gauche ?
On peut sans grand risque annoncer que les deux candidats de droite du XVIe arrondissement de Paris seront élus, ce qui correspond aux arrondissements "bourgeois de la capitale". Même chose en Alsace, hors Strasbourg et Mulhouse, les zones urbaines étant toujours plus "à gauche". A gauche, le Pas-de-Calais aurait pu, il y a quelques années, figurer dans les départements les plus stables, mais ce n'est plus vrai. Aujourd'hui, les départements de l'Ariège, de la Haute-Vienne sont probablement en tête des départements de gauche...
Quelles sont les zones qui peuvent faire basculer la majorité à l'Assemblée ?
Incontestablement les zones urbaines où l'abstention peut être forte aux législatives par rapport aux présidentielles et où l'impact du nouveau président de la République peut mobiliser un camp et démobiliser un autre. Il est à noter qu'on suivra de près la mobilisation ou la démobilisation de l'électorat qui se situe dans les banlieues...
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