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Interview
Juin 2007
"L'abstention nous a été favorable au premier tour alors qu'elle a favorisé la gauche au second "
Après ce sursaut de la gauche : défaite ou victoire pour l'UMP ? Depuis hier soir, il s'est opéré, un retournement de communication assez curieux : pendant que les perdants se félicitaient, certains gagnants se flagellaient alors que c'est une victoire. Une belle victoire puisque les électeurs ont donné une majorité absolue à l'UMP et à Nicolas Sarkozy pour qu'il puisse appliquer son programme. Et une double victoire, car c'est la première fois depuis 1978 qu'une majorité est reconduite à l'issue des législatives.
Pour moi, au second tour, il y a eu une démobilisation des électeurs de droite, conjointement à une remobilisation des électeurs de gauche. C'est sans doute la "vague bleue" annoncée dans les médias qui a changé la donne. Lors de ces législatives, nous avons donc eu affaire à un double effet de l'abstention : celle-ci a nous a été plutôt favorable au premier tour alors qu'elle a favorisé la gauche au second tour.
Cette remobilisation a-t-elle un lien avec un vote contre la TVA sociale ? Il est certain que la communication sur la TVA a joué un rôle dans les résultats de ce second tour. Mais ce n'est pas la raison principale de la remontée de la gauche à mon avis qui est plus liée à une remobilisation réussie entre les deux tours et à un sentiment, à droite, que tout était joué.
Quel en sera la conséquence sur l'application du programme de Nicolas Sarkozy ? Le programme de Nicolas Sarkozy a été exposé clairement lors de la campagne présidentielle et approuvé par 53 % des Français. Aujourd'hui, les électeurs ont donné la majorité absolue à l'UMP pour mettre en œuvre ce programme. Il commencera donc à être appliqué dès le mois de juillet, comme cela avait été prévu. Le fait politique aujourd'hui, c'est que les électeurs ont donné cette majorité absolue à l'UMP à l'Assemblée après l'élection du Président. La question de savoir s'il y a quelques députés de la majorité en plus ou en moins ne changera pas le calendrier.
Que pensez-vous de l'annonce de la séparation de Ségolène Royal et François Hollande en pleine soirée électorale ? Je suis surprise de voir l'irruption de cette information dépendant de la sphère privée dans les débats d'après législative. J'y vois l'installation d'un style et d'une méthode qui ont caractérisé Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, le signe d'une stratégie tournée vers le "people". Sans doute cherchait-elle à détourner l'attention des électeurs après les deux revers du PS aux présidentielles et aux législatives…
"Polluer" n'est pas le mot que j'utiliserais. Je dirais plutôt que ce sujet est "décalé" par rapport à un événement comme le second tour d'une élection législative. Je suis étonnée que le Parisien, par exemple, choisisse de faire sa une sur la rupture du couple Royal-Hollande plutôt que sur les résultats des législatives.
On parle d'un remaniement du gouvernement Fillon dans les jours qui viennent. Mais je n'ai pas d'informations à communiquer sur ce sujet. Je n'ai pas de souhait en particulier. C'est à Nicolas Sarkozy d'annoncer les changements à venir.
Trouvez-vous normal que Juppé quitte ce gouvernement ?Allez-vous entrer dans le ministère de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durable ? Je ne vis pas la démission d'Alain Juppé par rapport à mon propre avenir, mais d'abord comme une surprise et une profonde tristesse. Alain Juppé est quelqu'un de bien qui s'est énormément investi dans la mise en place du ministère du développement durable. C'était un projet très difficile et il s'était engagé très fort dans celui-ci. C'est dommage.
Pour l'instant, je n'ai aucune information. François Fillon et Nicolas Sarkozy sont en train de préparer ce remaniement. C'est à lui de décider (le lendemain de l'interview, Nathalie Koscuisko-Morizet a été nommée secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie auprès de Jean-Louis Borloo ministre de l'Environnement, du Développement et de l'Aménagement durables - NDLR).
Deux candidats sont déclarés à ce jour : Jean-François Copé et Christian Estrosi. Mais il est difficile de se prononcer car la liste des candidatures n'est pas encore clôturée. Quant à la présidence de l'Assemblée, le sujet est moins brûlant. Il y a officiellement deux candidats (Bernard Accoyer et Patrick Ollier - NDLR), et un troisième, François Baroin, est attendu, mais ne s'est pas encore manifesté en ce sens. Il faudra attendre encore quelques jours pour en savoir plus.
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