Emmanuel Macron et les "illettrées" : ce qu'il voulait vraiment dire

Emmanuel Macron et les "illettrées" : ce qu'il voulait vraiment dire Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a été contraint de présenter ses excuses aux salariées de la société Gad qu'il avait très maladroitement qualifiées "d'illettrées" ce matin.

Le mot n'a évidemment pas échappé aux détracteurs d'Emmanuel Macron qui ont pilonné le ministre de l'Economie toute la journée, jusqu'à ce que ce dernier présente ses excuses à l'Assemblée dans l'après-midi. Invité ce mercredi matin à s'exprimer au micro de Jean-Pierre Elkabbach sur le vote de confiance et le discours de politique générale de Manuel Vall, Emmanuel Macron a utilisé le mot "illettrées" pour qualifier les salariées de Gad, société agro-alimentaire menacée de liquidation. "Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Pour beaucoup on leur explique : 'Vous n'avez plus d'avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 km.' Ces gens-là n'ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi ? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an ? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien", a lancé le ministre de l'Economie.

Insulte, lapsus, faute de communication ? Le terme "illettré" fait en tout cas jaser pour un nouveau ministre de l'Economie censé incarner le renouveau du gouvernement. Scandale pour les syndicats qui l'appellent à venir sur le terrain, mépris pour la droite qui demande une démission, ces propos ont poussé Emmanuel Macron à exprimer son "regret" pour un acte "inacceptable". Emmanuel Macron a ensuite expliqué qu'il voulait montrer la difficulté de "salariés n'ont pas eu la formation qu'ils étaient en droit d'attendre". Derrière la bourde flagrante et très peu professionnelle de la part d'un ministre, une réalité pointe en effet. Europe 1, sur son site Internet, rappelle que "l'illettrisme concerne 20 % des salariés de cette société d'abattage de cochons" située en Bretagne. Une situation qui rend la formation cruciale pour la reconversion de ces salariés. Michel Sapin, en février, avait d'ailleurs déjà utilisé le terme d'illettrés au sujet des salariés de Gad. Le quotidien Ouest-France a quant à lui enquêté sur les ateliers de grammaire dispensés à une poignée de volontaires... Mais Macron a sans doute lâché le mot au mauvais endroit et au mauvais moment. Ou comment, en voulant souligner l'enjeu important de la formation, notamment de la formation continue, un ministre maladroit transforme son propos en emballement médiatique.

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