Jacques Chirac : trop faible pour parler ? [VIDÉO]

Jacques Chirac : trop faible pour parler ? [VIDÉO] Jacques Chirac était présent ce vendredi 21 novembre pour la remise des prix de sa Fondation. Si sa fille, Claude Chirac, affirme que sa santé est bonne. Il n'a pas pris la parole lors de cette apparition.

[Mis à jour le 21 novembre 2014 à 12h53] Il a donc bel et bien été présent. Alors qu'on pouvait douter de l'apparition de Jacques Chirac lors de la remise annuelle des prix de sa fondation (Fonda­tion Chirac - Agir au service de la paix), l'ancien chef de l'Etat était bien au musée du Quai Branly, ce vendredi 21 novembre 2014, pour récompenser la mili­tante tuni­sienne Amira Yahyaoui et l'as­so­cia­tion Clowns sans fron­tières, primés cette année. Claude Chirac, la fille du chef de l'Etat, était l'invitée jeudi matin d'Europe 1. Vice-présidente de la fondation, elle avait confirmé la veille que son père serait bien présent à la cérémonie, où Alain Juppé et François Hollande, deux personnalités politiques qu'il apprécie, étaient aussi annoncés. Jacques Chirac n'a en revanche pas pris la parole. De quoi relancer les inquiétudes sur sa santé.

Cette privation de parole de ce monstre de la droite est-elle une nouvelle illustration de la mort politique de Jacques Chirac ? Claude Chirac a tenté de tempérer au micro d'Europe 1. Selon elle la santé de son père est la meilleure possible "pour un homme qui va fêter ses 82 ans". A la question de savoir si on entendra de nouveau Jacques Chirac un jour, sa fille répond au conditionnel : "Oui peut-être... Je ne sais pas...". Claude Chirac a fini par indiquer qu'elle n'était pas "devin"... Manifestement amoindri, comme on peut le voir de nouveau sur les images de ce vendredi, Jacques Chirac serait en tout cas "réconforté" par la sympathie que lui témoignent les Français et la "relation particulière" qu'il entretiendrait avec eux.  "Ça le touche, bien entendu. [...] C'est quelque chose de fondamental pour lui, [...] ça lui fait beaucoup de bien", indique Claude Chirac.

EN VIDÉO - Jacques Chirac le vendredi 21 novembre 2014 à la remise des prix de sa fondation.

Jacques Chirac : sa santé plusieurs fois à la une

Avant même son départ de l'Elysée en 2007, Jacques Chirac a souffert de sérieux problèmes de santé. Un AVC en 2005 avait inquiété dans les plus hautes sphères du pouvoir. En était sorti un chef de l'Etat tenant toujours fermement les rênes du pays, mais visiblement privé de la totalité de son énergie pour les deux années qui lui restaient à gouverner. Son départ de la présidence de la République en 2007, son retrait de la vie publique et les critiques en creux d'un Nicolas Sarkozy prônant la "rupture" avec le passé, auraient plongé Jacques Chirac dans une forme de dépression dans les premiers mois qui ont suivi. Privé de son activité, des combats politiques qu'il adorait mener, l'ancien chef de l'Etat aurait progressivement vu sa santé se détériorer. Les médias n'évoqueront plus Jacques Chirac depuis que pour ses sorties improvisées (comme son soutien à François Hollande en 2011), ses absences pour raison de santé à son procès pour les emplois fictifs de la mairie de Paris en 2011 (il souffre d'anosognosie), ces clichés où il se montre fatigué, appuyé sur une canne ou sur l'épaule d'un garde du corps, ou encore pour ses hospitalisations (la dernière connue en février 2014 pour une crise de goutte).
Si Jacques Chirac n'a pas pris la parole ce vendredi 21 novembre, c'est peut être aussi pour éviter tout dérapage. L'ancien président, dont la santé mentale serait également source d'inquiétude chez ses proches, voit désormais toutes ses interventions contrôlées par sa fille Claude, qui s'est longtemps chargée de sa communication. Tiraillée entre un Nicolas Sarkozy soutenu par Bernadette Chirac et un Alain Juppé qui reçoit l'assentiment du reste du clan, la famille Chirac réduit ainsi son patriarche au silence pour éviter de voir la presse s'emparer des "élucubrations" d'un "vieillard", "à moitié sourd", qui "n'a plus toute sa tête" selon les mots entendus chez ceux qui côtoient encore l'ancien président. Depuis le soutien à François Hollande en 2011, vite qualifié de "trait d'humour", les déclarations de Jacques Chirac se font par procuration. La récente interview au Figaro, début octobre, dans laquelle il annonce son soutien à Alain Juppé, manifestement contrôlée, reformulée, voire carrément écrite par quelqu'un d'autre, n'en est que la meilleure preuve.

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