Battu au 2nd tour
Rachid Mammeri, en triangulaire à Evreux n'obtient que 3,12 % des voix derrière Jean-Pierre Nicolas (maire
sortant UMP) et Michel Champredon (DVG). Il n'obtient aucun siège au conseil municipal.
Candidat de la diversité ? "Oui mais"
Rachid Mammeri est entré en politique grâce aux municipales,
celles de 1989, et par son engagement pour la diversité. "Avec
plusieurs amis, nous avons créé une liste pour pousser le maire
sortant à prendre des conseillers issus des quartiers". Finalement élu
de 1995 à 2001, date à laquelle Jean-Louis Debré a pris
Evreux à la gauche, il milite au PS avant de devenir conseiller régional
en 2004. Difficile donc, de rejeter l'idée de "candidat de la
diversité" : "Si cela concerne ceux dont les parents
sont des immigrés, alors oui, j'en suis un", concède Rachid Mammeri.
Ce sont encore ses origines algériennes qui ont amené sa candidature
en 2008, face à des "barons" du PS local : "On
m'a dit que les gens d'Evreux n'étaient pas prêts à voter pour
un Rachid. Ca a été le déclic".
Désigné par les instances du PS, Rachid Mammeri n'en soulève pas moins quelques questions sur cette étiquette de "diversité" : "Une Antillaise en est-elle alors que les Antillais sont Français depuis 300 ans environ ? Un homme d'origine italienne - il y en a beaucoup en politique - serait-il lui aussi classé dans cette catégorie ? Soyons honnêtes : ce mot concerne surtout les blacks et les beurs". Le socialiste s'amuse d'ailleurs du vocabulaire employé : "D'abord j'étais un 2G (pour 2e génération d'immigrés), puis je suis devenu un beur puis un rebeu, puis issu de l'immigration, puis minorité visible et enfin issu de la diversité !" Mais le seul terme qui lui convienne vraiment, c'est "Français". "Je plaisante souvent en disant que je suis même plus Français que les Niçois et les Savoyards, puisque l'Algérie a été française bien avant".
Une chose est sûre : de la politique, il en aurait fait, "même si je m'étais appelé Stéphane ou Richard. A cause de mes origines, j'ai juste monté l'escalier au lieu de prendre l'ascenseur".
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