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Interview
Décembre 2007
Jean-Claude Gaudin : "J'ai amorcé la spirale du renouveau"
Vous êtes maire de Marseille depuis maintenant 12 ans : quelles sont les réalisations que vous souhaitez mettre en avant ? Il y a 12 ans, Marseille était une ville en profond déclin et les Marseillais avaient perdu confiance dans l'avenir de leur cité. Aujourd'hui 4 Marseillais sur 5 jugent que "Marseille est une ville en expansion". C'est ce que montrent les enquêtes d'opinion. Mon bilan essentiel c'est d'avoir inversé la spirale du déclin et d'avoir amorcé celle du renouveau. Ce n'était ni garanti, ni facile. Mon projet pour l'avenir sera de dire aux Marseillais : "Attention ce résultat n'est pas définitif, ni suffisant, ni irréversible ! Voulez-vous continuer avec moi le renouveau de Marseille, ou bien préférez-vous revenir aux solutions qui avaient entraîné le déclin de la Ville ?" Comme vous le voyez c'est une question très simple. Tout le reste, ce seront des fioritures.
Le candidat du PS Jean-Noël Guérini a publiquement déclaré qu'il n'y aurait pas d'accord d'appareil avec le PC. Dans le même temps, il a débauché plusieurs élus communistes appelés à figurer sur ses listes et, à ce jour, 11 conseillers municipaux PC sur 12 le soutiennent. Pour ajouter à la confusion, la direction du PC, qui juge la situation préoccupante, appelle au rassemblement de la gauche pour créer les conditions de la victoire. La sacro-sainte union électorale de la gauche n'est pas, pour l'instant, en passe de se réaliser. Bien sûr, je souhaite un rapprochement avec le Modem et j'espère que François Bayrou partagera cette position. Ce sera d'autant plus facile que les actuels conseillers municipaux de cette formation ont été élus, en 2001, sur les listes de la majorité municipale et que certains d'entre eux sont mes adjoints. Il s'agit d'un faux débat, l'un de ces serpents de mer qui, épisodiquement, remontent à la surface. Cette proposition à caractère démagogique méconnaît la réalité de la gestion d'une commune. En dépit des lois de décentralisation, les grands projets municipaux dépendent toujours pour une part importante des décisions des ministères et des administrations centrales. Le maire d'une grande ville, et même d'une ville moyenne, a donc besoin d'un mandat national, député ou sénateur, pour faire aboutir ses projets, solliciter des financements, suivre les dossiers de sa ville et, éventuellement, interpeller le gouvernement.
Envisagez-vous d'ouvrir vos listes à des personnalités de gauche lors des municipales ? En 1995, dans un contexte politique plutôt tendu, Marseille était la première grande ville à réaliser l'union dans son propre camp dès le premier tour. Ce rassemblement des énergies et des volontés s'est effectué autour d'une ambition pour notre ville : enrayer la spirale du déclin et l'engager sur la voie du renouveau. Cette ouverture s'est davantage élargie en 2001 et c'est cette philosophie qui prévaudra pour le scrutin de 2008. Les listes que je conduirai seront ouvertes à des personnalités dont les compétences et les talents serviront à Marseille et aux marseillais, sans préjuger de leur appartenance politique.
Nicolas Sarkozy s'est aussi prononcé pour la discrimination positive. Comptez-vous mettre en position éligible des Français issus de l'immigration ? A Marseille, la population est constituée d'une mosaïque de communautés diverses qui se fondent dans le creuset de l'identité marseillaise. Il est donc naturel que des citoyens français issus de l'immigration qui s'engagent dans l'action politique aient vocation à être élus. C'était d'ailleurs déjà le cas en 2001, en particulier pour mon adjointe à l'action familiale et aux droits des femmes. En revanche, je suis plus réservé sur le principe de discrimination positive. Son caractère automatique risque d'éclipser les qualités et les talents personnels et faire naître, chez ceux qui sont choisis, le sentiment de l'avoir été en fonction de leur origine davantage que pour leurs propres mérites.
Deux mandats, n'est-ce pas suffisant pour avoir réalisé ses projets ? Est-il possible d'en avoir de nouveaux ?
A l'examen du chemin parcouru au cours de deux mandats, la municipalité peut être légitimement fière d'un bilan des plus encourageants. Cela nous incite à persévérer. Pour autant, je demeure conscient de ce qu'il reste à accomplir, compte tenu du retard accumulé auparavant et des besoins nouveaux qui s'expriment en termes d'emploi, de logement, d'aménagements urbains et de transports en commun. Nous devons mener à bien les projets déjà engagés : l'extension du périmètre Euroméditerranée, la deuxième Zone Franche Urbaine, le prolongement des lignes de métro et de tramway, le Palais de la glisse et de la glace, Grand Est… De plus nous préparons activement, entre autres, le schéma de développement du Port Autonome dans le cadre de la réforme de ses statuts ainsi que la candidature de Marseille au titre de Capitale européenne de la culture pour 2013. Enfin, je suis profondément convaincu que notre ville a un rôle des plus importants à jouer dans la perspective du projet lancé par le président de la République : l'Union Méditerranéenne.
» Voir aussi :
Municipales
2008 : 10 villes passées en revue
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