Nicolas Sarkozy : il reproche à Alain Juppé ce qu'il demande aux députés UMP

Nicolas Sarkozy : il reproche à Alain Juppé ce qu'il demande aux députés UMP Amené à se prononcer sur le "front républicain", Nicolas Sarkozy joue les équilibristes tout en taclant Alain Juppé devant les députés.

C'est un exercice délicat auquel s'est livré Nicolas Sarkozy ce mardi 3 février. Le président de l'UMP a profité de la réunion des députés de son parti pour affirmer sa position sur le "front républicain" et l'attitude à adopter selon lui dans le cas d'un affrontement PS contre FN au second tour d'une élection, cas posé par la législative partielle dans le Doubs. En substance : il faut dire "non au FN", mais "laisser les électeurs choisir". Une sorte de numéro d'équilibriste entre le "ni-ni" et le "front républicain" puisque s'il n'appelle pas à voter pour le PS, Nicolas Sarkozy a clairement dit non "au FN" et pas "au PS". Lors de cette rencontre animée, rapporte Le Monde, Nicolas Sarkozy serait apparu "particulièrement tendu"et aurait plusieurs fois lancé "Je ne m'énerve pas, j'explique" devant les parlementaires. L'ancien président de la République aurait d'ailleurs taclé Alain Juppé, dont l'appel à voter contre le FN lui est paru inconséquent. "Il aurait dû attendre et pas diviser", se serait agacé le patron de l'UMP.

Nicolas Sarkozy reproche au fond à Alain Juppé d'avoir pris position clairement, sans consultation, avant la décision du bureau politique ce mardi. Etonnant, puisque l'ancien chef de l'Etat a enjoint ce matin les parlementaires à ne pas opter pour une position floue sur le "front républicain". "Si l'on ne prend pas position, c'est que l'on n'est pas clair", a assuré Nicolas Sarkozy devant les élus UMP, ajoutant "il faut affirmer un choix politique". Le fait que ce "choix politique" ait été formulé avant tout le monde par Alain Juppé gênerait-il le patron de l'UMP ? Celui-ci a fini par adresser un reproche plus explicite à son rival déclaré pour la présidentielle 2017 : "Si nous ramenons tout à un problème de conscience, nous risquons de faire du problème de la législative partielle dans le Doubs un risque d'explosion de l'UMP".

Alain Juppé a publié sur son blog lundi 2 février ce message aujourd'hui très commenté, et que Nicolas Sarkozy réduit manifestement à un "problème de conscience" du maire de Bordeaux : "Si j'étais électeur de la 4e circonscription du Doubs, je sais ce qu'en mon âme et conscience je ferais : pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, 'en l'évidente inégalité des races', je ne m'abstiendrais pas, je voterais pour le candidat qui l'affronte, c'est-à-dire le candidat PS".

EN VIDEO - Nicolas Sarkozy ne donne pas de consigne de vote pour le second tour de la législative partielle dans le Doubs :

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