Nicolas Sarkozy fait son propre bilan
Le bilan difficile de la "rupture"
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Nicolas Sarkozy lors de son interview télévisée
le 24 avril. © Présidence de la République |
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L'état de grâce puis le désamour. La presse s'est beaucoup
intéressée ces dernières semaines au revirement de l'opinion
par rapport à la politique de Nicolas Sarkozy. Visite très critiquée
du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à Paris en décembre, surexposition
de la vie privée du chef de l'Etat, conférence de presse "ratée"
le 8 janvier, "couacs gouvernementaux" : la politique de Nicolas
Sarkozy est entrée en ce début d'année dans une phase délicate
et le chef de l'Etat a subi une forte baisse dans les sondages. Trois principaux
facteurs expliquent cette baisse dans l'opinion selon les commentateurs :
- Une trop forte exposition de la vie privée du chef de l'Etat.
En février, Claude Guéant expliquait la baisse de popularité
de Nicolas Sarkozy par des "problèmes personnels à régler"
liés à son divorce avec Cécilia Albéniz, en octobre 2007.
"Il a dû consacrer un peu de temps à régler ces soucis et, du coup, les Français
ont eu le sentiment qu'il ne leur appartenait plus complètement", déclarait
alors le secrétaire général de l'Elysée. D'autres
analysent la baisse de popularité par une sur-exposition de sa nouvelle
relation avec Carla Bruni dans les médias. Mais la baisse de Nicolas Sarkozy
dans les sondage peut aussi être associée à des facteurs plus
politiques.
- L'impuissance face à la baisse du pouvoir d'achat. La crise
financière et l'augmentation des cours des matières premières
ont renforcé le sentiment d'une baisse du pouvoir d'achat chez les Français.
Sentiment que le slogan "travailler plus pour gagner plus" et que les
mesures sur les heures supplémentaires n'ont pas suffit à enrayer.
Revalorisation des minimas sociaux, baisse des impôts, investissements :
interrogé le 8 janvier sur la question du pouvoir d'achat, Nicolas
Sarkozy a fait l'avoeu de son impuissance. "Que voulez-vous que je fasse
? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?"
- Les accusations d'improvisations et d'incohérence. Certaines
mesures de Nicolas Sarkozy ont créé la surprise et donné
l'impression d'une improvisation du chef de l'Etat. La lecture de la lettre de
Guy Mocquet aux collégiens, la suppression de la publicité sur les
chaînes publiques, le parrainage d'une victime de la shoah par les élèves
de primaire et la suppression de la carte famille nombreuse ont soulevé
des polémiques et parfois abouti à un recul du gouvernement. Mener
de front plusieurs réformes comme le paquet fiscal, les régimes
spéciaux, le service minimum, l'autonomie des universités, le Grenelle
de l'environnement ou le traité simplifié a aussi pu provoquer un
manque de lisibilité de l'action gouvernementale. Enfin, selon certains
analystes la multiplication des "couacs" dans le gouvernement, notamment
sur les OGM et sur les allocations familliales, ont souligné le manque
de cohérence dans la communication de l'exécutif.
Lors de son interview du 24 avril, Nicolas Sarkozy a tenté d'inverser
la tendance. Estimant que les choses étaient "rentrées dans
l'ordre au gouvernement", il a tenté de donner le cap des réformes
à venir et a assumé sa "part d'erreur" dans les difficultés
de ce début d'année. Un premier pas vers un retour en grâce
pour sa seconde année à l'Elysée ?
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