Après une 1re tentative ratée au printemps 2007, Abdullah Gül vient d'être élu à la présidence de la Turquie. Portrait d'un islamiste modéré.
Conservateur et moderniste
Né dans un milieu conservateur, Abdullah Gül effectue un doctorat d'économie à Londres avant de se lancer en politique avec le Refah, parti conservateur pour lequel il est élu député en 1991, mais qui sera interdit en 1998 pour "activités antilaïques". Abdullah Gül rejoint alors le Parti de la Vertu avant de participer à la fondation de l'AKP en 2001. Abdullah Gül devient plus modéré, et présente son "parti de la justice et du développement" comme moderniste et de centre-droit.
Incertitudes intérieures, soutien extérieur
Pour la 1re fois depuis l'instauration d'un régime laïque en Turquie, un Président issu d'une mouvance islamiste arrive au pouvoir. Non sans vagues, car sa position est ambigüe. Alors que ses détracteurs voient dans l'AKP la façade d'un parti islamiste rétrograde, Abdullah Gül a réaffirmé dès son élection son attachement au principe de laïcité. Son épouse, qui porte le foulard, a d'ailleurs accepté de ne pas paraître lors des cérémonies d'intronisation. Le nouveau Président paraît donc prêt à faire des concessions, même s'il continue d'inquièter dans son pays. En témoignent les importantes manifestations qui, au printemps 2007, l'ont empêché d'être élu. Et son élection au 3e tour au Parlement, Abdullah Gül n'ayant pas obtenu le nombre de suffrages suffisant lors des deux premiers tours. En revanche, l'ancien ministre des Affaires étrangères, libéral sur un plan économique, considéré comme plus démocrate que l'armée gardienne de la laïcité, et favorable à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, bénéficie à l'étranger d'un soutien prononcé. Il se dit prêt à engager son pays dans les réformes politiques et économiques préconisées par l'Union européenne.
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