Pierre Moscovici : "J'accuse Nicolas Sarkozy d'avoir endetté le pays"

Pierre Moscovici : "J'accuse Nicolas Sarkozy d'avoir endetté le pays" Invité de #DirectPolitique, l'émission politique de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France, l'ancien ministre de l'Économie a commenté l'interview de François Hollande et a lancé une violente charge contre Nicolas Sarkozy et François Fillon qui ont "mené une politique économique calamiteuse" selon lui.

En venant commenter l'interview de François Hollande sur notre plateau, Pierre Moscovici a accusé Nicolas Sarkozy et "les gouvernements de l'époque, d'avoir endetté le pays, d'avoir mené pendant cinq ans une politique économique calamiteuse." "Ça suffit les leçons ! Aujourd'hui, si la gauche mène ce travail de redressement, c'est quand même parce que le gouvernement précédent a laissé filer la dette de 600 milliards d'euros pendant un quinquennat."

"Je vais faire un diagnostic des politiques européennes"

L'ancien ministre de l'Economie et des Finances, qui affiche l'ambition de devenir commissaire européen, s'est aussi expliqué sur la nouvelle mission parlementaire que lui a confiée Matignon. "C'est une mission qui a une substance : quelle est la contribution des politiques européennes à l'emploi et à la croissance ?", a-t-il expliqué. "Je vais inventorier, faire un diagnostic des politiques européennes, de la façon dont elles sont appliquée en France." Pierre Moscovici a aussi indiqué qu'il ferait un "tour d'Europe" pour remplir cette mission.

"Ce n'est pas une mission pour éviter je  ne sais quoi"

Selon Le Figaro, la mission de Pierre Moscovici serait un moyen pour celui qui est redevenu député du Doubs de placer son suppléant à l'Assemblée en attendant sa nomination à la commission européenne et ainsi d'éviter une législative partielle qui serait une menace pour la majorité. "Ce n'est pas une mission pour éviter je  ne sais quoi", rétorque l'intéressé qui défend sa légitimité de député. "Je peux me retourner sur ce qui s'est passé : j'ai été élu à près de 50 % des voix en triangulaires, [...], j'ai un suppléant qui est excellent, ce n'est pas cela qui est en cause."

Alstom : "Je savais depuis longtemps que General Electric allait faire une offre"

Pierre Moscovici est revenu sur le dossier Alstom qui occupe la majorité sur le terrain industriel. L'ancien ministre refuse de s'exprimer sur la politique menée par Arnaud Montebourg sur ce dossier, mais il reconnait avoir été informé, quand il était lui-même à Bercy, que "General Electric allait faire une offre". Il nuance cependant : "Il y a une différence entre savoir qu'il y avait une intention et que quelque chose a été engagé..."

"Quand j'ai parlé de ras-le-bol fiscal, qui avait raison ?"

Pierre Moscovici, débarqué du gouvernement en avril, a crânement défendu son bilan à Bercy. L'ancien ministre de l'Economie reconnait quelques regrets, mais il estime avoir "beaucoup agi pour [son] pays" (voir l'extrait). Il est longuement revenu sur l'épisode du "ras-le-bol fiscal" qu'il avait lui même décelé chez les Français.

"J'appelle les Français à se saisir de leur bulletin"

Pierre Moscovici a enfin défendu les mérites de l'Union européenne lors d'un vibrant plaidoyer. A l'approche des élections du 25 mai, l'ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes de Lionel Jospin, qui fut un temps vice-président du Parlement européen, a appelé solennellement les Français à se "saisir de leur bulletin" pour choisir une orientation, "non pas pour le pays, mais pour l'Europe". Voir les extraits consacrés à l'Union européenne :

 "J'appelle les français à se saisir de leur bulletin"
 "L'euro nous a très fortement protégés"
 "Il n'y a pas de diktats de Bruxelles"
 "Rapprocher la Turquie de l'Europe, c'est une bonne chose"
 Ukraine : "L'UE est présente dans ce dossier"

Pierre Moscovici invité de #DirectPolitique (l'intégrale)

 Voir tous les extraits de l'émission

Les députés viennent d'adopter de justesse un plan d'économies drastique pour le pays, impliquant le gel d'une grande partie des prestations sociales mais aussi celui des salaires des fonctionnaires. Parmi les élus du Parti socialiste, une quarantaine de députés se sont abstenus, une poignée a voté contre le plan de Manuel Valls. Assiste-t-on à un tournant social-libéral dans la politique du gouvernement ? Ce tournant risque de faire éclater la majorité ? Fait-on payer l'austérité aux classes moyennes et populaires comme le prétend la gauche du PS ? Le pays vit-il "au-dessus de ses moyens" comme le prétend Manuel Valls ? Et si l'on change de cadre, doit-on coûte que coûte se conformer à l'objectif de 3 % de déficits publics fixé par l'Union européenne et jugé dépassé en temps de crise par nombre de socialistes ? Comment changer l'Union européenne alors que les élections approchent et qu'une reconstitution des instances européennes se profile ? Enfin, comment, pour la majorité et pour le PS, éviter une seconde défaite aux européennes après celle des municipales et contrer la montée du FN et des partis eurosceptiques dans un contexte économique toujours plus difficile ? Pierre Moscovici était l'invité de #DirectPolitique, l'émission politique de Linternaute.com, 20 Minutes et Ouest-France ce mardi 6 mai 2014.

Pierre Moscovici

mosco 02
Pierre Moscovici. © Solfé Communications

Ancien "lieutenant" de DSK, Pierre Moscovici a pris dès 2008 ses distances avec son mentor, après le congrès de Reims. Après la primaire de 2011, il rallie la candidature de François Hollande à la présidentielle et devient l'un des principaux acteurs de sa campagne. Directeur de campagne du futur président, il en deviendra ministre de l'Economie et des Finances en mai 2012. Ecarté du gouvernement lors du remaniement ministériel début avril, après le choc des municipales, Pierre Moscovici retrouvera son poste de député du Doubs le 5 mai. Mais il a plusieurs fois affiché son ambition de devenir le commissaire européen de la France dans les prochains mois.

Chaque mardi, Linternaute.com, 1er site d'actualités de France, 20 Minutes, 1er quotidien gratuit et Ouest-France, 1er quotidien français payant, reçoivent une personnalité du monde politique pour un entretien de 40 minutes avec les journalistes des rédactions et les internautes.

 Abonnez-vous à nos alertes #DirectPolitique

Retrouvez #DirectPolitique dans 20 Minutes

Annonces Google