Regardez la France d'aujourd'hui : les Français ne manquent ni de talent, ni d'intelligence, ni de courage, ni d'esprit d'entreprise.
Le peuple français est un grand peuple, qui a une grande histoire, qui a une grande culture, qui peut encore étonner le monde.
Et pourtant, la France souffre. Et pourtant, la France doute d'elle-même, de ses valeurs, de son identité, de son avenir, et pourtant, tant de Français ne croient plus au progrès. C'est parce que la politique en France a trop longtemps manqué d'audace, c'est parce que depuis trop longtemps nous n'étions plus capables d'imaginer une autre façon de faire de la politique, une autre façon de penser, une autre façon d'agir.
| "Depuis trop longtemps, la politique est placée sous le signe du renoncement" |
Le politiquement correct, la pensée unique, le conformisme nous ont empêchés de penser par nous-mêmes, d'entendre la voix de ceux qui n'en peuvent plus des difficultés de la vie.
Depuis trop longtemps, et de ce point de vue, gauche ou droite, nous avons une responsabilité, nous répondons à toutes les interpellations que le peuple nous adresse : "je n'y peux rien", "on a tout essayé" ; "ce n'est pas possible" ; "c'est trop difficile".
Depuis trop longtemps, on baisse les bras.
Depuis trop longtemps, on n'exprime plus assez une volonté collective.
Depuis trop longtemps, la politique est placée sous le signe du renoncement. Alors, ce renoncement, on a pris l'habitude de l'appeler "culture de gouvernement".
Comme si ce que nous avons dit pendant les campagnes électorales, au fond, ce n'était pas très sérieux.
Comme si ce que l'on racontait aux Français pour être élu n'avait au fond absolument aucune importance.
Comme s'il n'y avait qu'une seule politique possible.
Comme si la démocratie était forcément un leurre parce qu'en réalité il n'y a pas d'autre choix.
Comme si faire le lendemain des élections le contraire de ce que l'on avait promis la veille était non seulement inéluctable, mais le gage du sérieux.
Comme si le grand homme politique était d'abord celui qui est le mieux capable de gérer ce soi-disant et détestable retour au réel, ce moment fatal où chacun prend conscience qu'on lui a menti.
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