Nicolas Sarkozy
 
Le 6 mai 2007, rue d'Enghien © Agathe Azzis, L'Internaute Magazine
 
"Faire croire que l'euro n'a pas fait monter les prix, c'est ignorer la réalité quotidienne de dizaines de millions de Français"

Je prendrai mes responsabilités. Je le ferai sans précipitation, calmement, mais sans attendre parce que nous n'avons plus le droit d'attendre. Parce que nous avons déjà trop attendu. Et parce que chacun d'entre vous, au fond, le sait : la France a pris du retard. Mes responsabilités, je veux les prendre d'abord sur les mots qui étaient devenus tabous et que je vais remettre, avec le Premier ministre, au premier plan du débat politique : les mots pouvoir d'achat.

Il y a en France un problème de pouvoir d'achat. Nier que ce problème existe, c'est se moquer des Français. C'est mépriser ceux qui travaillent et qui ont tant de mal à s'en sortir. Nier l'austérité salariale, qui à l'exception de la fin des années 90 et du SMIC dure depuis 30 ans, c'est mépriser les salariés. Faire croire que l'euro n'a pas fait monter les prix et que depuis 25 ans l'augmentation des salaires couvre l'inflation, c'est parfaitement ignorer la réalité quotidienne de dizaines de millions de Français.

En tant que Président de la République je prends mes responsabilités. Les prix sont trop hauts et les salaires sont trop bas. Voilà la vérité. On ne peut pas sans risque dissimuler la vérité tout le temps à tout le monde. Le pouvoir d'achat qui est trop bas, c'est la faute à la concurrence des pays à bas salaires, au dumping social, écologique, monétaire, à la monnaie chinoise qui est trop basse, à l'euro qui est trop fort, aux prélèvements qui sont trop élevés, aux taux d'intérêt français qui sont supérieurs à l'inflation, au prix de l'immobilier qui a beaucoup plus augmenté que les revenus des Français.

C'est aussi la faute au chômage de masse... Mais quel est le résultat ? C'est la démoralisation des travailleurs qui ont une vie de plus en plus dure, de ceux qui n'ont que leur salaire pour vivre et qui voient que l'écart se creuse entre les générations des trente Glorieuses et celles qui sont venues après. Avec la certitude pour ces enfants de vivre moins bien que n'avaient vécu leurs parents. On ne peut pas espérer bâtir une croissance durable sur la démoralisation des travailleurs et la dévalorisation du travail.

Quand on est hanté par les fins de mois difficiles, on n'est pas entreprenant, on est pas dynamique, on n'est pas productif. Je vois avec plaisir tous ces théoriciens de l'économie qui m'expliquent que le problème du pouvoir d'achat cela n'existe pas, c'est la compétitivité des entreprises. Parfait. Mais comment peuvent elles être compétitives, les entreprises, avec des salariés qui sont eux-mêmes démoralisés et qui ont le sentiment qu'ils ne sont pas payés au juste prix de leur investissement personnel ?

Le défi que je vous propose avec le Premier ministre, il est le suivant : Augmenter le pouvoir d'achat sans augmenter le coût du travail, telle est la stratégie que je souhaite mettre en œuvre parce qu'elle est le préalable absolument nécessaire pour que l'on puisse enclencher le cercle vertueux de l'optimisme, de la productivité et de la croissance, à la place du cercle vicieux du pessimisme, de la frustration et de la stagnation qui nous tire vers le bas. Je dis à ceux qui répètent partout qu'il n'y a pas de problème de pouvoir d'achat en France qu'ils ne me feront pas changer d'avis, qu'ils ne me feront pas dévier de ma ligne de conduite.

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