Nicolas Sarkozy
 
Dans son QG de campagne, en avril 2007 © Cécile Debise, L'Internaute Magazine
 
"Il n'y aura pas de coup de pouce au SMIC parce qu'il aurait un effet négatif sur l'emploi"

Je veux prendre mes responsabilités : je souhaite que disparaissent au plus vite les préretraites et que les sommes considérables qui sont consacrées à empêcher les Français de travailler soient utilisées pour investir et créer des emplois. Je souhaite que disparaisse le mécanisme de la dispense de recherche d'emploi. Je veux prendre mes responsabilités et je les assume devant vous : il n'y aura pas de coup de pouce au SMIC parce qu'il aurait un effet négatif sur l'emploi des moins qualifiés et parce qu'à force d'augmenter le SMIC plus rapidement que les autres salaires, on a provoqué la smicardisation de la société française.

Cette vérité elle est dérangeante, mais je la dois aux Français. Depuis le temps qu'on augmente et qu'on donne des coups de pouce au SMIC et qu'on l'éloigne un peu plus à chaque fois des gens qui ont besoin de travailler, du travail. L'injustice, ça serait de continuer comme cela. Dès la rentrée une commission de sages indépendants sera créée pour donner son avis, publiquement, sur la revalorisation du SMIC. Ce qui permettra un peu de rationalité économique dans la décision. Un peu moins de démagogie, un peu plus d'efficacité. N'est-ce pas ce que les Français attendent de nous ?

Il ne s'agit là que d'une première étape, simplement pour recréer une dynamique, parce que le pays a besoin de ces réformes pour augmenter durablement sa capacité à créer des richesses. Mais la recette de la croissance à long terme, tout le monde la connaît : compétitivité, productivité des entreprises, formation des hommes, investissement. Alors on va d'abord lever tous les obstacles à la croissance. La réforme du marché du travail, je le dis aux partenaires sociaux, elle est prioritaire.

Elle sera mise en œuvre après que le dialogue social ait pu avoir lieu. Mais le dialogue social, ce n'est pas gagner du temps. Ce n'est pas se regarder dans le blanc des yeux. Le dialogue social c'est de discuter sérieusement pour prendre des décisions. Je veux prendre mes responsabilités : il faut plus de souplesse pour les entreprises et plus de sécurité pour les personnes. Hier les partenaires sociaux ont entamé leur discussion sur le contrat de travail, sur la réforme de l'assurance chômage, sur la sécurisation des parcours professionnels. Il faut aussi arrêter avec eux les modalités de rapprochement entre l'ANPE et l'Unedic pour améliorer le suivi des chômeurs.

On ne peut pas être le seul pays à faire comme nous faisons aujourd'hui. Bientôt on disposera des évaluations sur les expérimentations qu'avait conduites Jean-Louis Borloo du contrat de transition professionnelle. Je souhaite que l'on en tire toutes les conséquences utiles en vue de la création d'une véritable sécurité sociale professionnelle. Nous l'avons promis, nous le ferons parce que c'est la contrepartie de l'assouplissement du droit du travail. On assouplit le droit du travail d'un côté, on renforce la sécurité des salariés de l'autre, avec le contrat, avec la sécurité sociale professionnelle.

» Lire la suite : "Encourager le travail, la production, l'investissement"

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