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Présidentielle 2007 > Eric Besson explique son départ du PS
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Eric Besson est député de la Drôme depuis 1997. Il ne se présentera pas en 2007. © Assemblée nationale
"Je n'ai pas reçu de propositions de la part de Nicolas Sarkozy ou François Bayrou"

"5/ Concrètement voici mes décisions :

– je vais démissionner du Parti socialiste. J'adresserai ma lettre en ce sens à son premier secrétaire dès aujourd'hui. Je vais demander au président de l'Assemblée nationale de siéger désormais parmi les députés non inscrits jusqu'à la fin de la législature,

– je ne serai pas candidat à ma réélection lors des prochaines élections législatives. Je l'ai envisagé pendant quelques jours. Par fidélité à une circonscription dont je connais à présent les moindres recoins et où me soutiennent des femmes et des hommes de gauche mais aussi de droite. Et par défi. Mais cela signifierait concrètement trouver sur ma route des militantes et des militants qui m'ont accompagné lors de tous mes combats électoraux. Cela je ne le veux pas.

– je n'abandonne pas pour autant la politique. J'essaierai de contribuer encore au débat national, sans illusion excessive sur l'audience qui sera désormais la mienne. J'assumerai jusqu'à son terme mon mandat de maire de Donzère et, peut-être, m'y représenterai-je car je suis sensible au soutien que m'accorde sa population.

Je n'ai pas fait d'offre de services et n'ai pas reçu de propositions de la part de Nicolas Sarkozy ou François Bayrou. Je les respecte l'un et l'autre et l'ai dit, écrit, avant ces événements.

 

Concernant Nicolas Sarkozy, je veux dire les choses nettement.

Je le connais depuis longtemps et j'ai toujours conservé une relation cordiale avec lui, ce qui ne nous a pas empêchés de nous heurter – parfois durement – dans le combat politique.

J'ai de la sympathie pour lui. Il n'y a qu'en France que l'on se croit obligé de haïr ceux du camp politique opposé.

J'ai porté un document dont j'ai rédigé l'introduction qui ne l'a – c'est le moins que l'on puisse dire – pas ménagé et qui était, je le reconnais, parfois excessif. Lors de la sortie du rapport, deux de ses plus proches m'ont affirmé qu'il avait été blessé par une formule dont la rédaction pouvait être mal interprétée. Je m'en suis expliqué avec eux mais j'ai, au fil du temps, compris que cela ne suffisait pas. Faute de parvenir à le voir à l'Assemblée nationale, je lui ai écrit une lettre d'explication. Préalablement à ma démission et ne "tendant aucune perche" contrairement à ce qu'affirment ceux qui n'ont rien lu mais savent tout. On me demande de la publier. S'agissant d'une lettre personnelle qui contient des éléments extra-politiques, je ne le ferai pas. On me dit "qu'elle va sortir". Qu'elle sorte. On verra alors si elle est de nature à me gêner…

M'étant à présent trop longtemps justifié sur ce point, je veux affirmer qu'ayant quitté toute attache partisane et n'aspirant plus à des fonctions nationales je suis désormais libre, libre de voir qui je veux, à droite ou à gauche. Libre de parler à qui je veux. J'ai passé l'âge des oukases et des interdits.

Je vais, enfin, m'attacher à mon avenir professionnel et, n'étant pas fonctionnaire, chercher à exercer des fonctions dans le secteur privé.


6/ Quelques souhaits pour le débat public


L'élection présidentielle de 2007 est cruciale pour la France. Elle doit favoriser le sursaut collectif qui est indispensable au rayonnement international, économique, social et culturel de notre pays.

La position de la France, sur la scène internationale comme en Europe est affaiblie. Notre pacte républicain menacé.

L'urgence commande que le débat s'ouvre enfin sur les vrais enjeux.

Or si les candidat(e)s ont du talent, la pièce qui se joue est, pour l'heure, décevante.

Les vrais enjeux ne sont pas explicitement évoqués. Ils doivent permettre de réconcilier les Français avec l'idée même de progrès. Ils doutent que la nécessaire efficacité économique puisse toujours être conciliée avec le progrès social. Ils doutent – à mes yeux à tort – que le progrès technologique puisse encore favoriser l'émancipation de l'homme et contribuer à une meilleure préservation des ressources naturelles.

Cela suppose, notamment, d'aborder honnêtement et clairement quelques questions :

– la France peut-elle être suffisamment crédible pour convaincre ses partenaires européens de se tourner résolument vers une croissance portée par la recherche, l'innovation et la qualification des personnes ? Pourrons-nous nous doter du crédit suffisant pour les convaincre de la nécessité d'aller vers une nécessaire harmonisation fiscale ? Pour plaider pour une utilisation du tarif extérieur commun qui favorise non un protectionnisme inopérant et contre-productif mais des échanges maîtrisés entre grands blocs mondiaux homogènes ?

– saurons-nous nous tourner à nouveau vers l'Afrique que l'on continue à qualifier de "zone d'influence naturelle mais qui, déçue, se tourne vers d'autres puissances ?

– aborderons-nous honnêtement la question du périmètre des services publics et de l'impôt juste pour les financer ?

– sommes-nous prêts à un indispensable nouvel équilibre entre droits et devoirs ? Par exemple pour réformer le marché du travail et concilier vraiment "flexibilité et sécurité" ?

Ces questions me passionnaient. J'essaierai, à présent, de m'y intéresser autrement."

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