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Untitled Document Présidentielle 2007 > François Bayrou répond aux lecteurs de L'Internaute
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Le tac au tac de la rédac

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Cécile : Que pensez-vous de l'Education nationale ? Ses points forts ? Ses points faibles ? Quelles solutions proposez-vous ?
F. B. : Point fort de l'Education nationale : elle a été la référence pour tous les pays du monde pendant des décennies. C'était le meilleur système éducatif de la planète, il en reste beaucoup. Il en reste des traditions, des professeurs formés.

Point faible : c'est un ensemble assez découragé, parce qu'il a été pris pour cible par tous les gouvernants successifs pendant des années. Et ces dernières années ont été particulièrement marquantes.

Qu'est ce qu'il faut faire ? Un : les soutenir. Je serai un Président qui soutiendra le système éducatif français. Deux : leur donner, leur garantir les moyens nécessaires. Qu'il n'y ait pas tous les ans la chasse aux postes, comme cela arrive. Trois : s'attaquer aux points faibles, c'est-à-dire, regarder en face les problèmes qui se posent, et puis décider, par un contrat, que par exemple, en cinq ans, on va les résoudre.


A
lors quels sont ces problèmes ?
- Premier problème : il y a 20 % d'enfants qui entrent en 6e sans savoir lire. Vous ne pouvez pas réussir sans savoir lire, c'est impossible, vous êtes abandonné, vous devenez marginal, c'est criminel.
- Deuxième problème : avoir des établissements dans lesquels règne le calme. Et qu'on se fixe cela comme objectif. C'est tout bête le calme, mais si les gamins ont peur dans la cour de récréation, alors vous n'êtes pas dans la République.
- Troisièmement, qu'il y ait de l'excellence et de la réussite partout : autant dans le plus lointain des collèges de banlieue ou dans mes vallées pyrénéennes qu'à Henri IV ou Louis le Grand. Parce que les enfants sont intelligents partout de la même manière, n'est-ce pas ? Et donc il n'y a aucune raison que les uns se voient offrir une chance, même si c'est très bien, et pas les autres. Il faut que les autres puissent saisir la même chance. Et pour moi c'est cela l'objectif.
- Quatrièmement : on a un grand problème d'université, très compliqué, parce que ça demande des moyens qu'on n'a pas donnés jusqu'à maintenant. Cela demande à réfléchir à l'articulation universités/grandes écoles. Cela demande à réfléchir à la place de la recherche dans la société française.

Par exemple, je l'ai dit l'autre jour, j'ai, moi, une interrogation profonde sur l'ENA. Et je pense qu'il faut remplacer l'ENA par un autre système de recrutement. Dans tous les autres pays développés du monde, pour entrer dans la haute fonction publique, il faut avoir fait un travail de recherche à l'université, un doctorat. C'est la voie royale pour entrer dans les postes de responsabilité dans le privé et dans le public. Pourquoi est-ce que ce n'est pas le cas en France ? Vous voyez tout de suite ce que cela veut dire comme changement profond de philosophie des rapports entre l'université et la société...

Et puis il y a des tas de problèmes d'orientation. Il y a beaucoup trop de jeunes qui entrent à l'université sans savoir comment ça marche et qui croient qu'ils vont rencontrer un prolongement de lycée, alors que ce n'est pas le cas. Donc il faut qu'au lycée, on fasse une préparation à l'autonomie des étudiants à l'université. Et je voudrais que la classe de terminale soit revue dans ce sens, une formation à l'autonomie. Vous voyez ça fait beaucoup, beaucoup de choses… Qu'est-ce que je peux vous dire d'autre ?

J'aime l'Education nationale. Alors je sais bien que ce n'est pas à la mode, je sais bien qu'il y a beaucoup plus de voix à gagner en expliquant qu'ils ne sont pas à la hauteur... Mais moi, en tous cas, je les défendrai.


» 
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